L’auto-entreprise est issue de la catégorie des entreprises individuelles. C’est une entreprise individuelle avec un régime simplifié de micro-entreprise. Les deux statuts sont similaires par l’obligation de posséder comme dirigeant une personne physique et non morale. L’auto-entreprise est donc une branche simplifiée de l’entreprise individuelle. 

Comment différencier la micro-entreprise de l’entreprise individuelle ? 

La principale particularité de l’auto-entreprise ou micro-entreprise réside dans la simplification de sa comptabilité et de sa fiscalité. 

Obligations comptables 

Des différences notables sont visibles au niveau de la comptabilité de l’auto-entreprise comparée à celle de l’entreprise individuelle. Ce premier point marque l’une des différences fondamentales entre ces deux différentes entreprises. 

La comptabilité de l’auto-entreprise

L’auto-entreprise à l’avantage de n’avoir que très peu d’obligations comptables. En effet, l’auto-entrepreneur n’a pas beaucoup de contraintes mise à part la tenue de son cahier des recettes

Pour les auto-entrepreneurs en activité commerciale, la tenue d’un livre des achats est aussi obligatoire. 

La comptabilité de l’entreprise individuelle 

Les obligations comptables de l’entreprise individuelle sont plus complexes. Elles nécessitent plus d’expertise et de rigueur et de connaissances et peut être de faire appel à un comptable. 

Le dirigeant d’une entreprise individuelle doit en effet tenir à jour plusieurs éléments de comptabilité

  • un grand livre
  • un livre journal 
  • un inventaire 
  • un suivi régulier de ses comptes annuels à transmettre à l’administration fiscale avec un bilan, un compte de résultat et les annexes 

Obligations fiscales  

La fiscalité diffère également entre l’entreprise individuelle et l’auto-entreprise. 

La fiscalité de l’auto-entreprise 

Les auto-entreprises dépendent du régime micro-fiscal. Elles paient leurs impôts en même temps que leurs cotisations sociales mensuellement ou à chaque trimestre. Le montant à payer est calculé en fonction du chiffre d’affaires perçu sans considération des pertes. Ce règlement se fait sur le site de l’URSSAF

Une limite de l’auto-entreprise apparaît donc ici.
Si une entreprise à plus de charges que de bénéfices réels, elle peut payer des cotisations à perte en déclarant son chiffre d’affaires. 

Aussi, les auto-entrepreneurs sont exonérés de TVA (contrairement à l’entreprise individuelle) sauf s’ils dépassent un certain seuil. En effet, le chiffre d’affaires maximum pour les auto-entrepreneurs exerçant dans le secteur commercial est de 85 800 € et de 34 400 € pour les entrepreneurs en activité libérale ou de prestation de services. 

La fiscalité de l’entreprise individuelle 

Les dirigeants d’entreprises individuelles sont quant à eux soumis à l’imposition sur bénéfices. C’est à dire qu’ils déduisent de leur chiffre d’affaires les charges et les pertes de l’entreprise pour en connaître les bénéfices réels. C’est ensuite sur ces bénéfices que le montant des impôts est calculé. 

Régime social

L’auto-entreprise et l’entreprise individuelle dépendent toutes deux de la caisse primaire d’assurance maladie. Mais le paiement des cotisations sociales ne se déroule pas de la même manière selon le statut. 

Le régime social de l’auto-entreprise 

L’auto-entreprise réalise la déclaration et le paiement de ses cotisations sociales auprès de l’URSSAF. 

Le pourcentage de calcul du montant à payer selon le chiffre d’affaires dépend du secteur d’activité : 

  • 12,8 % pour les activités commerciales 
  • 22 % pour les activités relevant de la profession libérale ou de la prestation de services 

En cas de chiffre d’affaires nul, rien n’est à payer. Mais une option peut permettre de verser une cotisation  pour continuer à bénéficier de la sécurité sociale. 

Le régime social de l’entreprise individuelle : 

Le paiement des cotisations sociales pour une entreprise individuelle se base sur le revenu imposable. Un pourcentage d’environ 44 % est calculé.

Si le revenu est nul ou très faible, un minimum obligatoire est tout de même attendu.

Micro-entreprise ou entreprise individuelle : que choisir ?

Pour beaucoup d’entrepreneurs, l’auto-entreprise constitue un premier pallier, un test pour voir si l’entreprise va fonctionner. Mais la question du statut à privilégier dépend aussi des plafonds et donc du secteur d’activité de l’entrepreneur.

De l’auto entreprise à l’entreprise individuelle 

Le passage de l’auto-entreprise à l’entreprise individuelle peut se faire automatiquement si les plafonds maximum du premier sont dépassés. 

En effet, si un auto-entrepreneur dépasse les seuils fixés, son statut change directement : 

  • activités commerciales : 176 200 euros 
  • activités libérales ou de prestations de services : 72 500 euros 

Ce changement s’explique par le statut de l’auto-entrepreneur sous conditions de recettes.  C’est à dire qu’après dépassement du seuil fixé, l’auto-entreprise est automatiquement remplacée par le statut d’entreprise individuelle

Prix de la création 

Pour une première création d’entreprise, la question des frais initiaux peut aider l’entrepreneur à faire son choix. 

Combien coûte la création d’une auto-entreprise ? 

L’auto-entreprise ou micro entreprise, est gratuite à l’ouverture et à la fermeture. 

La seule démarche payante à réaliser pour les auto-entrepreneurs dans le secteur commercial est l’obtention du Kbis. Mais son coût reste très peu élevé. 

Combien coûte la création d’une entreprise individuelle  ? 

Son immatriculation est payante.  Le prix diffère selon le secteur d’activités de l’entreprise  :

– Activités commerciales : environ 25 euros
– Activités artisanales : environ 140 euros 
– Professions libérales : pas de frais

Entreprises ne pouvant pas relever du statut de l’auto-entreprise 

Certains secteurs d’activité ne peuvent pas dépendre de l’auto-entreprise. Ils doivent donc obligatoirement choisir le statut de l’entreprise individuelle. 

Par exemple, les activités relevant : 

  • des bénéfices agricoles 
  • ou de la TVA immobilière 

Ne peuvent pas relever de l’auto-entreprise. 

D’autres secteurs d’activités ne sont quant à eux pas compatibles avec le régime micro-social. Ce cas de figure concerne notamment les activités : 

  • dépendants du régime social de la MSA
  • libérales non-rattachées à la Cipav (caisse de retraite)
  • artistiques avec rémunération par droits d’auteur