Avec un regard tourné vers l’innovation et une volonté de façonner la prochaine génération de solutions de facturation, Hyperline fait parler d’elle.

Cette jeune pousse française, dirigée par Lucas Bédout et soutenue par Index Ventures, révolutionne le concept de la tarification récurrente, en intégrant des fonctionnalités telles que la facturation à l’usage et l’automatisation avancée.

Retour sur une trajectoire ascendante et un projet qui pourrait bien redéfinir l’avenir de la monétisation.

La naissance d’un nouvel acteur dans la facturation flexible

Hyperline a débuté avec une idée simple : permettre aux entreprises de s’affranchir des modèles de facturation figés, souvent centrés sur des abonnements mensuels ou annuels. Selon Lucas Bédout, l’un des cofondateurs, de nombreux professionnels ont besoin d’un outil plus agile, capable d’intégrer des offres complexes ou personnalisées. Bien qu’au départ, l’objectif était de proposer « un peu mieux » que les solutions existantes, l’équipe s’est vite rendu compte que le marché exigeait plus qu’une simple mise à niveau.

En 2023, la startup a levé 4 millions d’euros auprès d’Index Ventures, une somme initiale qui a servi de rampe de lancement. Depuis, la jeune société a construit une plateforme de facturation modulable, à la fois pour des abonnements récurrents, des transactions ponctuelles et même des tarifications basées sur l’usage réel. Aujourd’hui, l’idée n’est plus seulement de concurrencer les acteurs historiques : Hyperline veut être un orchestrateur de toute la chaîne de facturation.

En coulisses, il a fallu apporter une réponse adaptée aux demandes de plus en plus spécifiques de la clientèle, notamment en déchargeant les entreprises des tâches chronophages : envoi de factures, relances automatiques, génération de devis ou encore suivi des impayés. Pour bon nombre d’organisations, ces process passent de corvées répétitives à des flux entièrement automatisés.

Une seconde levée de fonds pour passer la vitesse supérieure

En 2025, Hyperline a annoncé avoir obtenu 10 millions de dollars supplémentaires d’Index Ventures, signant ainsi la volonté des investisseurs de miser à nouveau sur cette solution. Désormais, l’entreprise cumule plus de 14 millions de dollars au total. Cette injection de capital sert à accélérer la croissance, améliorer l’intégration logicielle et renforcer la présence de la startup sur le marché européen.

Pour Index Ventures, qui a notamment accompagné des pépites comme Adyen, Revolut ou encore Notion, l’enjeu est stratégique : miser sur un spécialiste du « revenue management » apte à suivre les mutations du marché. En effet, le besoin de nouveaux modèles de monétisation — du usage-based ou du pay-as-you-go, par exemple — ne cesse de croître, notamment avec l’essor des services d’IA et d’automatisation.

Le message partagé par Julia Andre, partner chez Index Ventures, est clair : en misant sur Hyperline, le fonds anticipe un bouleversement complet du marché de la facturation. À l’heure où l’abonnement standard ne suffit plus, la flexibilité et la capacité à ajuster les offres en temps réel s’imposent comme la priorité pour toutes les entreprises, de la jeune startup à la multinationale.

Index Ventures a dès le départ identifié le potentiel d’Hyperline. De la première rencontre aux rendez-vous de suivi, l’équipe dirigeante a su convaincre par ses objectifs clairs : automatiser massivement la facturation et réduire au maximum le temps alloué à la gestion des paiements.

Automatisation et gain de temps au cœur du dispositif

Gérer la facturation devient un défi dès que le volume de clients dépasse quelques centaines. Les retards de paiement, les erreurs dans les montants facturés ou la nécessité d’émettre des avoirs peuvent rapidement submerger une équipe financière. Hyperline propose donc de centraliser et d’automatiser ces tâches ingrates pour laisser les entreprises se consacrer à leur développement.

Plutôt que de construire un modèle reposant uniquement sur la facturation récurrente, la startup s’est attachée à intégrer plusieurs possibilités. Le but est de répondre à la demande de personnalisation : tarification à l’usage, offres hybrides, remises ponctuelles, intégration à des CRM et à des logiciels de comptabilité reconnus. Comme l’explique Lucas Bédout, l’objectif est de veiller à ce que chaque relevé, chaque facture, soit fiable et facile à traiter, quelle que soit la complexité du contrat.

Derrière l’aspect technique, Hyperline mise aussi sur l’aspect pédagogique. L’idée est de rendre la gestion des flux monétaires plus accessible, y compris pour les équipes non spécialisées. Qu’il s’agisse du service commercial générant des devis ou des équipes opérationnelles gérant la relation client, l’interface doit être simple, claire et robuste.

Hyperline comme interface unique pour les paiements

La startup ne se limite pas à la facturation. En effet, elle n’intervient pas en tant que processeur de paiement (comme Stripe ou GoCardless) mais se positionne en « orchestrateur » : les utilisateurs n’ont plus à jongler entre différents prestataires. Via Hyperline, ils peuvent piloter leurs paiements depuis une seule interface. Cela inclut la sélection du prestataire le plus adapté en fonction du pays ou du mode de règlement (carte bancaire, virement, prélèvement automatique, etc.).

Cette approche libère le client du casse-tête du multicanal. Plutôt que d’intégrer séparément plusieurs solutions, Hyperline vient servir de trait d’union en gérant la synchronisation, le suivi des paiements et l’édition des justificatifs. L’automatisation est également au rendez-vous : alertes pour les transactions échouées, envoi de rappels de paiement ou génération de factures de correction, tout est géré de A à Z.

Bon à savoir : orchestrer plusieurs solutions de paiement

Pourquoi est-ce essentiel ? Pour des entreprises qui opèrent à l’international ou qui proposent des méthodes de règlement variées, il est crucial de pouvoir basculer d’un prestataire à un autre sans friction. L’orchestration permet d’optimiser les taux d’acceptation et d’améliorer l’expérience client en s’adaptant automatiquement au contexte.

Qui est Hyperline ? L’ascension d’une startup française

Derrière la plateforme, on retrouve Lucas Bédout et Clément Garbay, cofondateurs qui ont souhaité s’attaquer à un segment de marché pourtant réputé compliqué : la finance opérationnelle et la facturation. Fondée en France, la société a rapidement entamé sa conquête, réunissant d’abord quelques bêta-testeurs en 2023, avant d’élargir sa base de clients l’année suivante.

Au fil des itérations, l’équipe d’Hyperline a développé un moteur de calcul capable de gérer toutes les complexités liées aux abonnements, aux remises, aux frais ponctuels ou même aux facturations par paliers. Cette flexibilité s’est avérée déterminante pour convaincre une clientèle variée. Selon leurs dirigeants, l’idée était « de construire le cœur de la prochaine génération d’outils de facturation ». Visiblement, les investisseurs et les utilisateurs y adhèrent.

Grâce à l’expertise acquise, Hyperline est passé de 5 bêta-testeurs à 150 clients actifs en 2024, traitant pas moins de 250 millions de dollars de paiements pour le compte de 100 000 clients finaux dans le monde. À ce stade, la startup se positionne comme un partenaire fiable et fait figure d’exemple au sein d’un secteur concurrentiel.

Étude de cas : quand Lokki adopte Hyperline

Parmi les sociétés séduites par cette solution, Lokki figure en bonne place. Spécialisée dans la location de matériel de sport, elle a dû composer avec la complexité de tarifs sur-mesure et la nécessité de facturer en plusieurs devises. Rapidement, Lokki a vu ses processus s’alourdir et la facturation manuelle entraîner des risques d’erreurs.

En adoptant Hyperline, l’entreprise a pu migrer ses 1 500 clients sur la nouvelle plateforme, sans engager de ressources de développement supplémentaires. Désormais, la création de contrats, la mise en place de modèles de prix hybrides (par exemple un abonnement complété par une facturation à l’usage) ou encore l’émission de factures se gèrent en quelques clics. Résultat : moins d’erreurs, une plus grande visibilité sur la trésorerie et davantage de temps pour se concentrer sur l’essentiel.

La tarification basée sur l’usage consiste à facturer le client en fonction de son utilisation réelle. C’est un modèle souple, apprécié notamment dans le domaine des logiciels et des services en ligne. Par exemple, une entreprise peut payer seulement pour le volume de données consommées ou le nombre d’utilisateurs actifs.

Des chiffres révélateurs d’une dynamique

En l’espace de dix-huit mois, Hyperline est passé d’une poignée de clients pilotes à plus de 150 entreprises : un élargissement significatif qui témoigne d’un attrait croissant pour ce type de solutions. Les premiers clients, majoritairement des entreprises générant entre 3 et 10 millions d’euros de revenus, ont laissé place à des sociétés plus grandes, dont certaines gèrent un volume de factures très important.

Autre indicateur de la réussite d’Hyperline : la diversité de ses secteurs d’activité clients. On y retrouve Lokki, Malou, ScorePlay, Gladia, Formance, Infinit, Veesion, Qobra ou encore Ocus, couvrant des univers variés comme le marketing, le SaaS B2B, la création de contenu et la location de services. Tous partagent le même besoin : optimiser et automatiser la facturation.

Avec ce large éventail de références, Hyperline s’est imposé comme un acteur digne de confiance, désormais perçu comme un partenaire incontournable pour des entreprises allant jusqu’à 100 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel récurrent (ARR) selon les perspectives avancées par la startup.

Un écosystème en expansion

Les intégrations font partie intégrante de la stratégie d’Hyperline. L’idée est de couvrir toutes les étapes : devis, contrat, facturation, paiement et comptabilité. Pour ce faire, la plateforme propose des connecteurs vers les outils de gestion les plus courants. L’API d’Hyperline permet également de pousser ou de récupérer des informations directement dans le logiciel, pour répondre à des besoins spécifiques, comme la facturation liée à la consommation réelle d’un service.

En parallèle, la société teste des partenariats avec des intégrateurs afin de s’adapter aux grandes entreprises qui souhaitent un accompagnement personnalisé. L’approche mise sur la fourniture d’une solution standardisée mais malléable, afin que chaque client puisse s’approprier l’outil sans lourdeur technique. L’accompagnement sur mesure devient alors un levier pour conquérir des marchés plus vastes.

Créer une plateforme couvrant un spectre aussi large n’est pas simple. Gestion des taxes, conversion multi-devises, intégration à des centaines de CRM différents… Hyperline a dû relever de nombreux défis, notamment pour assurer une fiabilité à grande échelle et répondre aux normes réglementaires (par ex. facturation électronique en France).

Le regard d’Index Ventures sur la mutation du marché

Index Ventures est connue pour son flair en matière de détection de startups à fort potentiel, ayant accompagné des sociétés comme Dropbox, Figma ou encore Slack. Dans le cas d’Hyperline, le fonds y voit une réponse concrète à la fragmentation du secteur de la facturation.

Pour Julia Andre, partner chez Index, la tendance va vers davantage de souplesse tarifaire et vers l’émergence de nouveaux modèles de monétisation. Les entreprises ne veulent plus se limiter à la simple facturation mensuelle. Elles cherchent à proposer des formules flexibles, mêlant par exemple un forfait de base avec un supplément facturé à la consommation réelle. Or, pour mettre en place ces mécanismes, il faut une plateforme robuste, capable de gérer la complexité et d’offrir une vue d’ensemble de tous les flux monétaires.

Le soutien renouvelé à hauteur de 10 millions de dollars reflète ainsi la volonté d’amplifier l’essor d’Hyperline. Le capital servira notamment à recruter une équipe plus importante, à développer encore davantage l’API et à parfaire les connecteurs vers d’autres solutions. C’est également un gage de confiance pour le marché, qui voit dans cette levée l’opportunité d’une véritable refonte de la facturation.

2024 : De la bêta privée à la conquête de centaines de clients

L’année 2024 a marqué un tournant décisif : passer de 5 testeurs à 150 clients actifs. Cela équivaut à gérer des milliers de nouvelles factures mensuelles, superviser des centaines de milliers de transactions et veiller à une conformité légale sur plusieurs territoires. Le tout, en offrant un accompagnement de qualité, condition indispensable pour garder la confiance des premières entreprises utilisatrices.

À mesure que la solution se stabilise, Hyperline consolide sa position. L’interface s’est enrichie, des fonctionnalités comme la facturation en bloc ou la réconciliation des paiements se sont ajoutées. Les équipes tech ont également renforcé la gestion du multi-devises pour répondre aux besoins d’entreprises qui vendent à l’international.

C’est également en 2024 qu’Hyperline a commencé à communiquer plus activement sur sa réussite, notamment à travers des témoignages clients et des démonstrations en ligne. Le bouche-à-oreille fonctionne, et la société s’apprête désormais à aborder 2025 avec l’ambition de doubler, voire tripler, le nombre de ses clients.

Événement à venir : TechCrunch All Stage 2025 à Boston

Le 17 juillet 2025, TechCrunch organise All Stage (anciennement Early Stage) à Boston. Cet événement incontournable pour les entrepreneurs sera l’occasion de rencontrer des acteurs majeurs de la tech et d’approfondir leurs connaissances grâce à des masterclass thématiques.

D’après nos sources, Hyperline pourrait profiter de l’événement pour présenter ses avancées en matière d’automatisation et d’IA. À l’instar d’autres startups présentes, elle compte mettre en lumière la façon dont son outil s’intègre dans les nouveaux usages. La facturation basée sur les Large Language Models (LLM) ou l’anticipation de la demande grâce à l’analyse de données en temps réel pourraient être au cœur des discussions.

Pour les visiteurs, ce rassemblement sera une opportunité unique de découvrir, en personne, le fonctionnement des solutions de Hyperline. Échanger directement avec l’équipe fondatrice peut s’avérer précieux pour des entreprises qui envisagent de moderniser leur système de facturation.

La fin de l’ère de l’abonnement classique ?

« L’ère de l’abonnement est déjà révolue 

Lucas Bédout 

Pour lui, la demande actuelle va bien au-delà du prélèvement automatique mensuel : les professionnels veulent offrir des formules personnalisées et rapidement modifiables. Une campagne promotionnelle ponctuelle, un module pay-as-you-go, un abonnement couplé à des frais d’implémentation… tout devient possible grâce à une plateforme flexible.

Cet aspect prend tout son sens à l’heure où l’intelligence artificielle se développe à vive allure. Les logiciels se vendent de plus en plus sous forme de solutions modulaires, parfois facturées en fonction du volume de données analysées. Les utilisateurs souhaitent également la possibilité de changer de package à tout moment, sans passer par un parcours d’abonnement rigide.

C’est précisément sur ce créneau qu’Hyperline entend se positionner : être l’infrastructure de facturation du futur, ouverte à toutes les formes de business models, et prête à s’intégrer aux avancées technologiques, qu’il s’agisse de l’automatisation via des agents IA ou d’optimisations en temps réel selon le comportement de l’utilisateur final.

Bon à savoir : l’IA et la facturation

L’IA pourrait bientôt automatiser l’envoi de devis en fonction du comportement du client ou ajuster les tarifs en direct, selon la consommation réelle. L’idée est que les entreprises ne laissent plus d’argent « sur la table » en proposant une facturation trop générique.

Réduire le temps passé sur la facturation à zéro ?

Selon les dirigeants d’Hyperline, le prochain cap est de diminuer drastiquement le temps accordé à la facturation, jusqu’à tendre vers « zéro minute » par mois. L’enjeu réside dans l’automatisation totale : production des factures, relances en cas de retard, intégration comptable, analyse en temps réel. Cette ambition requiert de nouvelles fonctionnalités, notamment la capacité à détecter et corriger automatiquement les écarts, ou à proposer des ajustements tarifaires via l’IA.

En pratique, un tel niveau d’autonomie implique des développements complexes, comme l’intégration avec des agents conversationnels capables d’interagir avec le logiciel de facturation. L’objectif est que le système identifie lui-même les problèmes (ex. un échec de paiement), applique les règles configurées (ex. relancer le client au bout de X jours) et suggère même des promotions ou des remises pour les clients fidèles.

Dans cette logique, la startup mise sur les LLM (Large Language Models) pour faire évoluer son architecture. En combinant la connaissance contextuelle (informations sur le client, historique d’achats, niveau d’engagement) avec l’analyse de données, Hyperline aspire à être un outil prédictif, capable d’anticiper les besoins et d’adapter la facturation en continu.

Les ambitions européennes (et au-delà)

Avec la nouvelle levée de fonds, Hyperline envisage de renforcer son maillage européen, que ce soit en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni. Son produit se veut déjà multi-devises, multi-langues et conforme aux exigences réglementaires de différents pays (facturation électronique, TVA, etc.). Un ancrage plus solide en Europe permettra de capter de nouveaux clients ayant un besoin aigu de flexibilité dans leur facturation.

L’expansion ne s’arrête pas là. À plus long terme, la startup envisage de s’implanter sur le marché nord-américain, réputé très concurrentiel mais qui s’intéresse de près aux solutions capables de gérer des plans tarifaires extrêmement complexes. Les secteurs de la technologie et de l’IA, en particulier, figurent parmi les plus demandeurs de ce type de plateformes. Selon Lucas Bédout, l’objectif est de ne pas se cantonner à l’Europe, mais bien de devenir un leader mondial de la facturation intelligente.

Vers un horizon en mouvement

Alors que la société vient tout juste de sécuriser 10 millions de dollars supplémentaires, l’heure est à la consolidation et à l’expansion. Le rythme d’itérations de l’outil demeure rapide, l’équipe passant de 14 à 25 personnes d’ici peu. Les enjeux sont multiples : stabiliser la technologie pour des clients de plus en plus exigeants, développer encore les partenariats stratégiques et creuser l’avance sur le marché émergent de la facturation pilotée par l’IA.

Loin d’être un simple concurrent des acteurs historiques de la facturation récurrente, Hyperline cristallise l’attention sur la prochaine évolution du business model SaaS : la personnalisation fine et l’automatisation maximale. La confiance renouvelée d’Index Ventures illustre la solidité du projet, porté par une équipe qui voit loin et qui s’attaque à un secteur en pleine mutation.

Hyperline incarne ainsi la transition vers une facturation plus souple, plus intelligente et plus axée sur la valeur, répondant aux défis d’un monde où la technologie et l’innovation ne cessent de remodeler l’économie.