Septembre 2025 : ce qui change pour vos impôts, vos aides et votre quotidien
Septembre 2025 : impôts, arrêts de travail, gaz, aides et retraites. Voici l’essentiel des mesures qui changent pour ménages et entreprises.

Dès le 1er septembre, plusieurs décisions réglementaires françaises retouchent simultanément le quotidien des ménages et les process des entreprises. Au menu: nouveau mode par défaut du prélèvement à la source pour les couples, sécurisation des arrêts de travail, prix repère du gaz en repli, ajustements sur bourses scolaires et aides à la garde, retraite progressive dès 60 ans, et relances ciblées des dispositifs leasing social et MaPrimeRénov’. Décryptage et impacts.
Prélèvement à la source: l’individualisation devient la norme pour les couples
À compter de septembre, les couples mariés ou pacsés basculent par défaut vers le taux individualisé pour le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu. Concrètement, chacun se voit appliquer un taux calculé sur ses propres revenus, ce qui atténue l’effet de solidarité fiscale lorsqu’il existe un écart de salaire important dans le couple.
Le taux commun reste disponible, mais il doit désormais être réactivé sur demande dans l’espace en ligne de l’administration fiscale. En l’absence de démarche, l’individualisation s’applique.
Objectif: protéger le pouvoir d’achat du conjoint aux revenus les plus faibles, tout en sécurisant le recouvrement. Ce changement s’opère sans incidence sur l’impôt total du foyer, uniquement sur la répartition des retenues entre les deux membres.
Avec l’individualisation, le taux figurant sur la DSN côté employeur peut diverger au sein du couple. Si l’un perçoit des revenus sensiblement inférieurs, son taux diminue mécaniquement, allégeant la retenue. A l’inverse, le conjoint aux revenus plus élevés supporte un taux plus fort. Pour les directions paie, aucune action: la DGFIP transmet automatiquement le taux applicable par salarié.
Pour les dirigeants et responsables RH, vigilance sur les entrées/sorties de personnel ou les situations de pluriactivité. Le taux individualisé suit le salarié, pas l’entreprise: il convient de s’assurer que la dernière mise à jour PASRAU/DSN a bien été récupérée. Côté contribuables, un passage volontaire au taux neutre reste possible, mais proscrit un effet de rattrapage en fin d’année si mal calibré.
Dgfip: calendrier et arbitrages possibles
Le passage au taux individualisé par défaut est automatique en septembre avec une souplesse d’ajustement via impots.gouv.fr. En cas de changement de situation (mariage, naissance, rupture de PACS), une actualisation de taux reste recommandée pour éviter les décalages de trésorerie entre conjoints. Les simulations sont accessibles pour mesurer l’écart avant bascule définitive (source: DGFiP).
Trois points techniques sur le nouveau mode par défaut
- Taux individualisé: optimisé pour refléter les revenus propres de chaque conjoint, sans modifier l’impôt total du foyer.
- Retour au taux commun: possible à tout moment sur l’espace en ligne; effet sous 1 à 2 cycles de paie.
- Confidentialité salariale: l’employeur ne connaît jamais la situation familiale, uniquement le taux transmis par la DGFiP.
Sécurité sociale: arrêts de travail sécurisés, règles de don du sang assouplies
Pour endiguer les usages frauduleux, l’Assurance maladie impose désormais un formulaire Cerfa sécurisé pour tout arrêt de travail papier. Ce support comporte sept dispositifs d’authentification tels qu’hologramme, encres spécifiques et marquages invisibles. Sont rejetés: les scans, photocopies et tout document non conforme au nouveau Cerfa.
En pratique, les arrêts transmis de manière dématérialisée par les logiciels métiers restent prioritaires. Lorsque le papier s’impose, l’assuré doit présenter l’original.
Objectif affiché: accélérer le tri des justificatifs fiables, réduire les fausses déclarations et sécuriser l’indemnisation. Les employeurs sont invités à vérifier la présence des éléments de sécurité en cas de doute sur un justificatif physique.
Assurance maladie: nouvelles vérifications côté paie
Pour les services paie, les délais de carence, contrôles d’attestation de salaire et causalité de l’arrêt ne changent pas. En revanche, une vigilance accrue s’impose sur la concordance des dates et la traçabilité du document source. Un arrêt de travail rejeté pour non-conformité peut suspendre l’indemnisation, avec un risque de contentieux prud’homal si l’absence est contestée.
Les arrêts de travail prescrits en téléconsultation suivent les mêmes règles de traçabilité. Les flux dématérialisés via l’espace amelipro sont à privilégier. En cas de remise papier, l’original Cerfa sécurisé est requis. Les scans envoyés par e-mail à l’entreprise ne remplacent pas le dépôt du document original lorsqu’il est exigé pour la paie.
Autre assouplissement notable au 1er septembre: le délai d’attente après un tatouage, un piercing ou une endoscopie avant don du sang passe de 4 à 2 mois, et certaines interventions mineures ne sont plus des contre-indications automatiques. L’Établissement français du sang y voit un levier pour élargir le vivier de donneurs sans transiger sur la sécurité transfusionnelle.
Chronologie utile côté entreprise
- Réception d’un arrêt de travail: vérifier l’originalité du Cerfa sécurisé en cas de format papier.
- Mise à jour paie: aligner l’attestation de salaire et les IJSS avec le flux dématérialisé prioritaire.
- Archivage: conserver les originaux requis dans le respect du RGPD et des délais de prescription.
Gaz naturel: prix repère en baisse mais abonnement toujours pesant
La Commission de régulation de l’énergie annonce un recul du prix repère du gaz naturel pour septembre: 0,10540 euro/kWh pour un usage chauffage, et 0,13659 euro/kWh pour cuisson et eau chaude. Pour une consommation annuelle de 11 200 kWh, l’économie moyenne tourne autour de 29 euros, en dépit d’un abonnement jugé élevé à 330,80 euros (source: CRE, septembre 2025).
Cette inflexion profite surtout aux ménages chauffés au gaz avec thermostat bien calibré. Les contrats indexés sur le prix repère répercuteront la baisse. En revanche, les offres à prix fixe souscrites antérieurement ne bougent pas avant leur échéance. Les fournisseurs conservent une latitude commerciale sur l’abonnement, d’où des écarts sensibles d’un contrat à l’autre.
Le prix repère est un indicateur non contraignant publié chaque mois, calculé à partir des coûts d’approvisionnement, d’acheminement et des marges raisonnables. Il permet aux consommateurs de comparer leur offre de marché avec un niveau de référence. Les fournisseurs restent libres de fixer leurs tarifs commerciaux.
Côté entreprises, l’impact est marginal pour les sites professionnels déjà engagés sur des marchés de gros ou des offres multi-sites. Pour les TPE chauffées au gaz encore au prix repère, l’ajustement de septembre offre un légère respiration de trésorerie, à surveiller au regard de la saison de chauffe qui s’ouvre.
Familles: bourses scolaires ouvertes et aide à la garde élargie aux parents solo
Les demandes de bourses scolaires pour l’année 2025-2026 sont ouvertes jusqu’au 16 octobre. Le montant revalorisé varie selon les revenus et la composition familiale: de 120 à 516 euros au collège, et de 495 à 1 053 euros au lycée. Les démarches s’effectuent en ligne via les espaces dédiés, avec un traitement accéléré pour les dossiers complets.
Parallèlement, le complément de libre choix du mode de garde est étendu aux enfants de moins de 12 ans pour les familles monoparentales — contre 6 ans auparavant. Cette extension vise à réduire les renoncements à l’emploi faute de solution de garde, notamment au moment du passage en école élémentaire où les horaires restent peu compatibles avec des cycles de travail étendus.
Éducation nationale: échelons et versements
Les bourses de collège et de lycée se déclinent selon des échelons conditionnés aux revenus et au nombre d’enfants à charge. Les versements interviennent généralement en trois fractions au cours de l’année scolaire. Un contrôle des ressources N-1 et de la scolarisation est effectué; des pièces justificatives complémentaires peuvent être demandées en cas d’incohérence.
Aide à la garde pour les parents solo: points clés
- Public cible: familles monoparentales, enfants jusqu’à 11 ans révolus.
- Supports de garde: assistantes maternelles, gardes à domicile, micro-crèches selon plafonds CMG.
- Articulation emploi: compatible avec reprise d’activité ou augmentation du temps de travail.
Sur le terrain, l’efficacité de ces mesures dépendra de la capacité d’offre en crèches et en gardes à domicile, inégalement répartie selon les territoires. L’extension du CMG aux parents solo jusqu’aux 12 ans des enfants est susceptible d’améliorer le taux d’emploi des mères isolées, mais les coûts résiduels et la tension sur les places restent des freins.
Emploi et retraite: la retraite progressive accessible dès 60 ans
Le dispositif de retraite progressive s’ouvre dès 60 ans en septembre, sous conditions. Il permet de réduire son activité à temps partiel tout en percevant une fraction de sa pension. Pour en bénéficier, il faut justifier de 150 trimestres validés et exercer une activité comprise entre 40 % et 80 % d’un temps plein.
Pensé pour lisser la fin de carrière, l’outil intéresse autant les salariés usés par des métiers physiques que les cadres souhaitant transmettre progressivement leurs responsabilités. Les entreprises y voient un levier de gestion des compétences, à condition d’anticiper l’organisation des équipes et de sécuriser les avenants au contrat.
Fonction publique et travailleurs indépendants: modalités spécifiques
La retraite progressive concerne désormais le secteur public et plusieurs régimes alignés, avec des règles d’activité compatibles selon les corps et statuts. Les travailleurs indépendants peuvent également en bénéficier, sous réserve d’une activité effectivement réduite et d’une assiette de cotisations en cohérence avec le temps travaillé. Dans tous les cas, le relevé de carrière doit être vérifié avant demande pour éviter les rejets.
Un salarié à 60 ans passant à 60 % d’activité peut percevoir une fraction de pension proportionnelle selon son régime. L’employeur doit formaliser un avenant mentionnant la durée du travail et l’organisation hebdomadaire. Côté salarié, la demande de retraite progressive s’effectue auprès de l’Assurance retraite avec pièces justificatives de l’employeur et attestation de trimestres.
Point de vigilance: un retour ultérieur à temps plein reste possible, mais requiert un nouvel accord de l’employeur. Au moment de la liquidation complète, la pension est recalculée en intégrant les trimestres et salaires cotisés durant la période de retraite progressive, ce qui peut améliorer le montant final si l’activité partielle se prolonge.
Transition écologique: leasing social relancé et maprimerénov’ rouvre sous quotas
Le leasing social revient le 30 septembre avec une cible claire: permettre aux ménages modestes de louer une voiture électrique pour moins de 200 euros par mois. L’État vise 50 000 véhicules mis à disposition, dont 5 000 réservés aux zones à faibles émissions. Les critères de revenus et d’usage domicile-travail sont déterminants pour l’éligibilité.
La dynamique reste toutefois contrainte par l’offre de véhicules compatibles et la disponibilité des stocks. Les constructeurs et loueurs doivent sécuriser leurs volumes sur les modèles éligibles, tandis que les ménages sont invités à se positionner rapidement. Les délais de livraison et la qualité du réseau de recharge seront des points de friction à surveiller.
Vérifications avant de signer un leasing social
- Coût total: mensualités, dépôt de garantie, frais annexes éventuels.
- Kilométrage: pénalités en cas de dépassement, conditions de restitution.
- Équipements: câble de recharge, pompe à chaleur, aides à la conduite.
Côté rénovation énergétique, le guichet MaPrimeRénov’ rouvre le 30 septembre après suspension, mais avec une capacité fortement limitée: seulement 13 000 dossiers acceptés d’ici fin 2025, réservés aux ménages très modestes pour des logements classés E, F ou G. Le plafond de dépenses est revu à la baisse et le bonus de 10 % supprimé, recentrant l’effort public sur les passoires thermiques les plus critiques.
Accès prioritaire et contraintes budgétaires
Dans ce nouveau cadre, les ménages aux revenus élevés et les projets partiels pourront rencontrer un goulot d’étranglement. La logique est assumée: concentrer l’aide là où le gain énergétique marginal est maximal, au risque d’un effet d’attentisme pour les autres profils. Les professionnels du bâtiment devront calibrer leur carnet de commandes en conséquence, pour éviter les trous d’air.
Le plafonnement vise à assurer la soutenabilité budgétaire après la forte sollicitation du dispositif. En réservant les moyens aux ménages très modestes et aux habitations les plus énergivores, le gouvernement cherche le meilleur ratio euros dépensés/kWh économisés, quitte à différer des rénovations intermédiaires vers d’autres guichets.
Au total, le duo leasing social et MaPrimeRénov’ redessine un paysage d’aides plus ciblé et plus contraint. La réussite dépendra de l’exécution opérationnelle — volumes réellement livrés en électrique, circuits de financement fluides, et capacité des artisans RGE à absorber la demande prioritaire.
Bilan opérationnel pour les entreprises et les ménages
Les directions financières auront à intégrer deux sujets sans délai: l’individualisation par défaut du taux PAS pour tous les salariés mariés ou pacsés, et la vérification des arrêts de travail papier au regard du nouveau Cerfa sécurisé. Côté ménages, les fenêtres de tir sont resserrées sur les bourses scolaires (jusqu’au 16 octobre) et les guichets énergie de fin de mois.
En filigrane, l’État concentre ses moyens sur des effets d’entraînement ciblés: solvabiliser la mobilité électrique des foyers modestes, soutenir la rénovation des passoires, mieux aligner l’impôt prélevé à la réalité des revenus au sein des couples, et fiabiliser la chaîne arrêt de travail–indemnisation. Les trajectoires sont lisibles, mais leur succès tiendra à la qualité d’exécution et à la capacité des acteurs privés à s’aligner rapidement.
Entre fiscalité ajustée, protection sociale sécurisée et éco-aides plus ciblées, septembre trace une ligne directrice: faire mieux avec des moyens comptés en calibrant finement les leviers les plus efficaces pour les foyers et les entreprises.