Ce jeudi 4 avril, Bpifrance a publié sa troisième étude sur les greentechs. Cette dernière révèle que la Greentech a été le premier secteur d’investissement en 2023. Elle indique également que le montant total des levées de fonds a augmenté de 9 % par rapport à l’année précédente. 

4 levées de plus de 100 millions d’euros 

Près de 2,8 milliards d’euros ont été levés par les greentechs en 2023. C’est 9 % de plus par rapport à 2022. Paul-François Fournier, directeur exécutif de la direction Innovation Bpifrance, révèle : « Cela représente un tiers des levées de fonds en capital risque, réalisées par la French Tech, et en fait le premier secteur ayant attiré les investisseurs ». 

Parmi les startups du secteur, on retrouve des sociétés spécialisées dans le développement de nouveaux matériaux, la capture de carbone, la restauration des écosystèmes ou encore le développement des mobilités propres.

Fin 2023, 2 750 greentechs ont été recensées sur le territoire national. C’est près de 600 sociétés de plus qu’en 2022. Parmi plus de 240 levées de fonds, 4 sont supérieures à 100 millions d’euros : 

  • Verkor a déclaré avoir attiré « plus de 2 milliards d’euros » au total, dont « au moins 850 millions » proviennent d’investisseurs privés. L’objectif est d’implanter sa gigafactory de batteries électriques dans le nord de la France, à Dunkerque ;
  • Mylight150, qui propose des solutions d’optimisation d’énergie solaire pour les particuliers, a recueilli 100 millions d’euros ; 
  • Ÿnsect a levé, pour sa part, 108 millions d’euros. La Greentech produit des ingrédients à base d’insectes ; 
  • Ou encore Accenta, qui a réuni 108 millions d’euros pour son projet de décarbonisation des bâtiments grâce à l’intelligence artificielle. 

Comment expliquer ce record ?

Si la Greentech a pu obtenir le record de fonds levés en 2023, tous secteurs confondus, c’est notamment grâce au plan d’investissements France 2030. Il a pour objectif de rattraper le retard industriel français. Pour ce faire, un budget de 54 milliards d’euros a été alloué pour investir dans le soutien à la transition écologique ou dans les technologies innovantes. Le directeur exécutif chargé de l’innovation chez Bpifrance indique : « Les greentechs ont bénéficié de 2,9 milliards d’euros dans ce contexte, ce qui a créé un effet de levier auprès des fonds privés ».

De plus, les greentechs ont aussi profité de la baisse d’attractivité du secteur de la Tech. « Les investisseurs voient de plus en plus les opportunités qu’offrent les greentechs, mais on ne peut pas, pour l’instant, tirer de conclusion. Quand le secteur de la Tech sera reparti, les fonds seront peut-être moins fléchés vers ces startups », explique Paul-François Fournier.

Page d'accueil Bpifrance qui vient de publier sa 3ème étude sur les greenstech

Un secteur attractif pour France 2030

42 % des greentechs ont un projet industriel. Il s’agit donc d’un secteur attractif pour le plan France 2030, qui vise la réindustrialisation sur le territoire national. « Les grosses levées de fonds soulignent la capacité de l’écosystème à avoir des projets d’ampleur [...] On note un alignement entre réindustrialisation et greentechs auquel on croit fortement », estime le directeur innovation de Bpifrance. 

Cela permet à la France d’être le deuxième pays européen en matière de levées de fonds. Elle se place juste derrière le Royaume-Uni. Paul-François Fournier détaille : « Cela fait cinq ans qu’on pousse tous ces sujets. Avec le transfert de technologies, les financements de France 2030, le plan climat lancé il y a trois ans [...] Petit à petit, ces efforts commencent à porter leurs fruits ».