AS DesCartes vient de partager une nouvelle dans le secteur de la restauration collective : cette association, mobilisée sur le terrain de la nutrition durable depuis plusieurs années, a décroché le Trophée de la Nutrition Durable 2025 en catégorie « restauration collective en gestion directe », lors du Salon de l’Agriculture, mercredi 26 février 2025.

Une récompense qui souligne l’innovation au service du collectif

Cette distinction met en lumière la volonté affirmée d’AS DesCartes d’orienter ses activités vers la préservation de l’environnement et la valorisation d’une alimentation équilibrée. L’initiative, soutenue par le Réseau Restau’Co, met en concurrence des structures engagées : administrations, établissements scolaires, entreprises publiques ou encore restaurants associatifs. Obtenir le Trophée de la Nutrition Durable en 2025 signifie pour AS DesCartes une consécration de plusieurs années de travail, amorcé dès 2018.

Plus qu’un simple trophée, c’est un symbole d’ambition économique et légale : la restauration collective en gestion directe doit respecter une multitude de réglementations françaises et européennes, notamment sur la qualité des aliments, l’hygiène, le traitement des biodéchets ou encore l’emploi de produits labellisés. Cette victoire renforce la légitimité d’AS DesCartes dans un secteur en pleine transformation, soutenu par des dynamiques législatives fortes comme la loi Egalim.

Nouvelle visibilité pour les actions responsables d’AS DesCartes

L’association AS DesCartes n’est pas née de rien : elle est le fruit d’une alliance stratégique et historique entre d’anciennes structures associatives qui, dès les années 1980, cherchaient à améliorer le quotidien des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur dans le 5e arrondissement de Paris. D’abord nommée ASCL (Association Sociale et Culturelle de la Logistique) et AURA (Association Universitaire et de Recherche Alimentaire), la fusion de leurs moyens est devenue réalité en 2019. Le 23 juillet 2020, ASCL prend officiellement le nom d’AS DesCartes, et se voit confier dès le 1er septembre 2020 la restauration en remplacement de l’ex-AURA.

Cette genèse atypique, soutenue à ses débuts par de grands noms du ministère de la Recherche et de l’Enseignement supérieur, s’est concrétisée par l’ouverture d’offres de restauration collective à tarifs accessibles. Implantée désormais à travers diverses antennes, l’association innove en proposant non seulement des solutions de restauration de qualité à un prix social, mais aussi un panel d’activités culturelles, sportives et de loisirs à destination de publics variés – principalement les personnels de la recherche (CNRS, Collège de France, Université Paris 1, etc.) et d’autres ministères implantés dans le quartier.

ASCL et AURA sont créées en 1983 pour soutenir la communauté universitaire et de recherche à Paris. Au fil du temps, ces associations mutualisent leurs ressources pour offrir une restauration solidaire et des activités à forte valeur ajoutée. En 2019, elles unissent leurs forces pour devenir AS DesCartes, une seule et même structure moderne, née de cet héritage historique.

En 2025, l’équipe pilotée par Emmanuel Picard, parrain de l’association sur le concours, et par les membres actifs issus de différentes entités publiques, a franchi un nouveau cap : en décrochant ce trophée national, elle prouve sa capacité à mettre en œuvre des pratiques pionnières en matière d’achats responsables, de lutte contre le gaspillage et de valorisation des filières agricoles françaises.

Qui est vraiment AS DesCartes ? Un acteur au cœur de la solidarité

En France, les associations loi 1901 peuvent revêtir différentes formes : simples groupements, fondations reconnues d’utilité publique, ou structures hybrides affiliées à l’Économie Sociale et Solidaire (ESS). AS DesCartes se positionne comme une association sociale et solidaire dont la mission principale est de garantir un service de restauration collective à la fois accessible et durable, en cohérence avec les objectifs fixés par la législation.

Dans le détail, l’association s’adresse principalement aux personnels de l’ESRI (Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation) et aux agents de l’ENS (École Normale Supérieure), sans oublier d’autres fonctionnaires rattachés à divers ministères qui peuvent bénéficier de ses services. L’idée maîtresse : maintenir un lien de proximité et préserver une qualité nutritionnelle irréprochable, tout en répondant aux impératifs budgétaires des usagers et aux nouvelles exigences environnementales.

Cette démarche solidaire va bien au-delà du restaurant. L’association propose également des offres culturelles, artistiques et ludiques. L’objectif est de renforcer la cohésion sociale dans un milieu professionnel souvent exigeant. Au-delà de la simple restauration, il s’agit de créer de véritables lieux d’échange où les personnels peuvent se retrouver, s’informer et se détendre.

Depuis 2018, un virage majeur s’est opéré dans la politique interne de l’association, avec la volonté d’accroître la part des produits biologiques, de favoriser l’approvisionnement local et d’éveiller la conscience collective sur le contenu de l’assiette. Ce tournant est étroitement lié à l’entrée en vigueur de la loi Egalim, qui impose un cadre légal favorisant l’amélioration de la qualité des repas servis en restauration collective publique ou privée.

Les Trophées de la Nutrition Durable : un dispositif au rayonnement grandissant

Le concours « Trophées de la Nutrition Durable », organisé par Bleu-Blanc-Cœur en coopération avec Réseau Restau’Co, valorise chaque année des entités qui excellent dans l’intégration d’une démarche éco-responsable et nutritivement optimisée. Le jury évalue des critères tels que la diversité des produits proposés, la part de produits labellisés Bleu-Blanc-Cœur, la récurrence de ceux-ci, les actions de sensibilisation mises en œuvre, ainsi que l’effort pour s’approvisionner en produits de qualité (Label Rouge, AOP, IGP, etc.).

Le 26 février 2025, au Salon de l’Agriculture, AS DesCartes a donc raflé la distinction dans la catégorie « restauration collective en gestion directe », devant plusieurs structures concurrentes. Depuis la création de ces trophées, la sélection s’est étoffée et diversifiée : on y retrouve des acteurs publics, mais également des entreprises privées souhaitant promouvoir une alimentation résolument tournée vers la santé et la sauvegarde de la planète.

Bon à savoir : distinction « en gestion directe »

En « gestion directe », l’établissement ou l’association assume elle-même la responsabilité de la production des repas, depuis l’approvisionnement jusqu’à la distribution aux convives, contrairement à un modèle délégué où l’on externalise la partie restauration. Ce mode de fonctionnement offre une meilleure maîtrise des achats et une plus grande flexibilité dans la sélection de produits de qualité et durables.

Cette victoire confère à AS DesCartes un visage plus visible au sein du secteur de la restauration collective. Elle y gagne une réputation de partenaire fiable pour tous ceux qui cherchent à approfondir une démarche alimentaire sérieuse, répondant à des standards nutritionnels stricts et à des impératifs de performance environnementale.

Critères d’évaluation : la quête de la qualité et de l’approvisionnement local

Les Trophées de la Nutrition Durable offrent une grille d’analyse exigeante. Les membres du jury, souvent issus du monde agricole, de la nutrition et de la restauration, passent au crible plusieurs paramètres :

  • Diversité des produits Bleu-Blanc-Cœur : le concours valorise les restaurations collectives qui s’efforcent d’introduire un éventail large de produits labellisés (viandes, produits laitiers, œufs, etc.).
  • Pourcentage d’achats de produits Bleu-Blanc-Cœur : c’est un indicateur clés sur l’engagement de la structure dans une démarche vertueuse.
  • Récurrence des produits : plus l’introduction de produits responsables est fréquente, plus la note s’élève.
  • Mise en valeur auprès des convives : ateliers, affichages ou animations pédagogiques sont pris en compte pour sensibiliser les usagers.
  • Autres démarches de qualité : labellisations et partenariats complémentaires (Label Rouge, AB, AOP…), tout est passé en revue.

À la suite des délibérations, il est apparu qu’AS DesCartes respectait largement l’ensemble de ces points. Son taux d’intégration de produits Bleu-Blanc-Cœur et de produits biologiques lui confère une avance significative sur la moyenne nationale. De plus, l’association a mené plusieurs campagnes de communication, tant en interne qu’auprès de ses fournisseurs, pour promouvoir les efforts réalisés dans le sens d’une alimentation plus saine.

Bleu-Blanc-Cœur est une démarche visant à repenser l’alimentation animale pour améliorer les apports en nutriments essentiels (Oméga 3, etc.) dans l’élevage. Les produits qui en résultent (viande, œufs, lait, etc.) offrent un meilleur équilibre nutritionnel. Ainsi, la chaîne alimentaire se veut plus respectueuse de l’environnement et de la santé des consommateurs.

Un équilibre légal : la loi Egalim et ses implications

Si la restauration collective est au centre de l’attention en France, c’est en grande partie grâce à la loi Egalim (officiellement nommée « loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable »), votée en 2018. Cette loi impulse une dynamique visant à :

  • Promouvoir 20 % de produits issus de l’agriculture biologique dans les repas servis dans la restauration collective publique.
  • Incorporer au moins 50 % de produits de qualité et durables, y compris les labels officiels (AOP, IGP, Label Rouge, HVE, etc.).
  • Réduire les déchets et le plastique à usage unique, tout en encourageant le tri à la source des biodéchets.

Dans ce contexte, la performance d’AS DesCartes est remarquable : 20 % de produits issus de l’agriculture biologique et plus de 50 % de denrées certifiées. Pour y parvenir, l’association s’appuie sur un réseau de fournisseurs engagés, parmi lesquels on retrouve la Charcuterie Cosme ou encore la Laiterie De Nous à Vous. Ces partenariats se sont bâtis dans la durée et visent à maintenir un niveau d’exigence élevé tout en maîtrisant les coûts de production et de distribution.

Pour les experts de la finance et de la comptabilité, respecter la loi Egalim soulève souvent des questions de budgétisation. L’achat de produits bio ou labellisés peut en effet générer un surcoût. Toutefois, AS DesCartes a su négocier, planifier et organiser ses achats de manière à préserver un tarif social pour ses convives.

Certains y voient même un modèle économique transposable dans d’autres contextes, prouvant qu’il est possible de concilier qualité, environnement et équilibre budgétaire dans un cadre associatif. D’ailleurs, l’association a bénéficié de l’accompagnement et des conseils de Margo Harley, ancienne directrice d’AURI (structure affiliée au ministère de l’Agriculture), qui a participé à l’essor initial de ce projet novateur. Cette coopération interassociative a permis de franchir des étapes cruciales, notamment en matière de formation du personnel à la préparation et la manipulation de produits sensibles.

Bleu-Blanc-Cœur : d’association à SCIC, un tournant stratégique

Organisateur des Trophées de la Nutrition Durable, Bleu-Blanc-Cœur opère lui-même un changement de paradigme. Longtemps simple association, ce collectif s’est transformé en SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) en 2024, marquant sa volonté de s’ancrer plus profondément dans l’Économie Sociale et Solidaire. Ce passage en SCIC signifie que toutes les parties prenantes (éleveurs, distributeurs, consommateurs, partenaires institutionnels) peuvent détenir des parts au sein de la structure et prendre part aux décisions stratégiques.

Cette transformation n’est pas uniquement statutaire : elle reflète une ambition grandissante de fédérer la filière agricole sous un label nutritionnel commun. Dans le cadre de la SCIC, chaque maillon de la chaîne alimentaire peut faire valoir ses contraintes et optimiser ses process. Au final, on aboutit à des produits mieux adaptés à la demande sociale (moins de matières grasses saturées, plus d’Oméga 3, traçabilité accrue).

Par ailleurs, la montée en puissance de Bleu-Blanc-Cœur est soutenue par un réseau de plus de 7 000 éleveurs, quelque 900 structures membres (marques, coopératives, distributeurs, etc.), et plus de 32 000 citoyens qui adhèrent à la démarche pour des raisons éthiques et de santé. Parmi ces citoyens, on compte 4 000 professionnels de santé et 1 000 métiers de bouche, dont certains se sont érigés en ambassadeurs pour promouvoir la dynamique Bleu-Blanc-Cœur au quotidien.

La Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC) est un statut juridique français qui appartient à l’Économie Sociale et Solidaire. Elle rassemble divers acteurs (salariés, collectivités, bénéficiaires, partenaires financiers) dans son capital. Les décisions sont prises de manière démocratique (une personne = une voix). Elle concilie viabilité économique et utilité sociale.

Le trophée 2025 : opportunité d’expansion et de notoriété

Pour AS DesCartes, la remise du trophée en février 2025 s’accompagne de perspectives stratégiques pour l’avenir. Dans le monde de l’entreprise, la notoriété est un levier majeur de développement. Les collectivités locales, les établissements d’enseignement et de recherche, ainsi que les groupements de restauration, scrutent désormais l’actualité pour repérer les acteurs modèles. Porter le titre de lauréat Trophée de la Nutrition Durable ouvre des portes et suscite de nouvelles demandes de partenariats.

De plus, cette reconnaissance contribue à consolider la crédibilité financière de l’association. Elle peut faciliter l’accès à des subventions, à des prêts à taux bonifiés ou à des dispositifs de soutien public réservés aux organisations œuvrant pour la transition écologique et sociale. Ainsi, l’impact économique va de pair avec l’empreinte sociétale, favorisant une croissance maîtrisée et solidaire.

Sur un plan purement juridique, la mise en lumière d’AS DesCartes pourrait inciter la structure à élargir ses statuts ou à formaliser davantage ses relations avec les fournisseurs. Ainsi, la signature de conventions-cadres ou l’obtention de certifications supplémentaires (HVE, Agriculture Biologique, etc.) permettrait de conforter les partenariats en vue de soutenir un approvisionnement toujours plus responsable et local.

Partenaires et fournisseurs : un écosystème qui renforce la qualité

La réussite d’AS DesCartes ne saurait être dissociée de ses partenaires. La Charcuterie Cosme, notamment, collabore avec l’association depuis 2018, proposant des produits élaborés dans le respect d’un cahier des charges exigeant, tout en veillant à l’équilibre nutritionnel. De son côté, la Laiterie De Nous à Vous s’est illustrée en fournissant des laitages de haute qualité, issus d’un circuit court.

Dans l’univers de la restauration collective, la traçabilité et la transparence constituent des fondamentaux : ces deux partenaires jouent le jeu de la pédagogie en acceptant de communiquer sur leurs pratiques agricoles, leurs modes de production et leurs critères de sélection des matières premières. Cette démarche facilite la mise en place d’animations spécifiques, où les convives peuvent découvrir l’origine des aliments qu’ils consomment.

Au-delà du simple approvisionnement, ces entreprises partagent la même vision qu’AS DesCartes : développer un modèle économique profitable, mais respectueux de l’environnement et bénéfique pour le consommateur final. Le trophée décroché en 2025 confirme la solidité de cette chaîne de valeurs et encourage l’ensemble des maillons à poursuivre dans cette direction.

Bon à savoir : impact économique de l’approvisionnement local

L’achat de produits agricoles dans un rayon géographique restreint (moins de 200 km) renforce le tissu économique local en soutenant les agriculteurs de proximité. Cette démarche réduit l’empreinte carbone des transports, favorise la fraîcheur des aliments et contribue à la résilience des territoires. Elle peut aussi engendrer une stabilité des prix, grâce à une meilleure maîtrise de la logistique.

Un secteur sous pression : la restauration collective face aux défis économiques et environnementaux

La restauration collective, qu’elle soit hospitalière, scolaire, d’entreprise ou associative, est soumise à des contraintes multiples. Sur le plan économique, il s’agit de concilier des budgets souvent limités avec la nécessité de rémunérer correctement les producteurs. Sur le plan écologique, la réduction du gaspillage alimentaire impose une logistique précise, une formation pointue du personnel et une sensibilisation continue des convives.

Les coûts de production sont par ailleurs en hausse, notamment sous l’influence de la flambée des matières premières ou de l’énergie. Les responsables de structures en gestion directe doivent donc trouver des solutions pérennes pour pérenniser l’offre de repas de qualité. AS DesCartes illustre qu’il est possible de maintenir le cap en s’appuyant sur un réseau coopératif et sur des réglementations qui encouragent le développement durable.

Enfin, l’exigence sociale n’a jamais été aussi forte : les convives ne se contentent plus de manger, ils veulent savoir l’origine des produits, la manière dont ils sont transformés et l’impact sur leur santé. L’émergence d’un tel état d’esprit participe à la montée des labels et des certifications, comme celles défendues par Bleu-Blanc-Cœur. Dans cette optique, le rôle d’une association comme AS DesCartes devient un moteur de changement, tant au niveau local que national.

Essor d’une restauration encore plus engagée

Derrière cette distinction, c’est tout un secteur qui s’active à repenser ses priorités. De nouvelles directives européennes, couplées aux lois françaises en faveur de l’ESS et de la durabilité, accentuent la pression sur les acteurs de la restauration. Toutefois, le succès d’AS DesCartes prouve qu’il est possible d’aligner intérêt général, contraintes budgétaires et innovation culinaire.

Après l’obtention de ce Trophée de la Nutrition Durable 2025, l’association entend continuer à innover. L’enjeu est de renforcer les formations du personnel en cuisine, afin de multiplier les recettes saines et créatives, tout en limitant autant que possible le recours à des ingrédients controversés (additifs, huile de palme, excès de sucres ajoutés, etc.). L’éducation des convives, en particulier des plus jeunes, reste un autre levier essentiel, afin de pérenniser les efforts sur la durée.

Si l’on se projette dans un futur proche, la dématérialisation des procédures d’achat, la transparence sur le cycle de vie des produits, ainsi que le déploiement de nouveaux contrats de filière pourraient voir le jour. Les entreprises, les collectivités et les associations désireuses de rejoindre la dynamique « Bleu-Blanc-Cœur » et de se hisser au niveau d’AS DesCartes ne manqueront pas de s’en inspirer.

Toute cette aventure illustre une voie d’avenir pour la restauration collective : intégrer des valeurs éthiques et écologiques dans chaque assiette, tout en assurant la soutenabilité financière et l’intérêt général.