Une lumière au bout du tunnel : voilà comment apparaît le vaccin thérapeutique développé par OSE Immunotherapeutics, Tedopi, aux patients atteints de cancer du poumon. Ce vaccin est inoculé aux malades présentant un stade avancé du développement tumoral. Pour la moitié de la population, il s’avère plus efficace que la chimiothérapie.

Essai clinique en phase 3 encourageant

Le vaccin de OSE Immunotherapeutics, une startup biotechnologique basée à Nantes, a tiré des conclusions encourageantes d’un essai clinique en phase III de son vaccin thérapeutique, Tedopi. C’est la revue Annals of Oncology qui a publié l’étude retraçant le protocole utilisé pour tester l’efficacité du vaccin sur :

  • La survie des patients atteints d’un cancer du poumon au stade IV (présence de métastases) ; 
  • L’évolution de la qualité de vie de ces mêmes patients ;
  • L’innocuité du vaccin.

À aussi été analysée la balance bénéfices risques que présente l’emploi de ce vaccin par rapport au recours à la chimiothérapie. Ce que l’étude révèle, c’est qu’on observe, sur les 219 patients testés (139 sous Tedopi et 80 sous chimiothérapie), une différence significative entre la qualité de vie des patients sous chimiothérapie et ceux ayant reçu le vaccin Tedopi. Les seconds ont eu à endurer moins d’effets indésirables de grade 3-5 (d’effets sévères au décès du patient) que les premiers. De même, les patients inclus dans l’étude ont présenté une plus grande tolérance vis-à-vis de Tedopi que vis-à-vis de la chimiothérapie. Enfin, pour citer l’étude en question : « Un an après le début du traitement, 44,1% de ces patients étaient toujours en vie dans le groupe recevant le vaccin contre seulement 27,5% dans le groupe chimiothérapie. »

 

À noter

La phase 3 d’un essai clinique est l’étape qui précède la commercialisation du traitement testé.

Un vaccin efficace pour la moitié de la population

En tant que vaccin thérapeutique, Tedopi éduque le système immunitaire des patients vaccinés pour qu’il puisse reconnaître les cellules tumorales et les détruire avant qu’il ne soit trop tard. Toutefois, il n’est pas efficace sur toute la population. En effet, malgré la taille limitée de l’échantillon (qui aurait dû être plus grand si le recrutement n’avait pas été interrompu par l’arrivée du Covid), les scientifiques ont identifié un gène présent dans la moitié de la population, sans lequel le vaccin perd son action : le gène HLA-A2. Ainsi, pour s’assurer de l’efficacité de Tedopi chez un patient, il convient de séquencer le génome de celui-ci afin de s’assurer que le gène HLA-A2 y est présent. 

Femme étant vacciné par une infirmière

S’inscrit dans la mouvance d’innovation thérapeutique

Grâce à ces résultats prometteurs, OSE Immunotherapeutics se positionne comme un acteur qui compte dans le développement de nouvelles solutions thérapeutiques. Avec le centre de soins et de recherche dijonnais Georges-François Leclerc (qui travaille sur le cancer du côlon) et Ervimmune (qui a développé son vaccin anti-cancer du sein), ces startup françaises redonnent espoir aux malades pour qui les traitements ont été inefficaces. 

En parallèle du cancer du poumon, l’efficacité de Todepi est actuellement évalué en ce qui concerne le traitement des cancers du pancréas et celui de l’ovaire