Fairly Made concrétise une levée de 15 millions d’euros et propulse la mode vers un futur plus responsable
Fairly Made lève 15 M€ et mise sur la technologie pour transformer la mode. Un projet ambitieux qui révolutionne l’industrie en France.

Alors que la mode responsable prend de l’ampleur partout dans le monde, la jeune pousse parisienne Fairly Made vient de frapper un grand coup en annonçant un financement de 15 millions d’euros pour accroître son impact. Cette initiative réaffirme la volonté de l’entreprise de miser sur la technologie afin de transformer l’industrie textile de l’intérieur et favoriser une production plus éthique.
Une transformation pilotée par l’innovation numérique
Depuis sa création en 2018, Fairly Made a progressivement construit son identité en s’attaquant à l’un des plus grands défis de notre époque : produire de la mode durable tout en conservant une qualité et une attractivité commerciales. L’histoire de cette société française se distingue par une approche pragmatique : son objectif initial était d’identifier précisément l’empreinte environnementale et sociale de chaque pièce, afin d’aider les marques à prendre des décisions mieux éclairées.
La récente levée de fonds – d’un montant de 15 millions d’euros – a été soutenue par divers investisseurs, dont BNP Paribas Solar Impulse Venture Fund, GET Fund, ETF Partners et Frenchfounders. Cette injection de capital vise à renforcer la transition de Fairly Made en un acteur technologique à part entière, capable d’offrir des solutions clés en main à l’ensemble du secteur.
Ce positionnement repose largement sur le déploiement d’une plateforme SaaS (Software as a Service) pensée pour couvrir toute la chaîne d’approvisionnement, depuis la conception jusqu’à la distribution, en incluant la traçabilité, l’évaluation de l’impact environnemental et la communication transparente auprès des consommateurs.
Dans le secteur textile, la traçabilité consiste à identifier et à documenter toutes les étapes de la fabrication d’un vêtement : choix des matières premières, usines impliquées, conditions de travail, transport, etc. Cet aspect est essentiel pour valider la conformité sociale et environnementale, répondre aux obligations légales et rassurer le consommateur final.
Avec le soutien de ces nouveaux capitaux, Fairly Made entend favoriser l’émergence d’un modèle où la dimension « responsable » ne soit plus un atout marketing, mais bien un socle de performance globale. De fait, la portée de cet investissement dépasse les simples frontières françaises, reflétant une tendance mondiale : consommateurs et régulateurs placent la transparence au cœur des enjeux futurs.
Repenser la mode pour l’ère de la responsabilité
Selon les cofondatrices de Fairly Made, l’approche actuelle de la mode, basée sur la production de masse et la course aux prix bas, n’est plus soutenable. D’un point de vue légal, de nouvelles obligations de reporting, notamment sous l’influence de l’Union européenne, incitent les entreprises à fournir des preuves tangibles de leurs efforts en matière de responsabilité sociétale et environnementale (RSE). En France, des lois comme la loi Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire (AGEC) demandent également un niveau de transparence et de traçabilité accru. Fairly Made s’inscrit donc dans ce contexte réglementaire en pleine évolution.
L’une des forces de l’entreprise consiste à combiner trois axes :
- Traçabilité : analyser l’ensemble de la chaîne de production pour repérer l’impact carbone, l’origine des matières premières et la qualité des conditions de travail.
- Écoconception : développer des outils permettant aux marques de concevoir plus intelligemment, dès l’esquisse du produit.
- Transparence envers le consommateur : traduire ces informations complexes en passeports numériques lisibles par tous, gage de confiance et de crédibilité.
Ainsi, Fairly Made propose un accompagnement holistique qui va bien au-delà des habituels certificats verts. L’objectif affiché : encourager les acteurs du marché à prendre conscience des conséquences de leurs choix et à réorienter leurs méthodes pour un impact positif, aussi bien sur l’environnement que sur les communautés.
Une équipe en pleine expansion et un réseau international
En cinq ans, Fairly Made est passée du statut d’initiative visionnaire à celui de partenaire technologique incontournable pour bon nombre de marques établies. En témoignent des collaborations avec de grands groupes comme LVMH ou Versace, mais aussi avec des maisons plus indépendantes désireuses de se lancer dans une démarche plus propre. Aujourd’hui, la société compte 80 collaborateurs et a déjà implanté un second bureau à Milan.
Ces résultats sont étroitement liés à la capacité de Fairly Made à répondre aux défis concrets de la filière : complexité de la chaîne logistique, multiplicité des sous-traitants, incohérences réglementaires entre différentes zones géographiques, etc. Grâce à une plateforme SaaS modulable, chaque marque peut s’adapter aux réglementations locales tout en parlant un langage universel à ses consommateurs.
Bon à savoir : l’essor du bureau milanais
Pourquoi Milan ? Au-delà de son statut de capitale mondiale de la mode, cette ville offre une proximité avec les grands acteurs du luxe, des salons professionnels renommés et un écosystème dynamique pour l’innovation textile. Cette implantation stratégique permet à Fairly Made de tisser des liens plus étroits avec les maisons européennes.
La dimension internationale de Fairly Made se reflète également dans la variété de ses partenaires. Plus de 100 marques auraient déjà adopté ses solutions, chacune cherchant à valoriser une approche plus éthique. Ce phénomène met en lumière une réalité : le marché global de la mode durable ne cesse de croître et les investisseurs voient en Fairly Made une passerelle pour accélérer les transformations systémiques.
La puissance du SaaS : un atout pour l’agilité et la conformité
Le cœur de la proposition de Fairly Made repose sur sa plateforme SaaS tout-en-un. En centralisant la collecte et l’analyse des données de production, cette solution facilite la prise de décisions éclairées, tout en offrant une vue d’ensemble sur les flux logistiques. Les marques disposent ainsi d’un tableau de bord en temps réel, qui leur permet de mesurer en continu leur progression dans la réduction de leur empreinte carbone, d’identifier les maillons faibles de la chaîne et de rendre compte de leurs avancées aux parties prenantes.
Cette dynamique ne se limite pas à l’écologie. Sur le plan légal, la traçabilité des matières premières est de plus en plus exigée pour respecter les normes internationales, comme le devoir de vigilance pour les grandes entreprises françaises. En cas de non-conformité, les risques sont multiples : pertes financières, atteinte à la réputation, voire sanctions de la part des autorités. En disposant d’une solution intégrée, les maisons de mode peuvent anticiper et gérer plus efficacement ces contraintes.
Le SaaS (Software as a Service) est un modèle de distribution logicielle dans lequel l’application est hébergée sur des serveurs distants. Les utilisateurs y accèdent via Internet, sans avoir besoin d’installer le logiciel localement. Les mises à jour, la maintenance et la sécurité sont gérées par l’éditeur, ce qui libère les entreprises clientes de ces contraintes techniques.
En outre, la plateforme de Fairly Made s’ouvre à l’écoconception : les marques peuvent tester différents scénarios en amont de la production, estimer l’impact de leurs choix de tissus ou d’usines, puis ajuster leur stratégie pour réduire la consommation d’eau, d’énergie ou de substances polluantes. Cette approche prédictive répond à la demande croissante des consommateurs pour des produits à faible impact environnemental.
Un tour de table structurant pour l’avenir
Portée par son ambition, Fairly Made a déjà bouclé plusieurs tours de financement, totalisant 5 millions d’euros levés avant cette nouvelle injection. Aujourd’hui, la somme de 15 millions d’euros vient changer la donne, permettant à la société de consolider ses acquis et d’amorcer une nouvelle phase de croissance. Les investisseurs, conscients du potentiel transformateur de l’entreprise, y voient une occasion de soutenir une dynamique globale vers une modèle économique plus durable.
Ce tour de table est également un signe de la bonne santé de la French Tech, et plus précisément du segment de la « Climate Tech » ou « Green Tech » dédiée à la réduction de l’empreinte environnementale. Alors que le secteur de la mode est régulièrement pointé du doigt pour ses externalités négatives (pollution, conditions de travail, surproduction), le fait de miser sur une solution technologique apparaît comme un moyen rapide de diffuser des pratiques responsables à large échelle.
Dès lors, plusieurs chantiers prioritaires semblent se dégager pour Fairly Made :
- Le renforcement de la recherche et développement autour de l’analyse prédictive et de la blockchain pour sécuriser les données de traçabilité.
- L’extension de la présence commerciale à l’étranger, au-delà de l’Italie, afin de toucher des marchés clés (États-Unis, Asie du Sud-Est, etc.).
- L’amélioration de l’accompagnement client, avec des équipes spécialisées en audit social, en logistique et en réglementation.
Bien sûr, ces priorités s’accompagnent d’un défi : maintenir l’ADN « éco-responsable » de l’entreprise tout en gérant une forte croissance. Les structures de gouvernance devront veiller à préserver la cohérence des valeurs affichées, sous peine de diluer l’image de la marque.
Point de vue des investisseurs : valoriser l’impact positif
Si BNP Paribas Solar Impulse Venture Fund, GET Fund, ETF Partners et Frenchfounders ont tous participé à ce nouveau cycle de financement, c’est qu’ils partagent une vision : investir dans des solutions concrètes pour accélérer la transition écologique. Dans un contexte où les initiatives pour le climat sont de plus en plus soutenues par des dispositifs étatiques et des réglementations incitatives, le pari de la mode responsable s’inscrit dans une logique de marché à long terme.
Les déclarations d’intention ne manquent pas : les investisseurs soulignent le rôle crucial de la transparence et l’importance d’agir en amont de la chaîne de valeur. Offrir une solution capable de détecter les points de blocage et de proposer des améliorations ciblées séduit tant les grands groupes que les entreprises émergentes. Cette modularité de l’outil est l’une des raisons pour lesquelles Fairly Made jouit d’un large soutien.
Bon à savoir : l’investissement à impact
L’investissement à impact, parfois appelé « impact investing », vise à générer un rendement financier tout en produisant des effets sociaux et/ou environnementaux positifs. Les fonds spécialisés dans cet univers recherchent avant tout une cohérence entre la rentabilité et l’utilité sociétale, évaluée selon des indicateurs précis (émissions de carbone, conditions de travail, etc.).
D’un point de vue purement financier, le levier peut être important : à mesure que les exigences réglementaires se durcissent, les entreprises qui ne se préparent pas pourraient perdre des parts de marché et subir des coûts élevés pour se conformer plus tardivement. Miser maintenant sur des solutions comme Fairly Made revient donc à anticiper les mutations, et à soutenir une transition considérée par beaucoup comme inévitable.
Le rôle clé de l’écoconception dans la mode de demain
Parmi les services phares de Fairly Made, le module d’écoconception joue un rôle déterminant. L’idée est de permettre aux stylistes, chefs de produit et autres décideurs de simuler l’impact écologique de leurs choix dès le stade du croquis. Une telle approche s’aligne sur les nouvelles orientations européennes visant à favoriser l’émergence d’une économie circulaire, où la prolongation de la durée de vie des produits et l’optimisation des matières premières deviennent des priorités.
Des marques comme Paul Smith, SMCP ou Courrèges profitent déjà de ces analyses pour ajuster leurs collections en temps réel, en tenant compte de facteurs jusqu’ici difficiles à quantifier : distance de transport, taux de recyclage, impact de la teinture, etc. Les retours terrain indiquent qu’en offrant un tel outil, Fairly Made ne se contente pas de conseiller : elle accompagne un changement structurel dans la manière d’appréhender la mode.
Le concept d’économie circulaire vise à rompre avec le modèle linéaire « production-consommation-élimination ». L’objectif : optimiser l’usage des ressources, réduire les déchets, allonger la durée de vie des produits grâce à la réparation ou au recyclage. Dans le textile, cela peut se traduire par l’utilisation de fibres recyclées, le reconditionnement ou la location de vêtements.
On note aussi l’importance du passeport numérique développé par l’entreprise. En scannant un simple QR code, le consommateur peut retracer le parcours du vêtement, connaître les matériaux employés et accéder à des informations sur l’empreinte carbone du produit. Cet outil renforce la confiance des acheteurs et valorise les efforts déployés en coulisses par la marque. Cette transparence se révèle d’autant plus précieuse dans un marché marqué par la défiance envers les allégations « vertes » non vérifiées.
Les enjeux légaux : un moteur de progrès
L’adoption de pratiques durables ne relève pas seulement d’une démarche vertueuse, elle devient progressivement une contrainte légale. En France, outre la loi AGEC, d’autres dispositifs comme la loi Climat et Résilience introduisent des objectifs plus ambitieux, en fixant des caps pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Au niveau européen, les entreprises de plus de 250 salariés seront bientôt soumises à la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD), imposant des standards élevés en matière de reporting extra-financier.
Pour Fairly Made, cette évolution réglementaire se traduit par une opportunité de croissance. Les marques qui se trouvent contraintes de prouver leurs pratiques responsables cherchent des partenaires capables d’apporter une expertise complète, à la fois technologique et juridique. En proposant un outil tout-en-un, l’entreprise se positionne comme un prestataire de choix pour intégrer rapidement ces nouvelles obligations.
Notons que les contrôles et sanctions se durcissent également, en particulier sur la base du devoir de vigilance instauré en 2017, qui impose aux grandes sociétés de prévenir les atteintes aux droits humains et à l’environnement dans leurs chaînes d’approvisionnement. Dans ce contexte, la capacité à documenter en détail la provenance des matériaux et les conditions de fabrication devient cruciale.
Des perspectives de croissance mondiale
Forte de ses 100 millions de passeports numériques générés en six ans, Fairly Made entend désormais accélérer son expansion sur les marchés étrangers. L’entreprise ne cache pas son ambition de se positionner en leader de la mode responsable à l’échelle internationale, en ciblant prioritairement les zones où la demande en solutions SaaS est déjà forte : Amérique du Nord, Europe du Nord, Asie Pacifique. Plusieurs signaux montrent que la consommation de mode y est en train d’évoluer en faveur d’une plus grande exigence éthique.
D’ailleurs, les plans de Fairly Made incluent un déploiement plus agressif sur les canaux de vente en ligne, notamment grâce à des partenariats avec des plateformes e-commerce. L’idée est de multiplier les points de contact avec le consommateur final, pour que la notion de « responsabilité » devienne un critère essentiel lors de l’acte d’achat. Dans ce modèle, chaque nouveau partenariat nourrit la base de données de l’entreprise, renforçant ses capacités d’analyse et d’anticipation.
Titre du bloc encadré : la puissance du réseau Frenchfounders
Frenchfounders est un réseau international connectant entrepreneurs, dirigeants et investisseurs francophones. Leur soutien à Fairly Made s’inscrit dans une stratégie de mise en relation avec des décideurs clés du secteur retail et fashion, afin d’accélérer la notoriété et l’implantation de solutions technologiques novatrices à travers le monde.
Dans le même temps, la pression sociétale en faveur de la transparence s’intensifie. Les nouvelles générations se montrent particulièrement sensibles aux questions de durabilité et de respect des droits humains dans la production textile. Cette tendance de consommation plus « éclairée » profite à Fairly Made, qui fournit aux marques les outils nécessaires pour répondre à ces attentes.
L’histoire d’une scale-up française : de l’idée à la concrétisation
Le parcours de Fairly Made est révélateur d’une prise de conscience collective dans l’industrie. Fondée en 2018 par Laure Betsch et Camille Le Gal, l’entreprise a d’abord développé un concept simple : déterminer de manière fiable l’impact écologique et social d’un produit textile. De fil en aiguille, l’équipe a constaté qu’il ne suffisait pas d’auditer : il fallait également proposer des solutions opérationnelles pour améliorer la chaîne d’approvisionnement.
En modernisant l’approche et en intégrant la dimension digitale dès le départ, Fairly Made a su convaincre des enseignes de renom. Les premières collaborations ont joué un rôle de vitrine : démonstration de l’efficacité de l’outil, feedbacks constructifs pour l’optimiser, élargissement progressif de la gamme de services. Aujourd’hui, la société se présente comme un acteur incontournable pour toutes les marques désireuses d’entamer un virage éco-responsable sans s’y perdre.
Mais le succès de Fairly Made repose également sur la confiance accordée par des financiers et partenaires institutionnels. La France est reconnue pour son écosystème d’incubateurs et de fonds spécialisés, ce qui a permis à la start-up de récolter ses premiers financements. Au fil des ans, l’entreprise a également noué des liens étroits avec des organisations internationales soucieuses de promouvoir le commerce équitable et la responsabilité d’entreprise.
Le tout s’est conjugué pour faire de Fairly Made un exemple de scale-up française dont la croissance repose à la fois sur la technologie, la connaissance fine du marché textile et l’anticipation des nouveaux cadres réglementaires.
Le concept Fairly Made en pratique : un tournant pour le secteur
Concrètement, qu’apporte Fairly Made de plus que d’autres solutions de certification ? L’approche « 360° » mise en avant permet de suivre les produits du fil à l’assemblage, de la distribution au recyclage éventuel. Chaque étape est documentée, analysée, et convertie en données lisibles qui montrent aux marques où elles peuvent progresser. Cette capacité à transformer un processus opaque en un ensemble de statistiques exploitables constitue la clé de son succès.
De plus, la jeune pousse assure la liaison entre divers acteurs : fournisseurs de matières, usines, distributeurs. En offrant un langage commun et des standards partagés, le logiciel fluidifie les échanges et évite les approximations. Or, l’approximation est l’ennemi de la transparence : sans outil, la complexité des chaînes d’approvisionnement peut rapidement conduire à des zones d’ombre. Avec Fairly Made, ces « angles morts » sont au contraire identifiés et traités.
Enfin, la société se veut également un organisme de conseil en stratégie. Les données accumulées deviennent une source d’intelligence précieuse : l’équipe d’experts internes peut alors orienter les marques sur des choix de fibres, des méthodes de production alternatives ou des pistes d’amélioration logistique. Ce mode d’accompagnement global fait la différence sur un marché où l’exigence des consommateurs ne cesse d’augmenter.
Une ambition partagée pour l’avenir de la mode
Au-delà de l’aspect purement commercial, Fairly Made se perçoit comme une initiatrice de changements profonds au sein de la mode. En accompagnant des griffes établies (telles que LVMH, Versace, A.P.C, etc.) et des marques émergentes, l’entreprise sert de trait d’union entre deux univers souvent cloisonnés : celui du luxe traditionnel et celui de la RSE à forte composante technologique.
Pour justifier ce rôle, les fondatrices insistent sur la nécessité de co-construire de nouvelles normes et standards pour l’industrie. Elles rappellent que, sans obligation de rendre compte de l’origine des textiles ou de l’impact social, le marché reste dominé par la logique du volume. Mais dans un monde où les ressources s’épuisent et où la conscience écologique s’éveille, la valeur ajoutée se situe de plus en plus dans la façon dont un produit est fabriqué.
Dans cette optique, la transparence n’est pas qu’un argument marketing : elle devient le pilier d’une nouvelle gouvernance d’entreprise, où la performance s’évalue autant par la rentabilité financière que par la réduction de l’empreinte environnementale et le respect des droits humains. L’écosystème de la mode en France, historiquement reconnu pour son savoir-faire, pourrait ainsi consolider sa réputation d’excellence en se hissant en tête des innovations « green ».
Un nouvel élan, porté par la French Tech et les règlementations européennes
La levée de fonds de 15 millions d’euros confirme que la France n’entend pas rester spectatrice face au défi climatique, mais au contraire devenir une force motrice. Le dynamisme de la French Tech se retrouve dans d’autres secteurs (mobilité, agroalimentaire, énergie…), et la mode ne fait pas exception. L’objectif, pour l’État français et les investisseurs privés, est de soutenir des solutions « scalables », qui peuvent rapidement passer du stade expérimental à la mise en œuvre industrielle.
Les textes européens, notamment le Green Deal, se montrent de plus en plus exigeants sur la limitation de l’empreinte carbone et la gestion des ressources. Dans le contexte actuel, la production textile doit s’adapter, repenser ses approvisionnements (favoriser le coton biologique, le cuir certifié, etc.) et valoriser des modèles circulaires (recyclage, revente de seconde main, réparation). Fairly Made se positionne comme un facilitateur, capable de rendre cette mutation plus concrète et rentable.
Il est probable que l’avenir de Fairly Made s’articule autour de projets de recherche collaborative, avec des laboratoires, des start-ups spécialisées dans les nouvelles fibres, ou des plateformes logistiques. En s’intégrant dans un écosystème plus vaste, la scale-up peut renforcer sa proposition et continuer d’innover, tout en jouant un rôle de chef d’orchestre pour les grandes marques souhaitant s’engager dans la voie du changement.
Une industrie textile plus équitable
Un autre pan essentiel de la mode responsable est l’aspect social. La traçabilité ne se limite pas à l’empreinte carbone ; elle inclut aussi le respect des droits des travailleurs et des normes éthiques fondamentales. De nombreux scandales ont entaché la réputation du secteur (ateliers clandestins, exploitation de la main-d’œuvre), poussant le public à exiger davantage de garanties. La solution de Fairly Made offre des fonctionnalités de suivi et d’audit social, pour attester que les partenaires sont en conformité avec des standards comme ceux de l’Organisation internationale du travail.
Dans ce domaine, la transparence peut révéler aussi bien les bonnes que les mauvaises pratiques. Mais c’est précisément ce que recherchent les consommateurs avertis : une information fiable, sourcée, qui leur permette d’orienter leurs achats vers des produits conformes à leurs valeurs. Cette capacité à communiquer des preuves concrètes, plutôt que de simples déclarations, est probablement la marque de fabrique la plus différenciante pour Fairly Made.
À l’échelle mondiale, la juste rémunération des ouvriers du textile et l’amélioration de leurs conditions de travail demeurent des enjeux majeurs. En fournissant des données factuelles, l’outil numérique de Fairly Made contribue à redéfinir les termes du contrat entre marques, fournisseurs et consommateurs. À terme, ce cercle vertueux pourrait inciter un plus grand nombre d’acteurs à transformer leurs pratiques, sous l’impulsion d’une demande grandissante pour l’éthique et la responsabilité.
Anticiper les futurs enjeux de l’industrie
La mode se situe à la croisée de multiples crises : crise écologique, crise économique, crise de confiance des consommateurs. Les prochaines années verront sans doute une généralisation des règles de transparence et de limitation de l’empreinte carbone. Des sujets émergents tels que la labellisation « bas carbone », le contrôle des microplastiques libérés lors du lavage des vêtements, ou encore la régulation de l’utilisation de certains produits chimiques, prendront de l’ampleur.
Grâce à son logiciel évolutif, Fairly Made est en mesure d’intégrer rapidement ces nouveaux indicateurs et de répondre aux attentes du marché. Cette agilité technologique est un avantage compétitif majeur dans un secteur souvent perçu comme conservateur ou peu réactif. Par ailleurs, la société s’intéresse déjà à la blockchain, qui pourrait renforcer la fiabilité et la transparence des informations partagées tout au long de la chaîne de valeur.
Les marques, quant à elles, se rendent compte que la compétitivité ne repose plus uniquement sur la créativité ou le coût de fabrication, mais aussi sur la capacité à prouver leur engagement social et environnemental. À mesure que les gouvernements et les organismes internationaux encadrent davantage l’industrie, faire appel à Fairly Made reviendra à prendre une longueur d’avance.
De surcroît, cette démarche peut nourrir l’innovation produit. À mesure que les concepteurs intègrent l’écoconception dans leur routine, ils découvrent de nouvelles matières, expérimentent des coupes plus durables ou imaginent des cycles de vie alternatifs (location, upcycling, etc.). Le métier de styliste évolue et se rapproche de la conception responsable, ancrée dans la réalité des enjeux contemporains.
Une fenêtre sur l’avenir de la mode durable
En définitive, la levée de 15 millions d’euros par Fairly Made ne représente pas uniquement un succès financier. C’est un signal fort pour toute l’industrie : le temps des déclarations d’intention est révolu, place à l’action concrète. En misant sur la technologie pour repenser la traçabilité, l’écoconception et la gouvernance, cette scale-up française montre la voie à suivre à tous ceux qui croient en une mode plus équitable et respectueuse de la planète.
La route est encore longue pour aligner l’ensemble des acteurs sur des standards de responsabilité élevés. Mais en démontrant la faisabilité et la rentabilité de telles approches, Fairly Made dessine un horizon plus vert, où la création d’emplois et la protection de l’environnement vont de pair. L’essor d’une plateforme unifiée, accessible et évolutive, ouvre de nouvelles opportunités pour les marques, qui peuvent enfin allier créativité et crédibilité sur le terrain de l’éco-responsabilité.
Cette avancée, fruit d’une alliance entre convictions fortes et solutions pragmatiques, illustre la manière dont la mode française peut incarner un renouveau, inspirant l’ensemble du secteur à travers le monde.