Comment Blondel améliore son excellence opérationnelle ?
Découvrez comment Blondel, sous la direction de Luc Dumontet, booste sa performance et durabilité à Morcourt.

À Morcourt, un changement de braquet s’opère chez Blondel. Le groupe familial de transport et logistique installe une direction dédiée à l’excellence opérationnelle au cœur de sa Business Unit Industrie, confiée à Luc Dumontet. Objectif affiché : mesurer, industrialiser et diffuser les meilleures pratiques pour gagner en performance, en durabilité et en sécurité, tout en renforçant les partenariats technologiques et industriels.
Gouvernance et cap stratégique : une direction de l’excellence opérationnelle chez blondel
Le Groupe Blondel confie à Luc Dumontet la responsabilité de l’excellence opérationnelle et de l’innovation au sein de sa Business Unit Industrie. Cette évolution de gouvernance vise à accélérer l’amélioration continue, structurer une feuille de route technologique et mieux fédérer l’écosystème de partenaires autour d’objectifs communs.
Âgé de 44 ans, ingénieur de formation, Luc Dumontet a rejoint Blondel en 2018 après une dizaine d’années dans l’agroalimentaire. Il a piloté des chantiers d’industrialisation et de transformation sur le site aérologistique de Rochefort, avec la création d’un hub dédié et le déploiement de solutions robotiques et de flux tirés, en collaboration avec Airbus Atlantic.
Le périmètre confié à cette nouvelle direction couvre trois axes : performance opérationnelle sur sites industriels, innovations technologiques au service de la productivité et de la sécurité, et diffusion des standards au sein des trois business units du groupe. L’enjeu consiste à outiller la prise de décision avec des indicateurs homogènes, à industrialiser les cas d’usage qui ont fait leurs preuves et à en organiser le déploiement sur l’ensemble du réseau.
Parcours et rôle de Luc Dumontet
Profil : ingénieur diplômé de l’Institut des Sciences et Techniques Agroalimentaires, expérience en production chez H. Mounier, puis transformation industrielle chez Blondel depuis 2018.
Mandat : consolider l’excellence opérationnelle, structurer la co-innovation avec des partenaires industriels et technologiques, accélérer l’industrialisation des bonnes pratiques.
Visée : aligner performance, sécurité et durabilité, avec une logique de scaling des solutions éprouvées.
La ligne directrice, affirmée par l’intéressé, tient en une phrase : « co-innover avec nos partenaires, industrialiser les bonnes pratiques et les diffuser à l’ensemble du groupe ». Cette ambition s’inscrit dans une conjoncture de réindustrialisation en France, de pressions sur les coûts et de fortes attentes environnementales pour le transport et la logistique.
Repères chiffrés et ambitions : effectifs, flotte et trajectoire de chiffre d’affaires
Le Groupe Blondel s’appuie sur des fondamentaux solides : près de 3 000 salariés, une flotte d’environ 1 800 moteurs, et un objectif de 500 millions d’euros de chiffre d’affaires pour l’exercice en cours (Le Figaro, 17 mars 2025). L’entreprise structure ses activités autour de trois Business Units, dont l’une dédiée aux services industriels, en appui de clients grands comptes dans l’aéronautique, l’énergie et le verre.
La BU Industrie rassemble 950 collaborateurs. Les équipes opèrent des prestations de logistique industrielle et de services associés, avec une attention particulière à la maîtrise des flux sensibles, à la fiabilité des délais et à la sécurité des opérations. Cette maille organisationnelle permet d’enclencher des programmes d’amélioration continue ambitieux, tout en adressant les spécificités sectorielles des clients.
Au-delà des volumes, la création récente d’une direction de l’excellence opérationnelle en BU Industrie traduit une volonté de passer à l’échelle : technologies prometteuses, méthodes lean et systèmes d’information doivent désormais se combiner avec discipline, afin de produire des gains mesurables sur les délais, la qualité et les émissions.
Les flux tirés synchronisent les approvisionnements sur la demande réelle, réduisant les stocks dormants et les ruptures. En logistique industrielle, cela suppose une planification fine, des boucles temps court et des signaux de réapprovisionnement fiables.
Les flux poussés reposent sur une planification amont. Ils peuvent gonfler les encours et générer des non-qualités si la demande varie.
Chez Blondel, le passage aux flux tirés sur le site de Rochefort a été accompagné par des indicateurs de pilotage et des solutions robotiques pour lisser les opérations et sécuriser les cadences.
Robotique et ia de terrain : déploiements ciblés sur sites industriels
Les équipes de Blondel renforcent l’automatisation des gestes à faible valeur ajoutée et la fiabilisation des flux grâce à des briques robotiques, du monitoring intelligent et des algorithmes d’IA prédictive. Ces dispositifs s’intègrent progressivement dans des environnements industriels exigeants, en particulier dans l’aéronautique.
La logique est pragmatique : partir de problèmes opérationnels concrets, concevoir des solutions standardisables et mesurer précisément les gains en sécurité, qualité et productivité. Les premiers résultats ont confirmé l’intérêt d’associer capteurs IoT, guidage opérateur et robots collaboratifs sur des séquences répétitives.
Airbus atlantic : hub aérologistique et flux tirés
À Rochefort, la structuration d’un hub logistique dédié a permis de stabiliser les délais, d’améliorer le contrôle des pièces sensibles et d’outiller la traçabilité. Le déploiement de solutions robotiques et l’adoption de flux tirés ont réduit les à-coups sur les encours, tout en renforçant la sécurité des opérateurs.
Le projet, piloté par les équipes de la BU Industrie, s’est accompagné d’un travail sur la qualité des données, préalable à l’IA prédictive. Les modèles s’alimentent de capteurs et d’historiques de flux pour anticiper les goulots, organiser les réapprovisionnements courts et déclencher des actions correctrices avant la dégradation des performances.
Service botics : robotique humanoïde et cobots en logistique
Blondel a initié une collaboration technologique avec la société parisienne Service Botics, afin de co-développer des robots adaptés à la logistique industrielle, incluant des modèles humanoïdes en phase d’évaluation. L’ambition est de confier aux robots des tâches répétitives et pénibles pour les opérateurs, et de fiabiliser les gestes critiques dans la manutention de composants aéronautiques (Voxlog, juin 2025).
Les cas d’usage ciblés portent sur le chargement et déchargement, la préparation de kits, l’alimentation des lignes ou la surveillance de zones à risques via capteurs et caméras intelligentes. La démarche reste pilotée par la sécurité et l’ergonomie, avec une attention particulière à la coactivité homme-robot et au respect des normes.
Potentiels : polyvalence gestuelle, intervention en environnements semi-structurés, réduction des risques pour les opérateurs sur des tâches répétitives.
Limites actuelles : autonomie énergétique, robustesse mécanique, vitesse de cycle et sécurité en coactivité.
Conditions de succès : cadrage ergonomique, cartographie fine des tâches, intégration IT-OT sans couture, formation des équipes et boucle de retour d’expérience pour stabiliser les cas d’usage.
Décarbonation et conformité : quels choix opérationnels pour une flotte plus sobre
La réduction de l’empreinte carbone est un pilier de la transformation engagée. Blondel explore les leviers disponibles pour une flotte plus sobre, de l’optimisation des itinéraires à la motorisation à faibles émissions, en passant par la consolidation des chargements et l’amélioration des taux de service pour éviter les trajets à vide.
Le pilotage s’articule autour de plans d’action combinant renouvellement d’actifs, éco-conduite, et numérisation avancée pour arbitrer le meilleur scénario de transport. Sur les sites industriels, la mutualisation des flux et la planification fine contribuent directement à la baisse des émissions, tout en améliorant la tenue des délais.
Rappels TVA et aérien : impacts pour les prestataires logistiques
Les opérations liées au transport aérien peuvent relever de régimes TVA spécifiques. La liste des compagnies aériennes réputées remplir les conditions du 4° du II de l’article 262 du CGI, publiée par l’administration fiscale, permet d’identifier les acteurs éligibles à certaines dispenses d’attestation auprès des fournisseurs. Pour un prestataire logistique, la conformité documentaire et la qualification correcte des opérations restent déterminantes pour sécuriser la chaîne de facturation.
Des projets de sécurité connectée s’ajoutent à la feuille de route, avec capteurs IoT et alertes temps réel pour encadrer les risques opérationnels. Cette approche évite les arrêts non planifiés et soutient la prévention des accidents, priorité absolue sur les sites à forte densité d’activité.
Électrique batterie : pertinent pour les courtes et moyennes distances avec infrastructures adaptées. Anticiper la gestion de charges et les cycles de batterie.
Biocarburants et HVO : leviers immédiats de réduction des émissions sur flotte existante, sous réserve d’acceptation motoriste et de qualité d’approvisionnement.
GNV et bioGNV : solution intermédiaire pour réduire les émissions et le bruit, à piloter selon la disponibilité des stations et les contraintes de charge utile.
Réseau de co-innovation : alliances industrielles et académiques au service du terrain
La nouvelle direction s’attache à construire un écosystème de co-innovation avec des partenaires technologiques et académiques. Outre la collaboration avec Service Botics, Blondel travaille à créer un laboratoire commun avec l’école d’ingénieurs Elisa Aerospace, afin d’aligner contraintes opérationnelles et recherches de pointe.
Finalité recherchée : accélérer la maturation de technologies à fort potentiel, notamment en prédiction des flux, en maintenance proactive et en planification automatique. Ce cadre favorise une montée en TRL des solutions et leur industrialisation dans des environnements clients exigeants.
Dans cette approche, la BU Industrie joue un rôle de terrain d’essai et de diffusion interne : les innovations y sont éprouvées, documentées, puis déployées sur d’autres sites lorsque le ROI est démontré. Les cycles d’itération sont courts, centrés sur des indicateurs tangibles de sécurité, qualité et productivité.
Cadre de test : définir un périmètre clair, un référentiel initial et une durée d’observation suffisante pour éviter les effets d’aubaine.
Indicateurs : OTD, fiabilité des délais, taux d’erreurs, incidents sécurité, taux d’utilisation des équipements, consommation énergétique.
Generalisation : documenter les prérequis, les limites et les efforts d’intégration IT-OT pour reproduire la performance sur d’autres sites sans dégradation.
La stratégie d’alliances s’aligne sur les priorités nationales d’innovation, qui encouragent la réindustrialisation et la souveraineté technologique. Elle favorise également la montée en compétence des équipes, en croisant compétences d’ingénierie, de data et d’opérations.
Qualité, sécurité, productivité : effets attendus et ordonnancement des priorités
Les premiers chantiers menés par la BU Industrie montrent que les gains les plus robustes proviennent d’une orchestration équilibrée entre procédures, technologies et capabilités humaines. Autrement dit, un robot mal intégré à un processus instable apportera peu, tandis que des équipes bien formées renforcées par des aides numériques et des flux tirés livrent des améliorations durables.
Sur la qualité, les gains attendus portent sur la réduction des non-conformités, la hausse de la traçabilité et une meilleure homogénéité d’exécution. En sécurité, l’introduction de dispositifs connectés multiplie les signaux faibles et facilite la prévention des accidents. La productivité bénéficie enfin de la synchronisation des flux, de la diminution des ruptures et d’une utilisation plus efficace des ressources.
La relation clients s’en trouve renforcée, notamment dans l’aéronautique où la maîtrise des délais, la clarté documentaire et la gestion des pièces critiques sont décisives. Les partenariats avec Airbus et Dassault Aviation illustrent une approche sur-mesure de la logistique, avec des hubs dédiés et des procédures calibrées pour des flux à haute criticité.
Trois piliers d’excellence opérationnelle à surveiller
- Standardisation : sécuriser les gestes clés et éviter les variantes non contrôlées.
- Mesure continue : indicateurs partagés, temps réel et boucles d’amélioration courtes.
- Diffusion : transposer les succès à d’autres sites avec un cahier des charges de déploiement.
Au chapitre environnemental, la décarbonation progresse via des initiatives concrètes sur la flotte et l’optimisation des flux. L’entreprise vise une baisse régulière de ses émissions, en cohérence avec les cadres nationaux et les attentes de ses donneurs d’ordre. La logique de co-innovation favorise des gains partagés avec l’écosystème, du fournisseur d’équipements au chargeur final.
Ce que le pari blondel dit de la logistique française
En créant une fonction transverse d’excellence opérationnelle et d’innovation, Blondel clarifie ses priorités : outiller la performance, ancrer la sécurité comme non négociable, et rendre la décarbonation compatible avec les contraintes économiques. Cette méthode, centrée sur des preuves par l’usage, a vocation à s’étendre au-delà de la BU Industrie.
Le mouvement engagé peut servir de référence à d’autres acteurs : regarder d’abord le terrain, sécuriser les cas d’usage et ne diffuser qu’une fois l’équation économique établie. Dans un contexte de chaînes d’approvisionnement mouvantes, c’est la capacité à industrialiser rapidement ce qui fonctionne qui fait la différence.
En articulant gouvernance, robotique utile et co-innovation avec l’écosystème, Blondel trace une voie concrète pour une logistique industrielle plus performante, plus sûre et plus sobre, fidèle aux exigences d’une économie française qui se réindustrialise.