Comment Kozoo révolutionne l'assurance animale en 2025 ?
Découvrez comment Kozoo, assureur mutuel, a transformé son activité tout en maîtrisant sa croissance et en améliorant la gestion des sinistres.

Assureur mutualiste né à La Rochelle en 2020, Kozoo s’est mué en trois ans en acteur qui bouscule l’assurance pour animaux. Effectifs en forte hausse, pivot opérationnel vers la gestion intégrée des sinistres, déménagements rapprochés et montée en gamme des outils : la jeune pousse accélère, portée par un marché en essor et un positionnement résolument orienté opérations.
Hypercroissance maîtrisée chez kozoo : effectifs, méthodes et cap rh
En 2025, Kozoo revendique 26 salariés contre 3 fin 2022. Soit une multiplication par près de neuf en moins de trois ans. Peu de start-up d’assurance parviennent à un tel changement d’échelle sans dégradation de la qualité de service.
La direction a assumé une ligne claire : sécuriser l’exécution avant de massifier. Concrètement, l’entreprise a externalisé certaines fonctions au démarrage, puis a internalisé en CDI dès que les processus étaient stabilisés. Les recrutements en gestion des sinistres ont été opérés exclusivement en CDI, tandis que le commercial a d’abord été confié à des prestataires avant de basculer en embauches directes une fois le savoir-faire éprouvé.
Ce choix n’est pas neutre : le temps d’apprentissage est plus court, la culture d’entreprise est préservée et la montée en charge ne sacrifie ni la conformité ni l’expérience client. Le fondateur, formé chez Macif et Banque Populaire, a transposé des réflexes de grands groupes à une organisation agile, avec des recrutements ciblés sur l’encadrement des opérations et l’acquisition digitale.
Chiffres clés emploi et structure
La trajectoire de Kozoo illustre l’impact des arbitrages RH et immobiliers sur une start-up d’assurance :
- Effectifs : de 3 personnes fin 2022 à 26 en 2025.
- Contrats : priorité donnée aux CDI pour la gestion des sinistres et les fonctions cœur.
- Immobilier : trois sites en trois ans, dont un plateau de 400 m² acquis en 2025 avec moitié des surfaces louées à des tiers.
- Externalisations ciblées : paie, comptabilité sociale et informatique de proximité.
Modèle réarchitecturé : de courtier distributeur à gestionnaire intégré
Le point d’inflexion remonte à fin 2022. Kozoo, jusque-là courtier-distributeur pour Generali, reprend en main la gestion des sinistres et change de porteur de risque pour s’adosser à la compagnie suédoise Nordic Guarantee en novembre 2022.
Ce pivot s’accompagne d’un financement apporté par Corelation Partner, un family office sud-africain basé à Londres. Après une année de recherche d’investisseurs en France, l’entreprise trouve hors de l’Hexagone des interlocuteurs plus familiers des performances attendues dans l’assurance animaux. Le Royaume-Uni, plus mature sur ce segment, a été plus réceptif à la prise de risque sectorielle.
Cette reconfiguration a un effet direct : montée en compétence interne, contrôle des délais d’indemnisation et alignement plus serré entre tarification, souscription et sinistres. Elle entraîne aussi des obligations prudentielles et de conformité accrues, du fait de la proximité opérationnelle avec le porteur de risque.
Le passage à une gestion internalisée rebat les cartes :
- Gouvernance : processus de validation des indemnisations, traçabilité et contrôle interne renforcé.
- Qualité de service : délais de traitement plus lisibles et relation client centralisée.
- Data : meilleure granularité statistique pour calibrer franchises, plafonds et exclusions.
- Réglementaire : articulation DDA, gestion des conflits d’intérêts et pilotage de la sous-traitance critique.
Exemple avec kozoo : migration de porteur et montée en gamme opérationnelle
Le changement de porteur en novembre 2022 a été suivi par des recrutements clés : responsable des opérations côté business et responsable des acquisitions en marketing-communication. Ces profils pivot ont servi de multiplicateurs d’efficacité, en alignant acquisition, souscription et gestion des sinistres.
Le siège a été transféré au Village by CA à La Rochelle, avant un passage par un site de l’agglomération et l’achat d’un plateau à Périgny. En filigrane : une volonté de coller au rythme de croissance tout en limitant l’inertie immobilière.
Tarifs, demande et intensité concurrentielle sur l’assurance animaux en 2025
Le marché français de l’assurance chiens et chats affiche une dynamique soutenue, confirmée par la baisse des tarifs moyens affichés par les acteurs les plus offensifs. Les primes mensuelles observées en 2025 sont de l’ordre de 12 euros pour les chiens et 10 euros pour les chats (LeComparateurAssurance.com, juillet 2025).
Cette tension à la baisse est le produit de trois forces : une base de clients élargie, une concurrence numérique focalisée sur l’acquisition et des process de sinistres fluidifiés par le SaaS. L’appétit pour la couverture santé animale progresse, stimulé par l’augmentation du coût des soins vétérinaires et la sensibilité accrue au bien-être animal.
Sur le plan macroéconomique, la confiance des ménages est inférieure à sa moyenne de long terme à 88 points en mai 2025, mais le niveau de vie médian a progressé en 2023. Ce mix favorise les acteurs capables de proposer un bon ratio garantie-prix et de maîtriser les frais de gestion, condition d’une croissance durable des portefeuilles néo-assureurs.
Repères de marché 2025 à surveiller
- Prix moyens : chiens 12 €, chats 10 € avec une concurrence qui comprime les marges d’acquisition.
- Distribution : montée des canaux BtoBtoC et de l’affiliation pour réduire le coût d’acquisition client.
- Produit : importance des garanties lisibles et de l’IPID, avec gestion fine des exclusions et délais de carence.
- Unit economics : arbitrage permanent entre sinistralité, frais de gestion et vitesse d’expansion du portefeuille.
Deux rôles complémentaires structurent le secteur :
- Le courtier conçoit et distribue, gère la relation client, optimise l’acquisition et anime le réseau. Il peut piloter des délégations de gestion.
- Le porteur de risque supporte la sinistralité, fixe les règles de souscription, impose des standards de contrôle et provisionne selon Solvabilité II.
Le passage d’un modèle à l’autre ne change pas que la technique : il impacte la gouvernance, la data et la marge.
Immobilier et opérations : déménagements rapprochés et arbitrages capitalistiques
La trajectoire immobilière de Kozoo est rapide et cohérente avec sa montée en puissance. Début 2023, trois personnes partageaient un bureau de moins de 20 m² au Village by CA. Un an plus tard, la société loue un espace de l’agglomération de La Rochelle au Sextant, pour douze mois.
En juin 2025, place à l’achat : un plateau de 400 m² à Périgny, dont la moitié est occupée par l’entreprise et l’autre moitié louée à des tiers. Intérêt financier : mutualiser les charges, générer un flux locatif et garder une réserve de croissance interne sans déménager à court terme.
Périgny : ancrage territorial et organisation de la croissance
Le choix de Périgny illustre une stratégie de proximité avec l’écosystème rochelais, tout en offrant des capacités d’extension. Sur le plan opérationnel, le passage de sites temporaires à un actif immobilisé donne de la visibilité et réduit la volatilité liée aux baux de courte durée.
La location de la moitié du plateau agit comme amortisseur financier. En période d’hypercroissance, cette ingénierie immobilière limite les à-coups de trésorerie tout en facilitant l’onboarding d’équipes élargies.
Baux commerciaux ou achat : angles juridiques à ne pas négliger
Les assurtechs en croissance arbitrent entre flexibilité locative et solidité patrimoniale :
- Baux : clauses de sous-location, indexation, travaux d’aménagement et charges récupérables à cadrer précisément.
- Achat : structuration de l’actif, copropriété, conformité ERP, assurance multirisque et conditions de mise en location partielle.
- Fiscalité : régime des amortissements, TVA sur les loyers, et articulation avec les besoins en cash d’hypercroissance.
Outils et systèmes : informatique de proximité externalisée, saas et sécurité
La montée en puissance a mis l’IT au cœur de l’exécution. Au démarrage, les ordinateurs étaient achetés en retail. Désormais, un gestionnaire de parc et un prestataire IT assurent la maintenance, la sécurité, le réseau et les déploiements. Un choix assumé, même s’il est coûteux à court terme pour une jeune pousse.
Dans un stack largement composé d’outils SaaS, l’enjeu est moins l’infrastructure que la cohérence des identités, des droits et de la traçabilité. L’outillage professionnel limite les incidents, permet le télédiagnostic, et sécurise les accès administrateurs sensibles.
Kozoo : politique outillage et exigences de production
Pour une chaîne de valeur d’assurance animée par la vitesse d’instruction et la qualité d’indemnisation, l’IT de proximité n’est pas un luxe. Elle garantit que la disponibilité des postes et des connexions ne bride pas la productivité, surtout quand la volumétrie des dossiers grimpe avec les effectifs.
La gestion centralisée des terminaux et des applications s’aligne aussi avec les obligations de protection des données et les attentes du porteur de risque en matière de contrôle interne.
Quelques points de contrôle utiles dans un contexte de délégation de gestion :
- Gestion des identités : SSO, MFA, rotation des droits et révocation automatisée à la sortie d’un collaborateur.
- Chiffrement : disques chiffrés et gestion des clés séparée des environnements de production.
- Journalisation : logs centralisés, rétention, et alertes en temps réel sur accès sensibles.
- Plans : PRA et sauvegardes testées, avec rétablissement documenté.
Ressources humaines : cdi, externalisations ciblées et pilotage interne
Sur le terrain social, Kozoo a privilégié la stabilité. Les contrats à durée indéterminée sont la norme sur les fonctions cœur. Les alternants et stagiaires sont mobilisés pour la communication et les réseaux sociaux, où l’itération et la création de contenus sont quasi continues.
La paie et l’administratif social ont été confiés à un prestataire externe, le cabinet Coriolis. Cette externalisation limite les risques d’erreur sur les déclarations et libère du temps managérial. La direction, qui assure elle-même la fonction DRH, conserve le pilotage du recrutement, de l’intégration et des plannings en coordination avec les managers.
Process rh : sécuriser d’abord, internaliser ensuite
Le séquencement des embauches illustre une logique d’apprentissage : d’abord des prestations externes pour éprouver l’organisation, puis des CDI lorsque les processus sont stabilisés. Cette stratégie explique la pente rapide d’effectif constatée en 2024 et 2025.
À moyen terme, l’arrivée d’un profil RH dédié pourrait structurer une GPEC, prioriser les formations et piloter les entretiens professionnels à l’échelle, avec une attention particulière à la prévention des risques psychosociaux dans un contexte d’hypercroissance.
Obligations sociales à l’approche des seuils
La dynamique d’effectif appelle à anticiper :
- Seuils : information-consultation du personnel, négociation obligatoire, mise en place ou renforcement du CSE.
- Formation : documentation des compétences, plan de développement des compétences et suivi des entretiens.
- Data RH : sécurisation des données personnelles des salariés, registre du personnel et conformité paie.
Financement et gouvernance : arbitrages d’investisseurs et cap opérationnel
Le financement apporté par Corelation Partner a servi de catalyseur. Les investisseurs fixent des ambitions élevées de croissance, dans la lignée des standards anglo-saxons sur l’assurance animaux. La gouvernance s’est structurée autour d’un double cap : maîtriser la qualité d’indemnisation et accélérer l’acquisition.
Cette combinaison suppose une discipline financière stricte. L’intégration de la gestion des sinistres permet d’agir sur le coût de gestion et sur la satisfaction client. En contrepartie, l’entreprise doit se doter de contrôles internes solides, crédibles aux yeux du porteur de risque et des partenaires de distribution.
Kozoo : dispositif de conformité opérationnelle
Si la société n’a pas détaillé publiquement son dispositif, la logique du secteur impose des fondamentaux : cartographie des risques opérationnels, revue des délégations, politique de réclamations clients et dispositifs anti-fraude proportionnés à la sinistralité du portefeuille. Le pilotage de ces chantiers est clé pour soutenir une croissance rapide sans détériorer les ratios techniques.
Le Royaume-Uni est un marché précurseur, avec un taux de pénétration de l’assurance animaux plus élevé qu’en France. Les fonds et family offices y ont développé :
- Des références de performance sur le LTV, la sinistralité et l’élasticité prix.
- Des grilles d’analyse sur l’efficacité opérationnelle à grande échelle.
- Une appétence au risque pour des acteurs capables de prouver leur exécution par la data et le NPS.
Transposé en France, cet état d’esprit pousse les assurtechs à prouver vite leur discipline opérationnelle.
Canaux btobtoc et accélération commerciale : vers une nouvelle étape
Kozoo s’appuie sur des partenariats de proximité avec des toiletteurs et pet-sitters, sources de trafic ciblé et peu coûteux en acquisition. Ce maillage permet de capter des moments de vie clés, tout en renforçant la recommandation locale, levier puissant dans l’assurance animaux.
À court terme, la direction poursuit un développement organique autour de ses forces : gestion de sinistres intégrée, produits lisibles et partenariats en aval. À moyen terme, une phase d’expansion dite "saison 3" pourrait combiner croissance externe et ouverture internationale, si la dynamique domestique continue d’absorber l’offre et si les capacités opérationnelles restent fluides.
Kozoo : stratégie et résultats
L’entreprise a déjà montré son aptitude à changer de dimension avec un enchaînement rare : changement de porteur, levée de fonds, internalisation des sinistres, triplé de sites, et x9 sur les effectifs. La clé de voûte reste l’exécution dans la durée, au bon niveau de coûts et de qualité.
La baisse des prix moyens sur le marché rend l’efficience opérationnelle encore plus décisive. C’est le terrain sur lequel Kozoo a placé ses pions dès fin 2022, en misant sur une organisation robuste et des recrutements ciblés.
La rochelle, un hub qui compte pour l’assurtech locale
Au-delà de l’entreprise, la trajectoire de Kozoo illustre le potentiel de l’agglomération rochelaise à attirer et ancrer des start-up d’assurance. Un emploi local créé dans les services à forte valeur ajoutée génère des externalités positives : sous-traitants IT, cabinets d’expertise sociale, immobilier d’entreprise.
Pour l’écosystème, l’exemple de Kozoo met en lumière une voie de croissance privilégiant l’excellence opérationnelle, l’outillage professionnel et l’équilibre financier. Si ce cap est tenu, la montée en charge commerciale et les éventuelles opérations de rapprochement pourraient installer un nouvel acteur de référence sur le segment de l’assurance animaux.
Une assurtech peut grandir vite sans se brûler les ailes : l’itinéraire de Kozoo le montre, à condition d’orchestrer RH, IT, immobilier et gestion des sinistres avec la même exigence que la conquête commerciale.