Les composites carbone de nouvelle génération trouvent leur révolution grâce à Fairmat, qui vient d’annoncer une levée de fonds de 51,5 millions d’euros pour accélérer l’industrialisation de ses matériaux recyclés et soutenir son développement international. Détails et perspectives sur cette avancée majeure, confirmée par l’annonce officielle publiée sur le LinkedIn de Fairmat.

Un investissement ambitieux au service d’une nouvelle ère industrielle

Avec cette nouvelle levée, Fairmat franchit une étape cruciale : 26,5 millions d’euros en capital se couplent à 25 millions d’euros de venture debt accordés par la Banque européenne d’investissement (BEI). Au total, ce tour de Série B de 51,5 millions d’euros consolide la position de Fairmat comme pionnier du recyclage de matériaux composites carbone.

La société n’en est pas à son premier succès : elle avait déjà réuni 8,6 millions d’euros en amorçage en 2021, puis 34 millions d’euros en Série A l’année suivante. Cette nouvelle injection de capitaux s’inscrit donc dans un parcours soutenu de financement, témoignant de l’intérêt croissant des investisseurs pour les solutions industrielles alliant durabilité, compétitivité et réduction des déchets.

Parmi les acteurs ayant participé à ce tour, on retrouve Bpifrance, via son fonds Large Venture, et Slate VC en tant que co-leads, rejoints par le family office Cape Capital ainsi que des partenaires historiques, dont Singular, Temasek, CNP et Pictet Group. Ce soutien combiné renforce la crédibilité de Fairmat au niveau international et confirme l’enthousiasme vis-à-vis de son modèle d’économie circulaire.

Cette opération illustre en effet une tendance forte : la transition environnementale est devenue un pilier incontournable du secteur industriel, et l’approvisionnement en matériaux bas-carbone est un enjeu majeur pour de nombreux marchés. Les composites recyclés de Fairmat répondent à ce besoin urgent de performance et de durabilité, tout en proposant une trajectoire de coût concurrentielle.

Cap sur une circularité pleinement industrialisée

Réussir la circularité à l’échelle industrielle est l’un des défis de notre époque, tant sur le plan économique qu’environnemental. Fairmat s’est donné pour mission de transformer les déchets de fibres de carbone en matériaux prêts à être réinjectés dans une multitude d’applications : sport, mobilité, électronique ou encore énergie.

L’entreprise s’appuie sur une approche révolutionnaire combinant IA, robotique et traitement de données pour produire, à grande échelle, des composites recyclés de très haute qualité. En effet, les fibres de carbone régénérées par Fairmat affichent des propriétés mécaniques quasi identiques à celles des matériaux vierges, mais avec une empreinte carbone nettement réduite.

La notion de « disruption » est souvent galvaudée, mais dans le cas de Fairmat, elle prend tout son sens : la société ambitionne de bousculer la filière des matériaux en remettant en question le schéma traditionnel « extraction – production – déchet ». En intégrant une boucle de recyclage très poussée, portée par le concept Infinity Recycling, Fairmat se positionne non plus seulement comme recycleur, mais comme véritable créateur d’une économie circulaire autour des composites carbone.

Le procédé Infinity Recycling s’appuie sur un traitement au plasma froid, permettant de récupérer des fibres de carbone de haute qualité presque à l’infini. Cette innovation brevetée préserve la structure de la fibre et conserve donc les propriétés mécaniques essentielles pour des applications exigeantes.

Grâce à cette technologie de pointe, Fairmat s’est forgé une réputation solide : ses clients, issus de secteurs très variés, voient dans ces composites un compromis optimal entre résistance, légèreté et durabilité. Surtout, l’impact environnemental est drastiquement limité, ce qui séduit les industriels souhaitant se mettre en conformité avec les réglementations grandissantes en matière de transition écologique.

Un modèle d’expansion internationale déjà bien engagé

Si la première « FairFactory » a été implantée en France, l’entreprise ne s’arrête pas là. Une deuxième usine fonctionne déjà aux États-Unis, signe de la volonté de Fairmat d’investir dans un marché nord-américain stratégique, là où la compétition est intense mais où la demande en matériaux durables ne cesse de croître.

Le positionnement de Fairmat sur le sol américain est d’autant plus pertinent que de nombreux acteurs de l’automobile, de l’aéronautique et de l’électronique se trouvent déjà dans cette zone. Les enjeux liés aux matériaux performants, capables de résister à des contraintes mécaniques fortes tout en restant légers, y sont particulièrement marqués. Pour l’entreprise, ce déploiement est l’occasion de prouver que l’écologie appliquée à l’industrie n’est pas un simple effet d’annonce, mais peut devenir un avantage compétitif solide.

Au-delà de l’implantation aux États-Unis, la stratégie de Fairmat s’apparente à une conquête graduelle des marchés mondiaux. Sur le long terme, la société entend multiplier les sites de production afin de répondre localement à la demande croissante, tout en réduisant l’empreinte logistique liée au transport des matières premières recyclées.

Bon à savoir : la venture debt

La venture debt se distingue des capitaux propres classiques (equity) : elle fonctionne comme un prêt, souvent accordé par des banques de développement ou des fonds spécialisés, visant à soutenir la croissance d’entreprises innovantes sans diluer davantage le capital des fondateurs. Dans le cas de Fairmat, les 25 millions d’euros fournis par la BEI témoignent de la solidité et du potentiel de sa technologie.

Le rôle structurant de la Banque européenne d’investissement

La BEI, principal acteur public de financement à long terme de l’Union européenne, ne s’engage pas au hasard. En 2024, le groupe BEI aurait, selon ses propres chiffres, signé près de 89 milliards d’euros de nouveaux financements. La France en est le premier bénéficiaire, avec un volume total de 12,6 milliards d’euros investis cette même année.

Soutenir Fairmat, c’est pour la BEI encourager une solution concrète à la problématique des déchets de carbone, tout en consolidant la souveraineté industrielle de l’Europe. Les matériaux composites sont omniprésents dans l’automobile, l’aéronautique, l’énergie ou encore l’électronique ; disposer d’une filière de recyclage performante renforce à la fois la compétitivité économique et la résilience écologique.

D’après Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, la valorisation de ces déchets à forte valeur ajoutée joue un rôle clé dans la transition écologique et dans la sécurisation des approvisionnements. En investissant dans Fairmat, la Banque européenne envoie un signal fort : la transition passe par des projets matures technologiquement et porteurs d’un impact à grande échelle.

Analyse du marché des matériaux durables

Le marché mondial des matériaux dits « verts » connaît une croissance soutenue depuis plusieurs années. Les spécialistes estiment que ce segment, évalué à près de 355,3 milliards de dollars en 2024, pourrait atteindre 692 milliards d’ici 2033, avec un taux de croissance annuel voisin des 7,7 %. Cette expansion s’explique notamment par :

  • La pression réglementaire exercée dans la plupart des grands pays industrialisés.
  • L’augmentation du coût des matières premières vierges.
  • L’évolution des consciences environnementales chez les consommateurs et les industriels.
  • La recherche constante de performances mécaniques et de légèreté dans les produits finis (aéronautique, automobile, sport, etc.).

Fairmat se positionne sur un créneau prometteur : offrir des composites recyclés qui maintiennent un niveau de qualité élevé à un tarif compétitif. Du point de vue économique, la société répond à une équation jusqu’ici difficile : limiter l’impact carbone sans surcoût majeur pour l’acheteur final. Cette proposition séduit un nombre croissant de grandes entreprises, soucieuses de respecter leurs engagements RSE.

Les fibres de carbone classiques exigent d’importantes ressources énergétiques pour leur fabrication. Le recyclage chez Fairmat permet de réduire la consommation d’énergie, puisqu’on évite de produire de nouvelles fibres et qu’on valorise un déchet existant. Résultat : une baisse conséquente des émissions de CO2 tout au long du cycle de vie du matériau.

Cet élan du marché des matériaux durables devrait se poursuivre, d’autant plus que les objectifs de neutralité carbone fixés par l’Europe et d’autres régions du monde ne pourront être atteints qu’avec l’émergence de technologies « propres » et de procédés de recyclage avancés, comme celui mis au point par Fairmat.

Une traction commerciale illustrée par le secteur du sport

Le sport est souvent l’un des premiers laboratoires d’innovations industrielles, et Fairmat ne fait pas exception. De nombreuses marques spécialisées dans l’outdoor, le running ou encore les sports de raquette ont adopté ou testent les composites Fairmat pour améliorer la performance de leurs produits tout en satisfaisant leurs objectifs écologiques.

Légèreté, robustesse et souci environnemental : ces atouts ont permis à Fairmat de vendre rapidement plusieurs centaines de tonnes de matériaux, si bien que 50 millions d’euros de revenus annuels auraient déjà été contractés. Un volume considérable, surtout lorsque l’on sait que 2 900 tonnes de matière par an sont déjà sécurisées, avec une hausse de +100 % d’une année sur l’autre.

Forte de ces références dans le domaine sportif, l’entreprise s’est lancée dans de nouveaux débouchés à plus grande échelle. L’automobile et la mobilité douce constituent un terrain propice, et l’électronique (en particulier les coques d’appareils ou certaines pièces structurelles) pourrait rapidement adopter ces composites durables pour innover sur le plan écologique.

Autrement dit, ce succès initial dans le domaine sportif agit comme une vitrine technologique, prouvant la solidité et la fiabilité du modèle. Les grandes marques de sport, particulièrement exigeantes sur la légèreté et la résistance, servent ainsi de tremplin à Fairmat pour investir d’autres secteurs aux volumes de production bien plus importants.

Plongée dans le concept Fairmat : technologie et ambition

Fondée en 2020 par Benjamin Saada, Fairmat repose sur l’idée que les matériaux constituent la base de tout produit industriel. En repensant la façon dont on conçoit, utilise et recycle ces matériaux, on influe directement sur la chaîne de valeur et l’impact global de nombreux objets du quotidien.

La start-up, qui compte déjà 100 salariés, s’est dotée d’une vision « deeptech », c’est-à-dire la volonté d’allier sciences avancées, IA, robotique et innovation industrielle. Ses « FairFactories » sont pensées comme de véritables usines du futur, où les robots et les algorithmes collaborent en temps réel pour optimiser chaque lot de matière recyclée.

Ce modèle industriel mise sur la flexibilité : les compositeurs de Fairmat sont capables de s’adapter aux variations de la matière collectée, tout en garantissant des caractéristiques mécaniques stables. C’est la clé pour démocratiser l’usage des fibres de carbone recyclées et sortir de la niche d’applications spéciales.

Le concept Fairply

Fairply est un composite « clé en main » développé par Fairmat, qui combine résistance, légèreté et un impact carbone considérablement réduit. Il se présente sous forme de plaques ou de bobines, prêtes à être mises en forme par les industriels. Adopté initialement dans le sport, ce matériau s’étend désormais à d’autres secteurs grâce à sa polyvalence et son coût maîtrisé.

En parallèle, Fairmat déploie Infinity Recycling, un processus breveté qui autorise un recyclage quasi illimité de la fibre de carbone. Cette avancée technologique fait écho à des principes de circularité totale, où un matériau est récupéré et transformé encore et encore, sans perte substantielle de propriétés.

L’engagement des investisseurs : une caution pour l’industrie verte

L’entrée de nouveaux fonds dans le capital de Fairmat, aux côtés d’investisseurs historiques, démontre l’attractivité de ce projet. Bpifrance, via son fonds Large Venture, souligne qu’il est essentiel de soutenir les entreprises qui développent des solutions contribuant à la neutralité carbone. Doté de 2,5 milliards d’euros, Large Venture se concentre sur les projets à très fort potentiel. L’objectif est de créer des champions français, voire mondiaux, dans des domaines clés comme la deeptech et la transition écologique.

Du côté de Slate VC, co-lead de cette Série B, on retrouve une équipe d’entrepreneurs-investisseurs expérimentés (dont Clément Buyse et Renaud Visage) qui souhaitent placer leurs capitaux dans des entreprises proposant des solutions concrètes face aux défis de l’énergie et de l’environnement. Fairmat incarne parfaitement cette ambition, grâce à une double approche : innovation technologique pointue et mise en pratique industrielle rapide.

Pour sa part, le family office Cape Capital renforce l’assise financière de l’opération. Quant aux investisseurs historiques comme Singular, Temasek, CNP et Pictet Group, leur réengagement souligne la confiance dans le projet et la crédibilité de l’équipe dirigeante.

Bpifrance est l’institution publique française qui soutient l’innovation et la croissance des entreprises. Au-delà de l’octroi de crédits et de garanties, elle participe directement au capital d’entreprises stratégiques via différents fonds d’investissement. Sa présence au tour de table de Fairmat reflète la volonté de l’État français de promouvoir des technologies vertes et des industries d’avenir.

Des perspectives d’applications à grande échelle

Du transport à l’électronique, en passant par le BTP et l’énergie, le champ d’action des composites est vaste. Les modèles classiques en fibres de carbone sont coûteux et énergivores à fabriquer ; en conséquence, leur utilisation est souvent réservée à des domaines de pointe. L’offre de Fairmat, en revanche, repose sur la revalorisation de matières existantes, ce qui diminue le coût de production et l’impact sur l’environnement.

À terme, Fairmat prévoit de tripler sa capacité de production pour répondre à la demande grandissante. Cette montée en puissance passera par une forte automatisation de ses chaînes de production, notamment via l’adoption de systèmes d’IA capables de gérer le calibrage des fibres, le contrôle qualité et l’assemblage. Un tel déploiement exige un important capital humain : ingénieurs, data scientists et techniciens spécialisés sont activement recherchés.

Par ailleurs, les réglementations européennes, américaines et asiatiques sont de plus en plus exigeantes en matière d’émissions de CO2, de recyclabilité et de limitation des déchets. Fairmat apparaît donc comme un partenaire privilégié pour les grands groupes souhaitant anticiper ces évolutions légales et réduire leur dépendance aux matériaux vierges.

Grâce à cette levée de fonds, la société table sur une accélération de son expansion sur plusieurs continents, espérant imposer sa marque comme référence mondiale en matière de composite recyclé haut de gamme. Les industriels de la mobilité et de l’électronique, en particulier, pourraient être les prochains à franchir le pas, tant la pression pour limiter l’empreinte carbone est forte.

Qui est Fairmat ? Un bref historique et un aperçu de sa mission

Créée il y a à peine cinq ans, en 2020, Fairmat s’est rapidement démarquée par son approche disruptive. À la différence d’autres entreprises de recyclage de fibres de carbone, Fairmat a développé une chaîne de valeur intégrée : du traitement initial des déchets jusqu’à la conception de nouveaux formats de composites adaptés aux besoins industriels.

Aujourd’hui, avec 100 collaborateurs et deux usines en activité, la jeune pousse illustre l’émergence d’une génération de sociétés françaises à ambition mondiale, désireuses de s’imposer dans la course au développement durable. Le fait d’avoir déjà séduit plusieurs grands groupes européens et américains dans le sport valide son positionnement qualité, et ouvre la voie à des secteurs plus diversifiés.

Enfin, l’objectif ultime de l’entreprise se concentre sur la création d’une « première supply chain mondiale circulaire ». L’idée : rassembler différents acteurs (producteurs de carbone, industriels finaux, recycleurs) dans un écosystème où chaque déchet devient une nouvelle ressource. Fairmat a la conviction qu’une telle organisation bénéficiera tant à l’environnement qu’aux comptes des entreprises, en réduisant les coûts d’approvisionnement et de gestion des déchets.

L’industrialisation par les données et la robotique : un différenciateur clé

La montée en puissance de Fairmat repose sur une automatisation poussée, orchestrée par des algorithmes de machine learning. Ces algorithmes supervisent toutes les étapes : réception des déchets de fibres de carbone, analyse de leur qualité, découpage robotisé, agencement en feuilles, pressage sous vide et consolidation finale.

Ce modèle d’« usine intelligente » permet de mieux gérer la variabilité de la matière première. Dans l’industrie du recyclage, l’hétérogénéité est souvent un frein, car chaque lot de déchet peut présenter des caractéristiques différentes. Fairmat dépasse cette contrainte en s’appuyant sur la collecte de données en temps réel : la composition chimique, la porosité et la résistance mécanique sont systématiquement évaluées. Le logiciel interne calcule alors les paramètres idéaux pour obtenir un composite de haute performance.

En plaçant l’IA au cœur de ses procédés, la société maximise sa productivité, réduit les erreurs et assure une traçabilité intégrale, de l’arrivée du déchet jusqu’à la sortie du produit fini. À l’échelle, cette approche induit des économies de temps et d’énergie, tout en garantissant une qualité régulière indispensable à des applications exigeantes (comme l’électronique de pointe ou l’automobile).

La direction de Fairmat confirme qu’une partie des fonds levés sera allouée au renforcement de cette infrastructure logicielle et robotique. Sur le long terme, l’objectif est de rendre ces lignes de production encore plus autonomes et réactives, capables de traiter plus de volumes, tout en conservant un niveau de contrôle strict.

Entre performance et responsabilité : l’équation gagnante

Sur le terrain de la performance, Fairmat revendique une résistance mécanique de ses matériaux au moins équivalente à celle des composites neufs, avec un poids plume et une capacité d’adaptation à de multiples designs. La différence majeure réside dans le coût environnemental, considérablement amoindri par le réemploi de fibres de carbone vouées à être jetées.

Pour de nombreux industriels, la question n’est plus uniquement « Comment gagner en performance ? », mais bien « Comment réduire mon empreinte écologique tout en restant compétitif ? ». Fairmat propose ici une réponse concrète : limiter la consommation de matières premières, tout en conservant des propriétés physiques exceptionnelles. Le dirigeant, Benjamin Saada, le souligne : « Disrupter l’industrie des matériaux, c’est avoir un impact colossal, à la fois sur la planète et pour le consommateur. »

Faire de la performance sans concession un moteur de croissance économique, voilà le pari de Fairmat. La société mise sur l’idée que la prise de conscience écologique, stimulée par les réglementations et la pression sociétale, incitera les industriels à adopter massivement des fibres recyclées — surtout si elles garantissent une qualité comparable aux matériaux vierges.

Des ambitions concrètes pour les années à venir

Selon le plan dévoilé en avril 2025, Fairmat entend :

  • Tripler sa capacité de production d’ici à quelques années, en construisant de nouvelles lignes automatisées dans ses « FairFactories ».
  • Renforcer sa présence internationale en développant d’autres sites de production, notamment sur le continent asiatique où la demande en composites est forte.
  • Explorer de nouveaux débouchés dans la mobilité (véhicules électriques, drones de transport), l’électronique (composants structurels légers) et l’énergie (éolien, stockage).
  • Finaliser la mise en place de la première boucle de circularité totale d’ici 2027, grâce à Infinity Recycling, pour éliminer presque entièrement le concept de « déchet » dans la filière carbone.

Si ces objectifs se concrétisent, Fairmat pourrait participer à la rationalisation globale des flux de fibres de carbone au niveau international, stimulant au passage la création de filières locales et l’émergence de nouveaux métiers (ingénieurs, techniciens de maintenance, experts en robotique, etc.).

Financer la transition verte

Au-delà de la simple réussite d’une start-up, l’exemple Fairmat illustre la manière dont les fonds publics (BEI) et privés (VC, family offices) peuvent accélérer l’émergence d’une économie plus circulaire. Les mécanismes de financement, notamment la venture debt, sont précieux pour soutenir les entreprises à fort potentiel, tout en réduisant la dilution des actionnaires.

La révolution industrielle durable

Au-delà de l’intérêt financier, l’investissement dans Fairmat traduit un changement d’époque. Jadis considérée comme trop coûteuse ou trop complexe, la circularité à grande échelle est en train de devenir un réel moteur d’innovation. Le capital-risque se structure autour de pôles spécialisés en green tech et le secteur public multiplie les initiatives pour soutenir ces projets.

Il est frappant de constater que, en seulement trois ans, la start-up a réussi à convaincre de grands noms de l’industrie européenne et américaine. Cette rapidité de validation souligne la maturité de la solution, qui allie à la fois compétitivité et impact sociétal. Pour les économistes, le cas Fairmat pourrait devenir un exemple emblématique d’une réussite industrielle « bas carbone », susceptible d’être répliquée dans d’autres segments (plastiques, métaux rares, etc.).

Du point de vue stratégique, l’implantation de FairFactories à travers le monde apporte une réponse concrète à la hausse de la demande pour des matériaux durables. L’enjeu sera d’entretenir cette dynamique en s’adaptant aux défis logistiques et en maintenant un niveau de qualité homogène, malgré l’accroissement des volumes à traiter.

En outre, la concurrence devrait se renforcer : d’autres acteurs pourraient émerger, encouragés par les perspectives financières et les politiques publiques incitatives. Cependant, Fairmat dispose d’une avance notable en matière de technologie brevetée, d’automatisation et de preuves de concept auprès de clients prestigieux.

Des retombées positives pour le tissu économique et l’environnement

La création d’emplois dans le secteur technologique et industriel, tant en France qu’à l’international, est un effet immédiat. Plus largement, Fairmat participe à la dynamisation de la filière de recyclage en démontrant que les déchets peuvent devenir une ressource rentable. Les retombées s’étendent ainsi au-delà de la seule filière carbone : la société s’inscrit dans un écosystème global d’innovations axées sur l’économie circulaire.

Pour le consommateur final, cette montée en puissance pourrait conduire à des produits plus légers, plus robustes et moins polluants. Dans les industries du transport, cela se traduira par des véhicules moins énergivores. Dans le sport, par des équipements haute performance accessibles à un public plus large. Dans l’électronique, par des appareils moins gourmands en ressources naturelles.

Enfin, l’impact écologique est au cœur des priorités. Chaque fibre de carbone recyclée évite l’extraction de nouvelles matières, limite les émissions de CO2 et réduit la quantité de déchets incinérés ou enfouis. Dans un contexte de raréfaction des ressources et d’urgence climatique, ce modèle représente une avancée concrète que peu d’acteurs sont capables de proposer aujourd’hui.

Un pas décisif vers la circularité

Le chemin vers une industrie circulaire est encore jalonné d’obstacles. Il faudra maintenir la compétitivité-coût, garantir la régularité des approvisionnements en déchets de carbone et continuer d’innover pour améliorer la performance des composites recyclés. Mais cette levée de fonds de 51,5 millions d’euros donne à Fairmat les moyens de ses ambitions : construire un réseau international de production et prouver que l’économie circulaire n’est pas un simple slogan, mais un véritable levier de compétitivité.

Les défis de la neutralité carbone, du recyclage systémique et de la souveraineté industrielle font écho à la démarche de Fairmat. À l’heure où les gouvernements se penchent sur des stratégies énergétiques et environnementales de plus en plus strictes, cette entreprise française, désormais soutenue par des investisseurs de renom, incarne la possibilité d’une transition industrielle réussie.

Cette nouvelle ère promet de concilier exigences économiques et responsabilité environnementale, ouvrant la voie à un modèle où chaque déchet devient une ressource, et où l’innovation s’épanouit au service de la planète.