Comment ECP redynamise sa production après l'incendie ?
Découvrez comment ECP reconstruit ses sites à Vendargues et Moirans après l'incendie de 2023, visant une relance rapide et efficace.

ECP, PME héraultaise rompue aux procédés de nettoyage ultrapropres, a transformé l’épreuve en levier de développement. Après l’incendie de février 2023 qui a frappé son site historique de Montpellier, l’entreprise a engagé une reconstruction accélérée autour d’un nouvel outil à Vendargues et d’un renforcement massif de Moirans, en Isère. Capex, recrutement, salles blanches et nouvelles filières clients : la relance est désormais concrète.
Relance industrielle d’ecp : cap sur vendargues et moirans
La stratégie industrielle d’ECP repose sur un double mouvement : reconstruire un site de production de dernière génération à Vendargues, près de Montpellier, et muscler l’établissement de Moirans afin d’assurer la continuité d’activité et la résilience. Les équipes ont fixé un cap opérationnel clair : rétablir 90 % des volumes pré-incendie en 2025, puis dépasser le niveau de 2022 dès 2026.
Le nouveau site de l’Hérault est pensé pour les exigences de l’ultra-propreté : deux bâtiments de 2 400 m² et 850 m² accueillent des salles blanches, des lignes traversantes et des capacités de conditionnement multi-matériaux. À Moirans, le site a été étendu, les procédés harmonisés et les flux réorganisés afin d’absorber les volumes transférés depuis Montpellier.
Chronologie 2023 – 2025
9 février 2023 : sinistre majeur à Montpellier, dans le quartier du Millénaire. L’entrepôt de 3 000 m² est ravagé, entraînant une interruption brutale des opérations.
Printemps-été 2023 : sécurisation de la chaîne commerciale et réaffectation des volumes à Moirans. Les équipes montent en cadence, soutenues par les associés, les banques et les assurances.
2024 : lancement du projet Vendargues, avec un investissement global de 16 millions d’euros. CapIngelec intervient en clé en main sur les cleanrooms, en parallèle d’un projet en région grenobloise destiné au renforcement des capacités de décontamination (CapIngelec, 2024).
D’ici fin 2025 : arrivée des derniers équipements de décontamination et bouclage des validations qualifiées. ECP vise une remontée progressive de ses rendements et un rééquilibrage complet entre Hérault et Isère.
Capex et périmètre du projet
L’enveloppe de 16 millions d’euros couvre la construction, les cleanrooms, les lignes traversantes et les dispositifs de contrôle particulaire. Les flux ont été intégralement redessinés pour réduire les reprises, abaisser les risques de recontamination et fiabiliser le conditionnement final.
La part la plus structurante de l’investissement concerne la propreté des zones : classification des salles, sas de transfert, zonage sale-propre, monitoring particulaire, et traçabilité renforcée tout au long du cycle.
Organisation multi-sites et montée en résilience
Avant le sinistre, ECP était centrée sur Montpellier, avec un site satellite à Moirans. La nouvelle feuille de route renverse la logique : les deux sites visent une taille équivalente afin de réduire l’exposition à un incident unique et d’assurer la continuité de service vis-à-vis des 200 clients.
Ce double ancrage territorial crée des options industrielles : capacité de bascule inter-sites, allongement des plages de production et redondance des compétences critiques. C’est un virage stratégique notable pour une PME de 60 salariés.
Chiffres clés de la relance d’ECP
Quelques jalons financiers et industriels structurants pour comprendre l’ampleur du redémarrage :
- Investissement : 16 millions d’euros à Vendargues, focalisés sur les cleanrooms et la qualité.
- Capacité : objectifs de 90 % des volumes pré-2023 en 2025, dépassement attendu en 2026.
- Emploi : passage de 2 à 3 équipes par site, de 5 à 15 salariés par équipe selon la charge.
- Clientèle : 200 clients conservés, ouverture vers de nouvelles filières dont les gigafactories.
Conséquences de l’incendie du 9 février 2023 : choc opérationnel et riposte rapide
L’incendie du 9 février 2023 a détruit un entrepôt de 3 000 m² à Montpellier et désorganisé la production. Les flux logistiques, l’ordonnancement et la qualité se sont retrouvés sous tension, alors que l’entreprise devait sécuriser ses engagements auprès de 200 clients.
La direction a immédiatement activé un plan de continuité : replanification, arbitrages de portefeuilles, gestion des priorités clients et transferts de production vers l’Isère. Cette phase a permis de réduire la perte de capacités de 90 % à 60 % en quelques semaines.
Montpellier millénaire : le sinistre et la réponse
Situé dans le secteur du Millénaire, le site montpelliérain a été entièrement stoppé. L’entreprise a mobilisé ses partenaires financiers et assureurs pour financer la reprise et engager la reconstruction. La décision de ne pas reconstruire à l’identique a ouvert la voie à une approche plus résiliente : investir à Vendargues, dans un foncier mieux adapté et avec un design industriel modernisé.
L’appui des banques et des assurances a été déterminant pour garantir la trésorerie, avec une priorité donnée aux lignes critiques pour les marchés automobile, aéronautique et médical. Les commandes les plus sensibles en propreté particulaire ont été reroutées vers l’Isère.
Moirans : montée en puissance express
Le site de Moirans a servi de filet de sécurité. Les effectifs y ont bondi de 10 à 30 salariés dans les semaines post-incendie. Les surfaces en salles blanches sont passées de 100 m² à 520 m² sur un total de 1 700 m², avec des connexions créées entre zones pour fluidifier les flux.
Ce ramp-up a évité une rupture client. Les process ont été priorisés sur les pièces les plus sensibles, les cycles requalifiés et les contrôles renforcés. La direction a assumé des arbitrages pragmatiques afin de préserver la qualité, quitte à allonger ponctuellement certains délais.
La perte de capacité se mesure via des indicateurs combinés : heures-machine disponibles, taux d’utilisation, rendements en salles blanches, disponibilité des équipements critiques et compétences mobilisables. En pratique, une entreprise additionne les goulots d’étranglement, reconstitue un plan de charge réaliste et estime le delta avec la ligne de base pré-sinistre. L’exercice se réévalue chaque semaine pendant la phase de reprise.
Vendargues : un outil de production conçu pour l’ultra-propreté
Le choix de Vendargues marque un tournant : l’outil est dimensionné pour la qualité et la répétabilité des opérations de décontamination. Les deux bâtiments, 2 400 m² et 850 m², intègrent des salles blanches et des lignes traversantes qui séparent strictement les zones sales et propres.
À l’entrée, les pièces sont préparées, identifiées et orientées. En sortie, chaque lot bénéficie d’un conditionnement en atmosphère contrôlée, avec traçabilité complète. Le site traite des pièces en plastique, métal et verre pour des secteurs où la propreté particulaire conditionne la performance produit : aéronautique, automobile, médical.
Salles blanches et lignes traversantes
Les nouveaux équipements sont majoritairement traversants : une entrée en zone grise ou sale, un traitement en volume classé, puis une sortie en zone propre. Cette architecture réduit le risque de recontamination, sécurise le conditionnement, et simplifie la preuve qualité auprès des clients auditeurs.
La montée en gamme ne modifie pas le cœur des procédés, mais améliore l’efficience : réduction des manipulations, équilibrage des flux, et moindre variabilité des cycles. Certaines machines critiques, programmées en fin de 2025, parachèveront l’ensemble.
Procédés de nettoyage et marchés cibles
ECP couvre un spectre de besoins : dégraissage, décontamination particulaire, contrôles gravimétriques et visuels, puis emballage technique. L’enjeu est la stabilité de la propreté jusqu’au point d’usage chez le client. La logique de conditionnement en zone propre est donc centrale.
Les marchés adressés s’élargissent : la montée des gigafactories et de l’électronique de puissance stimule la demande de pièces sans particules ni traces, capables d’éviter les défauts en production. ECP se positionne sur ces chaînes où l’environnement de fabrication est aussi important que la pièce elle-même.
Les salles blanches sont classées de l’ISO 8 à l’ISO 1 selon la concentration maximale permise de particules. Chaque classe impose des contraintes sur la filtration, la tenue vestimentaire, les débits d’air et les procédures d’entrée-sortie. Pour un acteur du nettoyage de précision, l’enjeu est d’aligner la classe au niveau d’exigence client, tout en maîtrisant les coûts d’exploitation.
Process traversant : un standard de l’ultra-propreté
Un process traversant fait circuler les pièces d’une zone non classée vers une zone classée, sans retour en arrière. Avantages clés :
- Réduction des risques de recontamination grâce à l’absence d’allers-retours.
- Maîtrise des interfaces avec des sas et protocoles stricts.
- Traçabilité renforcée du début à la fin du cycle.
Emploi, compétences et continuité d’activité : le modèle social d’ecp
La relance industrielle s’accompagne d’une réorganisation du travail. Chaque site passe de 2 à 3 équipes, dimensionnées entre 5 et 15 salariés en fonction de la charge. L’objectif est d’allonger les plages de production, de lisser les pics de demande et d’accélérer les temps de cycle.
Ce format impose une discipline accrue sur la transmission de consignes, les habilitations en salles blanches, la métrologie et les procédés de conditionnement. Les formations portent autant sur la technique que sur les comportements en zone contrôlée.
Effectifs et rythmes de production
Chez ECP, la clé réside dans l’adéquation entre mix produits et niveau de classe des salles. Passer de 2 à 3 équipes permet de sécuriser les délais tout en conservant des créneaux de maintenance et de qualification des équipements.
La montée de Moirans à 30 salariés a démontré que la filière de recrutement local peut répondre rapidement, à condition d’anticiper les cycles de formation et de qualifier la polyvalence en amont.
Compétences critiques et formation
Les métiers pivots incluent les opérateurs de salle blanche, les techniciens qualité, les responsables de validation et les spécialistes en conditionnement technique. L’entreprise renforce ses pratiques de qualification et requalification pour maintenir une documentation irréprochable aux yeux des auditeurs.
L’effort de formation s’étend aux gestes métiers qui ne tolèrent pas l’improvisation : manipulation sans contamination, entretien des équipements critiques, respect du zoning et des sas.
Impacts territoriaux : Hérault et Isère en miroir
Les retombées locales sont visibles :
- Hérault : Vendargues attire des investissements industriels à haute valeur ajoutée, en lien avec l’aéronautique et le médical.
- Isère : Moirans bénéficie d’une montée en compétences et d’un arc client élargi vers la région grenobloise.
- Chantiers jumeaux : CapIngelec travaille à la fois en zone montpelliéraine et dans la sphère grenobloise, accélérant l’alignement des standards.
Cadre réglementaire et environnemental : conformité icpe et opportunités de transition
Les activités de décontamination et de nettoyage de précision s’exercent dans un périmètre ICPE. ECP n’a pas fait l’objet de mention de sanction administrative récente dans les registres publics consultés, ce qui traduit une attention portée aux procédures et à la maîtrise des risques.
L’ultra-propreté s’inscrit dans un mouvement industriel plus large : l’Insee a relevé que 59 % des établissements industriels de 20 salariés ou plus en région Provence-Alpes-Côte d’Azur ont réalisé des dépenses dédiées à la réduction de l’impact environnemental en 2022, signal d’un effort sectoriel soutenu (Insee, 2022).
Icpe : obligations clés pour le nettoyage de précision
Pour un acteur comme ECP, la conformité se joue sur plusieurs plans : gestion des rejets, traçabilité des déchets, prévention incendie, maîtrise des atmosphères contrôlées et des solvants éventuels. Les procédures ATEX peuvent intervenir selon les substances, tout comme des obligations de monitoring et de maintenance préventive renforcées.
La reconstruction a permis d’intégrer ces contraintes dès la conception des sites, avec un design qui favorise les circuiteages courts, la séparation des flux et la maintenance facilitée des systèmes critiques.
Investissements environnementaux et création de valeur
Dans les process d’ultra-propreté, l’enjeu environnemental croise la qualité : moins de reprises et de rebuts, c’est moins de déchets. À Vendargues, la hiérarchie des flux et le conditionnement final en zone propre doivent réduire les non-conformités en aval de la supply chain.
Les filières automobile, aéronautique et médical y trouvent un intérêt direct : réduction des coûts cachés de non-qualité, stabilité des process et meilleure assurance qualité chez leurs propres clients finaux.
Les opérations de nettoyage génèrent des déchets spécifiques : matériaux filtrants, gants et EPI, consommables de contrôle et solvants résiduels selon les procédés. Leur gestion suppose un tri rigoureux, des filières d’élimination adaptées et une traçabilité documentaire strictement alignée aux exigences ICPE. Anticiper ces flux dès la conception limite les surcoûts d’exploitation.
Qui est ecp ? une pme de niche, 200 clients et une montée en gamme assumée
ECP est une PME spécialisée dans le nettoyage ultrapropres pour des pièces sensibles aux particules, polluants et micro-traces. Le modèle d’affaires combine des prestations de décontamination, de contrôle et de conditionnement, avec une documentation alignée aux attentes des filières les plus exigeantes.
Le portefeuille de 200 clients couvre des PME-ETI et des groupes. L’entreprise a préservé sa base commerciale malgré le sinistre, signe de la criticité de ses prestations dans des chaînes où le défaut particulaire peut compromettre une série de production.
Bases industrielles et gouvernance opérationnelle
La gouvernance s’est structurée autour d’un objectif simple : ne plus dépendre d’un seul site. D’où une symétrie recherchée entre Vendargues et Moirans, avec des équipements redondants et des procédures homogènes.
Cette organisation apporte une alternative en cas de tension : bascule de production, priorisation des lots critiques, et maintien des engagements contractuels grâce à des fenêtres de production étendues.
Ultrapropreté : ce que les donneurs d’ordre attendent
Au-delà du résultat de propreté, les clients exigent :
- Traçabilité documentaire de bout en bout, avec preuves de conformité.
- Reproductibilité des cycles, démontrée par des validations et requalifications planifiées.
- Conditionnement final contrôlé qui sécurise le transport et la mise en œuvre.
Relance commerciale : un carnet de devis au niveau de 2022 et de nouvelles filières en vue
La direction affiche une cible de 9,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Le nombre de devis émis au premier semestre 2025 rejoint celui de l’exercice 2022, dernière année pleine avant l’incendie. La dynamique commerciale s’appuie sur les audits clients et la montée en puissance progressive de Vendargues.
ECP entend dépasser le niveau de 2022 dès 2026. Plusieurs secteurs accélèrent : mobilité électrique, électronique de puissance, aéronautique, dispositifs médicaux. L’enjeu est d’aligner les cadences tout en gardant la maîtrise des coûts d’exploitation des salles blanches.
Pipeline de devis et audits clients
Les audits s’intensifient à l’approche des validations d’équipements. Côté clients, l’intérêt porte sur la preuve de stabilité des processus et la capacité à garantir le conditionnement final sans recontamination.
Le pilotage du carnet se place sous contrainte de charge capacitaire : ECP priorise les dossiers où l’exigence de propreté et la criticité logistique sont plus élevées. Le double site offre des options de planification plus robustes.
Gigafactories et montée en exigence
Les gigafactories sont un relais de croissance : le niveau d’exigence en propreté particulaire alimente la demande de prestations spécialisées. L’entreprise vise une place dans ces chaînes où la répétabilité et l’évidence documentaire sont des prérequis, pas des options.
À l’appui de cette trajectoire, les annonces de CapIngelec début 2024 confirment la reconstruction active des capacités en zone montpelliéraine et grenobloise, gage d’un outil consolidé au service des marchés les plus stricts.
À mesure que les tolérances produits se resserrent, le coût des défauts explose. Maîtriser la propreté en amont, c’est abaisser les rebuts, éviter des arrêts de ligne et fiabiliser la performance finale. Pour une PME comme ECP, transformer un savoir-faire de niche en avantage compétitif passe par l’industrialisation des preuves de qualité autant que par des équipements de pointe.
Après-crise : cap sur un équilibre montpellier – isère durable
La feuille de route d’ECP associe investissements ciblés, montée en compétence et duplication raisonnée des capacités. En structurant deux bases de taille comparable, l’entreprise adapte son modèle à des marchés qui ne tolèrent pas l’aléa.
L’épisode 2023 aura, paradoxalement, accéléré l’alignement aux standards les plus exigeants et renforcé l’assise commerciale. Reste à verrouiller l’ultime maillon : les derniers équipements de décontamination attendus d’ici fin 2025, qui scelleront le retour à pleine vitesse.
En conjuguant reconstruction, rigueur qualité et diversification sectorielle, ECP convertit une crise en levier de compétitivité, et installe une résilience industrielle au service des chaînes les plus sensibles.