Quel financement pour la création d’entreprise ? La création d’entreprise se divise en plusieurs étapes aussi importantes les unes que les autres. Le financement du projet en fait partie. En effet, la création d’une entreprise nécessite de financer des besoins matériels et immatériels. Ce financement peut être réalisé via différentes sources : les apports internes et les apports externes. Pour pouvoir obtenir un financement au moment de la création d’entreprise, plusieurs conditions doivent être réunies selon la source de financement choisie.

Financement création d'entreprise : quels sont les besoins à financer lors d’une création d’entreprise ?

Dans le cadre d’une création d’entreprise, les entrepreneurs sont amenés à devoir financer certains besoins, suivant la nature de l’activité : 

  • Des investissements matériels : bureau, ordinateur, véhicules, etc.
  • Des investissements immatériels : achat d’un brevet, honoraires de création, protection d’une marque, licence, etc.

Les fonds financeront ainsi le cycle d’exploitation. En effet, le cycle d’exploitation d’une entreprise correspondant aux étapes effectuées depuis l’achat des marchandises jusqu’à la vente des produits en passant par la transformation et le stockage desdits produits.

Toutefois, certaines banques sont assez réticentes à financer certains besoins. Par conséquent, il est impératif d’étudier et de prévoir l’ensemble des moyens de financement afin d’établir un plan de financement solide.

Financement création d'entreprise : quelles sont les conditions pour un financement ?

Pour trouver un financement au moment de la création d’entreprise, il est nécessaire de réunir plusieurs éléments concernant le projet et l’entrepreneur voulant le mener à bien. 

La nature du projet 

La recherche de financements va dépendre en partie: 

  • Premièrement, de la nature de l’activité de l’entrepreneur ;
  • Deuxièmement, du secteur dans lequel se développe le projet. 

En effet, les banques et institutions vont être plus réticentes à accorder des financements à certains secteurs touchés par la récente crise sanitaire et économique. Pour certains secteurs, cela sera donc plus compliqué, mais pas impossible. 

Par ailleurs, le projet doit être cohérent avec le marché actuel et répondre à un besoin existant ou récent. Autrement dit, il faut qu’il soit susceptible d’intéresser une clientèle. Pour assurer cela et ainsi rassurer les financeurs/investisseurs, il est possible de faire une étude de marché ou d’obtenir des intentions de futurs clients sur votre projet.

Les connaissances de l’entrepreneur 

Le porteur de projet doit avoir des compétences et des connaissances spécifiques au projet à lancer. En effet, il doit démontrer une bonne connaissance de son sujet et de son projet afin de rassurer les partenaires financiers. Ainsi, une expérience dans le domaine ou dans l’entrepreneuriat est un plus. Il est également possible de faire appel à des personnes extérieures pouvant apporter cette expertise. 

Un apport financier minimum

Pour que les financeurs puissent s’intéresser à un projet, il est intéressant que le porteur de projet s’implique financièrement. Les apports constituent généralement le capital de l’entreprise en création. Cependant, il est conseillé d'éviter de créer une société avec seulement 1 euro de capital, même si cela est possible juridiquement. Il est important de financer une entreprise dès sa création, afin d’anticiper les éventuels problèmes ou lancements difficiles. 

Le plan de financement

Calculer son besoin de financement et le détailler dans un plan de financement est très important. Il s’agit tout d’abord de lister l’ensemble des besoins matériels, immatériels et celui du cycle d’exploitation dans ce plan de financement. Ensuite, il faut définir les différents moyens par lesquels seront financés ces besoins. 

Le plan de financement doit faire apparaître les ressources allouées à l’entreprise pour financer l’ensemble des besoins.

Financement création d'entreprise : quels sont les moyens de financement pour une création d’entreprise ?

Le financement de la création d’entreprise peut se faire par différents moyens. L’idéal est d’obtenir, dans un premier temps, un financement par fonds propres. Ensuite, il sera possible d’effectuer une demande de financement complémentaire à une banque. 

Le financement par fonds propres

Le financement par fonds propres est également appelé financement permanent ou financement par le haut de bilan. Les fonds propres sont généralement constitués des apports personnels du dirigeant et des associés éventuels. 

Les apports personnels proviennent fréquemment de l’épargne (ou des économies), ou du prêt familial (appelé « love money »). L’argent apporté par le dirigeant (épargne et moyens familiaux) permet d’autofinancer des éléments du projet qui ne sont pas pris en compte par les banques (étude de marché, formalité de création d’entreprise, trésorerie de départ, etc.), mais aussi de rassurer la banque auprès de laquelle se fait la demande de prêt. 

Les apports d’associés extérieurs sont, eux aussi, considérés comme un financement par fonds propres. Cela consiste en une sollicitation des investisseurs privés pour qu’ils participent au capital d’une société en échange d’une exonération fiscale sur leur impôt sur le revenu ou leur ISF.

La collecte de fonds auprès de l’entourage

Lors de la recherche des financements, il est courant de commencer par solliciter le cercle proche. Cette démarche consiste à collecter des fonds auprès de membres de la famille, d’amis ou d’autres relations. Ceci est communément appelé « love money ». Ces ressources financières peuvent permettre de bénéficier d'avantages fiscaux, tels que des exonérations ou des réductions d'impôts.

Dans le contexte familial, un donateur peut offrir jusqu'à 31 865 € à un bénéficiaire sans que ce dernier ait à payer de droits, à condition que les critères suivants soient respectés :

  1. Le donateur doit être âgé de moins de 80 ans ;
  2. Le bénéficiaire doit être l'enfant, le petit-enfant ou l'arrière-petit-enfant du donateur (ou son neveu ou sa nièce si le donateur n'a pas de descendants) ;
  3. Le bénéficiaire doit être majeur ou émancipé.

Ce don doit être formalisé par un acte notarié, un acte sous seing privé ou une déclaration de don. De plus, le bénéficiaire doit informer les autorités fiscales de cette donation dans un délai d'un mois.

Le prêt bancaire

Après être parvenu à financer ses besoins par des fonds propres, un entrepreneur peut demander un financement à une banque. Généralement, la banque réclame 20 à 30 % d’apport.

Pour qu’une entreprise fonctionne correctement, celle-ci a besoin d’investissements financiers.

Le prêt d’honneur 

Il existe également la possibilité de trouver des aides à la création d'entreprise ou des subventions régionales ou nationales, suivant la nature du projet.

Ce type de prêt se caractérise également par l'absence de garantie personnelle ou de caution. De plus, il est généralement assorti d'un taux d'intérêt nul. Il est également comptabilisé au titre des fonds propres de l'entreprise. Le montant octroyé peut atteindre jusqu'à 90 000 €, particulièrement pour les projets innovants.

Plusieurs réseaux d'accompagnement, tels qu'Initiative France, Réseau Entreprendre et l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), proposent ce type de prêt. Cependant, l'obtention de ces prêts d'honneur est soumise à une sélection rigoureuse et à l'évaluation par un jury composé de professionnels du domaine. En outre, il est important de noter que les prêts d'honneur peuvent grandement renforcer la crédibilité d’un projet et faciliter l'obtention de financements bancaires. Initiative France affirme : « Le prêt d'honneur a un effet de levier significatif, car pour chaque euro emprunté sous cette forme, les banques sont en moyenne disposées à accorder 7,5 euros supplémentaires de financement ».

Les concours

De nombreuses associations, fondations, établissements d'enseignement et autres organisations entrepreneuriales organisent des compétitions conçues pour les créateurs d'entreprise ou les nouveaux dirigeants d'entreprise. Ces concours sont parfois ciblés vers des publics spécifiques, tels que les jeunes entrepreneurs, les concours régionaux par exemple. Ils peuvent cibler également des domaines particuliers, tels que le numérique, l'écologie, le commerce, ou encore l'économie sociale et solidaire, par exemple. Les récompenses de ces concours comprennent souvent des prix financiers, mais également l'opportunité de gagner en visibilité, de rencontrer des partenaires potentiels et des investisseurs.

Le microcrédit 

Les microcrédits sont typiquement offerts par des organismes associatifs. À titre d'exemple, l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) propose un schéma de financement qui peut atteindre un montant maximal de 20 000 €, en utilisant le microcrédit pour un plafond de 10 000 €, en complément d'un prêt d'honneur ou d'un soutien financier public, entre autres options. L'octroi d'un microcrédit dépend de plusieurs critères :

  1. Le porteur de projet : sa motivation, son expérience, ses compétences, et d'autres facteurs similaires.
  2. Le projet lui-même : son lieu d'implantation, son potentiel, ses prévisions de chiffre d'affaires, et d'autres aspects pertinents.
  3. La capacité de remboursement.

Le financement participatif ou crowdfunding

Le financement participatif, également connu sous le nom de crowdfunding, représente un mécanisme de financement qui permet de mobiliser des ressources auprès d'un large public dans le but de soutenir un projet créatif ou entrepreneurial. Généralement, ce processus s'effectue en ligne, via Internet. Ce mode de financement se décline en trois formes principales :

  • Premièrement, un prêt ;
  • Deuxièmement, la souscription de titres de capital ou de créance émis par l'entreprise bénéficiaire ;
  • Troisièmement, un don ou une contribution, éventuellement assorti d'une contrepartie.

En optant pour une plateforme de financement participatif axée sur les prêts, qu'ils soient avec ou sans intérêt, ou sur la souscription de titres financiers, il est essentiel que cette plateforme dispose d'un statut réglementaire spécifique :

  • En ce qui concerne la souscription de titres, la plateforme doit être agréée par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) en tant que conseiller en investissement participatif (CIP) ou prestataire de services d'investissement (PSI) ;
  • Pour les prêts, la plateforme doit être identifiée en tant qu'intermédiaire en financement participatif (IFP).

Les incubateurs

Les incubateurs représentent des entités de soutien à la création d'entreprises. En sollicitant un incubateur, il est possible de bénéficier d'un accompagnement pour concrétiser un projet entrepreneurial sur une période qui peut s'étendre de 1 à 3 ans. Outre leur rôle bien connu en tant que fournisseurs de conseils et d'assistance aux entrepreneurs, les incubateurs peuvent également faciliter la rencontre d’ investisseurs intéressés par une participation au capital de votre entreprise.

C’est la diversité qui caractérise la nature des incubateurs. Ces structures peuvent être publiques ou privées, affiliées à des établissements d'enseignement supérieur ou à des collectivités locales, ou encore liées à des entreprises de grande envergure.

En ligne, il est possible de trouver des sites qui proposent gratuitement des répertoires d'incubateurs auprès desquels il est possible de soumettre une candidature pour bénéficier d'un accompagnement pour un projet.

Les prêts d’entreprise

En vertu de la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, les entreprises ont la possibilité d'agir en tant que créancières ou débitrices les unes envers les autres. Les sociétés à responsabilité limitée (SARL) et les sociétés par actions ont désormais la faculté d'accorder des prêts à des microentreprises, des PME ou des entreprises de taille intermédiaire (ETI), à condition de respecter certaines conditions :

  1. Les entreprises prêteuses ne doivent proposer ces prêts qu'en complément de leur activité principale ;
  2. La durée des prêts ne peut pas excéder 2 ans ;
  3. Un contrat de prêt doit formaliser les prêts accordés ;
  4. Les entreprises doivent être en mesure de démontrer l'existence d'un lien économique (par exemple, en tant que sous-traitants directs ou indirects, faisant partie du même groupement d'intérêt économique ou étant membres du même groupement attributaire d'un marché public), justifiant ainsi l'octroi du crédit.

Les fonds d’investissement 

En France, près de 300 fonds d'investissement sont regroupés au sein de l'Association des investisseurs pour la croissance. Ces investisseurs professionnels sont des actionnaires qui prennent des participations en capital, qu'elles soient majoritaires ou minoritaires, dans des entreprises généralement non cotées en bourse. L'objectif de cette démarche est de contribuer à définir une stratégie claire et à long terme pour l'entreprise, favorisant ainsi la création de valeur pour ses clients, ses actionnaires et ses employés, comme le souligne l'association.

L'activité de capital-investissement peut s'articuler autour de cinq volets principaux :

  1. La création d'entreprises et le financement de nouvelles technologies, également appelés capital-innovation ;
  2. Le soutien aux entreprises en croissance présentant un fort potentiel de développement, connu sous le nom de capital-développement ;
  3. L'acquisition, la transmission ou la cession d'entreprises, relevant du domaine du capital-transmission ;
  4. Le rachat d'entreprises en difficulté, caractérisé par le capital-retournement ;
  5. Le financement d'infrastructures telles que les télécommunications ou les équipements publics routiers, impliquant des fonds d'infrastructures.

En moyenne, les acteurs du capital-investissement investissent environ 5 millions d'euros par entreprise, rarement moins de 250 000 €, au cours d'une collaboration qui généralement s'étend sur une période de 3 à 7 ans. En 2018, ils ont injecté près de 15 milliards d'euros dans le financement de nombreuses entreprises, dont 75 % étaient des PME, d'après les données de l'Afic.

Les business angels

Si une entreprise présente un solide potentiel de croissance, elle peut susciter l'intérêt des business angels, également connus sous le nom d'investisseurs providentiels en français. 

Ces individus sont généralement des personnes physiques, souvent d'anciens cadres supérieurs ou des entrepreneurs, qui souhaitent investir une partie de leur patrimoine financier dans des entreprises novatrices. En plus de leurs ressources financières, les business angels apportent également leur précieuse expérience, ainsi qu'un réseau de contacts.

Selon la fédération nationale France Angels, les business angels, qu'ils agissent seuls ou en groupe, peuvent financer des montants allant de 50 000 € à 700 000 €. Généralement, ils détiennent une participation minoritaire dans l'entreprise (moins de 20 %), tout en jouant un rôle actif dans la gestion de l'entreprise et dans le processus décisionnel, comme le souligne Bpifrance Création. Leur objectif commun est de réaliser un profit substantiel grâce à leurs investissements. De plus, ils peuvent bénéficier des mêmes avantages fiscaux que les particuliers qui investissent directement dans une entreprise, notamment de réductions d'impôt.

Ainsi, les business angels sélectionnent soigneusement les projets auxquels ils participent, en mettant l'accent sur le potentiel de réussite. Par conséquent, le processus de collecte de fonds peut s'étendre sur une période d'une année. « Idéalement, si les conditions sont favorables, le business angel revend sa participation dans un délai de 3 à 5 ans », précise Bpifrance Création. 

Financement création d'entreprise : comment obtenir le financement ?

La création d’une entreprise nécessite le financement du projet.

Pour obtenir le financement d’un projet, il est impératif de bâtir un business plan. En effet, cela permet de convaincre et de rassurer les partenaires. Un business plan doit contenir un certain nombre d’éléments : 

  • Premièrement, une étude de marché ;
  • Deuxièmement, un bilan prévisionnel ;
  • Troisièmement, un bilan de trésorerie prévisionnel, etc. 

Il faut alors apporter un soin particulier à : 

  • Son tableau de financement sur trois ans ;
  • L’estimation des besoins ; 
  • Et aux moyens d’y répondre.  

Enfin, les partenaires financiers demanderont des garanties patrimoniales ou institutionnelles. Les banques acceptent la garantie OSEO.

 

Bon à savoir

La médiation du crédit aux entreprises est un mécanisme gouvernemental qui opère sous la supervision des ministères de l'Économie, des Finances et de la Relance. Son objectif est d'apporter une assistance gratuite, rapide et confidentielle à toute entreprise confrontée à des difficultés de financement avec une ou plusieurs de ses institutions bancaires. Ces problèmes peuvent prendre différentes formes, telles que le refus de crédit, la suppression de lignes de crédit existantes ou le non-respect des demandes de financement. La médiation intervient également en cas de problèmes liés à la réduction du niveau de garantie fourni par un assureur-crédit.

Tableau récapitulatif du financement de la création d'entreprise et de ses principales sources

Source de Financement Description
Apports personnels Épargne personnelle
Apports d'associés extérieurs Solliciter des investisseurs privés pour participer au capital de l'entreprise.
Collecte de fonds auprès de l'entourage Collecter des fonds auprès de la famille, des amis ou des relations proches (argent du cœur ou capital de proximité).
Prêt bancaire Demander un financement à une banque, généralement avec un apport personnel d'environ 20 à 30%.
Prêt d'honneur Possibilité de trouver des aides ou subventions régionales ou nationales, souvent assorties d'un taux d'intérêt nul et sans garantie personnelle.
Concours Participer à des compétitions destinées aux créateurs d'entreprise, offrant des prix financiers et une visibilité accrue.
Microcrédit Offert par des organismes associatifs pour des montants limités, avec des critères de sélection basés sur la motivation du porteur de projet, le projet lui-même et la capacité de remboursement.
Financement participatif Mobilisation de ressources auprès du public via des plateformes en ligne, offrant des options de prêt, souscription de titres ou dons. Les plateformes doivent avoir un statut réglementaire spécifique.
Incubateurs Entités de soutien à la création d'entreprises offrant accompagnement, conseils et parfois mise en contact avec des investisseurs.
Prêts d’entreprise Entreprises qui peuvent prêter de l'argent à d'autres entreprises en respectant certaines conditions, notamment en complément de leur activité principale.
Fonds d'investissement Investisseurs professionnels prenant des participations en capital dans des entreprises non cotées en bourse, avec diverses orientations, telles que l'innovation, la croissance, la transmission, le retournement ou les infrastructures.
Business angels Investisseurs individuels, souvent d'anciens cadres supérieurs ou entrepreneurs, investissant dans des entreprises novatrices en apportant leurs ressources financières et leur expérience, avec des montants pouvant aller de 50 000 € à 700 000 €.