Les sociétés, à différents moments de leurs cycles de vie, peuvent rencontrer des besoins en financement. Que ce soit dès leur création, ou plus tard, pour développer de nouveaux projets, réaliser des investissements ou faire face à des problèmes financiers, se pencher sur les différents moyens de financement de l'entreprise existants est une étape quasi-incontournable.

Il en existe une multitude qu’il est possible de mobiliser, seuls ou en les combinant. On peut les catégoriser dans deux grandes familles : les financements internes et les financements externes.

Quels sont les différents moyens de financement de l'entreprise en interne ?

Parmi les financements internes, on retrouve trois sous-catégories.

Les apports personnels

Il est courant que des entrepreneurs fassent des apports personnels. Et ce, que ce soit au moment de la création d’une société, ou par la suite pour divers projets de développement.

Bien sûr, ce mode de financement implique des fonds personnels que tout le monde ne possède pas.

Cependant, c’est une méthode de financement très répandue dans les PME, dans l’artisanat ou les professions libérales.

Les montants des apports personnels dépendent des disponibilités en liquidité des entrepreneurs.

Le love money

Cet argent, comme celui issu des apports personnels, fait partie des moyens de financement de l'entreprise dits « naturels ». Il s’agit en fait d’argent que les entrepreneurs empruntent à leurs proches (familles ou amis) de manière non officielle et non contractuelle.

Les aides gouvernementales

Parmi les sources de financement internes, on compte les aides. Ces sommes d’argent ne viennent évidemment pas, comme leur nom l’indique, d’argent dont dispose un entrepreneur, mais elles ne sont pas catégorisées dans les financements externes puisqu’elles laissent une totale liberté et n’impliquent pas de remboursement ni d’implication de tierces personnes.

En général les aides sont à solliciter plutôt au moment de la création ou du lancement d’une entreprise. Plus on avance dans le cycle de vie des sociétés, moins il y a d’aides gouvernementales proposées.

Parmi les plus sollicitées, on retrouve :

L'ACCRE

L’ACCRE, l’aide aux chômeurs créant ou reprenant une entreprise. Elle n’apporte pas en soit un financement mais elle permet une exonération des cotisations sociales pour une durée d’un an.

LE CIR

Le CIR est le crédit impôt-recherche. Pour les petites entreprises qui investissent certaines sommes dans la R&D et dans l’innovation, il permet d’obtenir une réduction jusqu’à hauteur de 50% des dépenses réalisées.

Le crédit innovation

Destiné aux entreprises déjà créées, le crédit innovation permet de récupérer une partie des sommes qu’elles ont investies dans l’innovation. Cette aide est conditionnée aux faits qu’une entreprise ait moins de 250 employés et réalise un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros.

Les subventions de l’Union européenne

Pour les entreprises dont le plan de développement est à l’échelle européenne, et qui évoluent dans les domaines de l’information ou de la communication, l’UE propose en effet différentes subventions.

Les aides régionales

À plus petite échelle, au niveau régional, départemental, ou même parfois directement de la part des communes, il existe d’autres aides. On retrouve par exemple les Primes Régionales à la création d’Entreprise qui avoisinent les 1 500 €.

En plus de ces trois sources, on compte aussi les concours dans les moyens de financement de l'entreprise en interne. Ils peuvent venir de l’État, des Régions, d’administrations… mais aussi d’entreprises privées. C’est une forme de financement à laquelle les entrepreneurs ne pensent pas forcément mais c’est pourtant souvent une vraie voie pour débloquer des fonds.

Certains concours n’offrent que de la visibilité, un accompagnement, de l’incubation, du matériel… mais d’autres peuvent permettre de remporter jusqu’à plusieurs milliers d’euros.

Si parfois les financements internes sont suffisants pour la création d’une entreprise, pour des investissements ou pour subvenir à un plan de développement, ce n’est pas toujours le cas et c’est même plutôt rare.

Les entrepreneurs sont donc souvent amenés à mixer les types de financements.

Quels sont les différents moyens de financement de l'entreprise en externe ?

Ainsi, en externe, on retrouve aussi différents moyens de financement de l'entreprise.

Les emprunts (ou crédits professionnels)

Dans les sources de financements externes, la plus courante et classique reste l’emprunt. Les établissements bancaires accompagnent en effet de nombreux entrepreneurs dans les projets de création d’entreprise, en finançant souvent à plus de 50% les projets.

Pour d’autres projets comme l’achat d’équipements, d’immobilier, des besoins de trésorerie… les banques proposent aussi des crédits professionnels. Les versements peuvent être effectués en une ou plusieurs fois, selon la nature des besoins de l’entreprise. Et les remboursements commencent en général dès les premiers versements par la banque. Ils ne s’étalent généralement pas sur plus de 10 ans.

Et pour d’autres besoins, liés à des investissements plus lourds, elles peuvent offrir des prêts à long terme, mais qui sont plus souvent limités à hauteur du capital social.

Le prêt d’honneur

Le prêt d’honneur est une forme d’emprunt mais qui présente des caractéristiques différentes des prêts classiques accordés par les banques.

Il est possible de le demander seulement pour financer une création d’entreprise. C’est un prêt à taux zéro. Les sociétés n’ont donc que la somme empruntée à rembourser.

L’accès à ce genre de prêt, comme son nom l’indique, ne demande aucune garantie puisqu’il repose sur l’honneur du remboursement de la part de l’emprunteur.

En revanche, il faut souvent soumettre un dossier qui peut prendre du temps à constituer.

Les prises de participation

La prise de participation dans le capital d’entreprise est un autre levier que peuvent utiliser les entrepreneurs ou les chefs d’entreprises. Ils permettent de proposer à des investisseurs privés de rentrer au capital social de leur entreprise.

Les investisseurs peuvent être simplement des épargnants qui cherchent à réaliser du profit, mais aussi des fournisseurs ou des personnes qui croient dans le projet.

En échange de leur financement, les investisseurs peuvent demander des comptes rendus sur l’activité exercée ou sur les décisions du dirigeant mais aussi et surtout un retour sur investissement.

Il est important de discuter des attentes de chaque partie en amont d’une prise de participation. Si le financement est nécessaire pour couvrir un projet à long terme, il vaut alors mieux chercher des investisseurs qui ne recherchent pas un retour sur investissement rapide.

Le crowdfunding

Le financement participatif, ou crowdfunding, permet de financer un investissement ou une création d’entreprise par de nombreuses personnes. Son nom en anglais se traduit par « financement par la foule ».

Il s’agit donc de convaincre des personnes du potentiel d’un projet et leur proposer une contrepartie en échange de leur investissement (elle peut être symbolique).

Avec l’avènement d’internet, ce mode de financement s’est très largement développé et les montants levés peuvent être très importants.

Il existe de nombreuses plateformes pour organiser une campagne de crowdfunding. Il convient de garder en tête qu’elles prennent en général une commission avoisinant les 8% du montant levé.

Le crowdlending

Proche du crowdfunding, le crowdlending reprend le même principe de faire appel à un grand nombre de personnes. Sauf qu’au lieu d’une contribution contre une contrepartie, ici le financement participatif prend la forme de prêts. Les taux d’interêts sont assez élevés (ils avoisinnent les 9%). Cela séduit beaucoup d’investisseurs, qui prêtent plus ou moins d’argent.

Cela permet d’atteindre des sommes de financement qu’une seule ou peu de personnes n’auraient pas prêtées.

Les Business Angels

Les Business Angels sont des personnes physiques, généralement d’anciens chef d’entreprises qui choisissent d’investir dans des entreprises ou des projets qui les séduisent.

Ils deviennent alors des actionnaires des sociétés. En plus de l’argent qu’ils apportent, ils accompagnent et conseillent aussi les entrepreneurs. Les sommes qu’ils investissent n’ont pas à être remboursées mais ils sont généralement exigeants quant à la gestion de l’entreprise, de son capital, etc.

Le capital-risque

Le financement via le capital-risque ressemble au fait de faire appel aux Business Angels. Seulement, alors que ces derniers investissent leur argent personnel dans des projets qui leur plaisent, les investisseurs en capital-risque investissent pour maximiser leurs retours sur investissements.

Comme le nom l’indique, ils sont conscients des risques des investissements.

Les montants levés en demandant des financements via du capital-risque sont bien plus importants et peuvent atteindre plusieurs millions ou dizaines de millions d’euros.

L’affacturage

Ce mode de financement ne s’adresse qu’aux entreprises déjà en place. C’est une forme de crédit professionnel. Cela consiste à demander à une société financière (un factor), d’acheter les dettes d’un client, pour disposer rapidement de trésorerie. Les factors prélèvent sur ce type d’opérations une commission d’affacturage (généralement entre 0,5 et 3%) et une commission de financement (un pourcentage du montant des créances).

Les comptes courants d’associés

Le compte courant d’associés est une méthode de financement assez récente. C’est aussi une forme très avantageuse pour les entreprises. En effet, elle permet que les associés financent eux-mêmes la société, soit en déposant sur ce compte des fonds propres, soit en renonçant de manière temporaire à leurs dividendes ou leurs rémunérations. Cet argent sert ainsi à la société.

Dans tous les cas, l’opération est inscrite au passif de l’entreprise, et les intérêts sont ainsi déductibles du résultat fiscal.

Dernière mise à jour le 14/12/2020