Les entreprises font régulièrement face au crédit client. Ce dernier représente la somme d’argent qu’un client doit payer à une société après la vente ou la réalisation d’une prestation. Toutefois, les entreprises doivent prendre des précautions pour se protéger du risque de crédit client. Ce risque peut, en effet, avoir un gros impact sur la gestion de la trésorerie

Quelle est la définition de « créance client » ? 

Une créance client, ou crédit client, désigne le montant qu’un client doit à une société. On parle de crédit client à partir du moment où la société a assuré la réalisation de sa prestation ou la vente de sa marchandise. 

En effet, les entreprises octroient habituellement un délai de paiement de 30 jours après la date d’émission de la facture. Cependant, il est variable en fonction de la fiabilité du client et du secteur d’activité, dans certaines limites.  

Crédit client versus dette

Un crédit client, ou créance, est l’argent que doit le débiteur, soit le client, à une société, appelée le créancier

A contrario, une dette correspond, selon la définition, à une somme d’argent que doit une entreprise à son fournisseur, lorsque ce dernier a réalisé sa prestation ou a assuré une livraison de marchandise. 

 

À noter :

Dans un bilan comptable, une dette s’inscrit dans le passif tandis qu’une créance est comptabilisée dans l’actif. 

Crédit client versus impayé 

Un impayé et un crédit client sont deux notions distinctes. 

Lorsque la société émet la facture, son montant s’ajoute dans les créances clients, soit le crédit client. Le débiteur dispose ensuite d’une date limite pour effectuer le paiement de la marchandise ou de la prestation, qui est indiquée sur la facture.

Cependant, à partir du lendemain de la date limite du règlement de la facture, si le paiement n’a pas été effectué et que le processus de relance de recouvrement ne change pas la situation, alors l’entreprise considère que le crédit est un impayé. 

Crédit client et trésorerie

Pour les entreprises, le crédit client représente les liquidités qui lui restent à percevoir. 

Si les crédits clients évoluent en impayés, alors la société à la possibilité de se protéger au niveau de sa comptabilité en réalisant une provision des créances douteuses. Elle sera débitée dans le bilan comptable à la ligne « clients douteux ou litigieux », sur le compte 416, et sera créditée à la ligne « créances clients », sur le compte 411. 

Si les montants des crédits clients sont acceptables, l’entreprise devrait pouvoir assurer la gestion de ces pertes financières. Toutefois, si les crédits clients s’aggravent, l’entreprise pourrait voir ses finances et sa comptabilité impactées. Dans le pire des cas, cela peut même conduire au dépôt de bilan

Pour pallier ce risque, les entreprises peuvent trouver des financements pour consolider leur activité. Elles ont par exemple la possibilité de faire un emprunt ou de trouver un nouvel investisseur.

Quel est le calcul du crédit client ? 

Le crédit client est calculé en nombre de jours. 

Plus les délais du crédit client sont longs, plus la gestion de l’entreprise est délicate en matière de finances

Voici le calcul du crédit client : (montant TTC des créances clients / chiffre d’affaires de l’entreprise TTC) x 360

Le délai de paiement légal par défaut est de 30 jours entre professionnels, à partir de la réalisation de la prestation ou de la réception de la marchandise. Cependant, les différentes parties du contrat peuvent s’accorder sur une durée plus longue. Elle ne pourra, en revanche, pas excéder la limite de 60 jours à compter de la date d’émission de la facture. 

 

Bon à savoir :

Si l’entreprise souhaite offrir une facilité de paiement à ses clients, elle peut se rapprocher de sa banque pour obtenir des informations sur le recours aux lignes d’escompte, à l’affacturage ou à une assurance crédit.

Comment maîtriser le risque de crédit client ?

Maîtriser le risque de crédit client va permettre à une société de pérenniser son activité. Pour ce faire, le poste client peut mettre en place plusieurs actions : 

  • Analyser différentes informations sur la santé financière de ses clients ;
  • Instaurer un processus de recouvrement ; 
  • Utiliser des logiciels spécialisés ; 
  • Proposer une formation à ses commerciaux sur les aspects financiers des actions commerciales ;
  • Ou encore, modifier ses conditions générales de vente. 

Par ailleurs, elle prendra en compte différentes informations comme la présence ou non d’une provision pour créances douteuses ou d’une assurance crédit. 

Analyser la santé financière de ses clients

Effectuer une analyse financière et se renseigner sur la solvabilité de chacun de ses acheteurs permet au poste client de l’entreprise d’anticiper un possible risque de non-recouvrement

Les entreprises ne peuvent pas être assurées d’éviter des impayés. En revanche, plus le client à une santé financière saine, moins il y a de risques. À l’inverse, si sa situation se dégrade, l’entreprise constatera rapidement les effets du non-recouvrement des créances. 

 

Attention :

Le risque d’insolvabilité de crédit client ne se limite pas qu’aux nouveaux clients, mais aussi aux anciens. En effet, les conditions financières d’un ancien client peuvent évoluer et s’améliorer, comme se dégrader. Il est donc recommandé aux entreprises d’effectuer un examen de la solvabilité du client pour chacun des nouveaux encours importants avec ce dernier. Les risques ne sont pas totalement écartés, mais ils sont mieux maîtrisés. 

Instaurer un processus de recouvrement

Pour maximiser la gestion du recouvrement du crédit client, les entreprises ont la possibilité de mettre en place une stratégie. On parle également de credit management. Par exemple, elles ne s’adresseront pas de la même façon à un client qui est potentiellement risqué qu’à un bon client. 

L’une des missions du credit management peut-être de catégoriser les acheteurs. Cela permettra au credit manager d’adapter les relances et les moyens de contact pour chaque type de client.  

Une simple lettre de relance de la part du service de crédit management suffit généralement à recouvrir le crédit client. Toutefois, après plusieurs relances inefficaces, la société peut envoyer une lettre de mise en demeure. Si elle s’avère infructueuse, elle peut ensuite décider d’engager une procédure judiciaire. 

Utiliser des logiciels spécialisés 

La dématérialisation des factures est un autre moyen de maîtriser les risques liés au crédit client. 

Cela permet notamment à la société : 

  • D’éviter les erreurs sur les factures ;
  • De gagner du temps ;
  • Et d’obtenir un suivi des factures en temps réel. 
 

Bon à savoir :

L’art. 153 de la loi de Finances, va rendre obligatoire la mise en place de factures électroniques pour les transactions entre professionnels entre le 1ᵉʳ juillet 2024 et le 1ᵉʳ janvier 2026.

En revanche, si la société utilise aussi un logiciel spécialisé dans la gestion de recouvrement, ce dernier peut avoir un coût élevé. 

En fonction du type de logiciel, le manager a même accès à : 

  • Des calculs sur les délais de paiement des créances moyens, ou DSO ;
  • Une analyse qui prévoit les comportements des payeurs à chaque encours ;
  • Un processus d’envoi d’une lettre de relance automatisé ; 
  • Et des rapports détaillés sur la comptabilité client. 

Modifier ses conditions générales de vente 

Pour se protéger des mauvais payeurs, l’établissement peut inclure une clause de réserve de propriété dans ses conditions générales de vente. 

En cas de non-paiement, cette clause permet à la société de rester légalement propriétaire de la marchandise, jusqu’à ce que le paiement ait été effectué intégralement, même si la livraison a été réalisée.