La France, au sommet des start-ups en 2024 : le palmarès ESNA décrypté
Découvrez comment la France se maintient en tête du classement ESNA 2024. Réformes, financements, inclusivité : focus sur les leviers de ce leadership.

Le dernier rapport « Startup Nations Standard » 2024, récemment diffusé par l’European Startup Nations Alliance (voir le document officiel), met à l’honneur le dynamisme de l’écosystème français des start-ups. Avec une méthodologie fondée sur huit piliers de l’innovation, ce document décrypte les performances de 24 pays et place la France au premier rang pour la deuxième année consécutive.
Le Startup Nations Standard 2024 sous la loupe
En 2024, l’European Startup Nations Alliance (ESNA) a publié une nouvelle mouture de son indicateur phare : le « Startup Nations Standard » (SNS). Son ambition : évaluer l’aptitude de chaque État signataire à héberger, faire grandir et attirer des start-ups innovantes dans divers domaines, allant de la haute technologie jusqu’aux secteurs plus traditionnels qui se réinventent grâce au numérique.
Fondé sur huit critères structurants — création rapide d’entreprise, attraction et rétention des talents, stock-options, innovation et régulation, innovation dans les marchés publics, accès aux financements, diversité et inclusion ainsi que priorité accordée au numérique — ce rapport offre un baromètre de référence pour les décideurs politiques et l’ensemble des acteurs économiques. Pour cette édition 2024, 24 pays ont été passés au crible, et la France a su se hisser à la première place avec un taux de conformité de 93 %, devant ses voisins européens.
Le classement SNS est devenu un véritable levier de dialogue entre les gouvernements et les start-ups. Il alimente la conception de politiques publiques, de réformes législatives et de programmes de soutien dédiés. En ce sens, il participe à l’intégration du tissu entrepreneurial européen, tout en favorisant la compétition saine entre pays.
Au-delà de cette lecture comparative, le SNS 2024 éclaire les avancées majeures enregistrées : le taux de mise en œuvre moyen des mesures recommandées a grimpé à 61 %, contre 54 % l’an dernier. Cette progression illustre une réelle prise de conscience au niveau continental en faveur d’un climat favorable à l’émergence de nouvelles pépites technologiques.
Qui est l’European Startup Nations Alliance ?
L’ESNA, fondée en 2021 grâce à une initiative du gouvernement portugais, s’est fixée pour mission de fédérer les écosystèmes startups des pays européens autour de principes communs. Aujourd’hui, 26 États membres de l’Union européenne, rejoints par l’Islande et l’Ukraine, soutiennent cette plateforme dédiée à la coopération transnationale en matière d’innovation.
La vocation première de l’ESNA consiste à encadrer et promouvoir le Startup Nations Standard. Pour ce faire, elle effectue chaque année un monitoring des politiques publiques, des incitations fiscales et des initiatives de soutien aux entreprises en phase d’amorçage, de développement ou de scale-up. L’objectif : garantir à chaque porteur de projet la possibilité de créer et développer sa start-up dans un environnement compétitif et inclusif.
La création de l’ESNA tire ses racines d’une mobilisation internationale lors de la présidence portugaise du Conseil de l’Union européenne. De nombreuses mesures favorables aux start-ups y ont été débattues pour fluidifier les démarches administratives, renforcer les outils de financement et promouvoir l’équité entre les différents pays adhérents.
Avec l’ESNA, les échanges d’idées se structurent dans un cadre commun. Des actions coordonnées voient le jour pour simplifier la réglementation et encourager les échanges de bonnes pratiques. L’exemple concret : des initiatives comme le French Tech Visa ou des programmes d’incubation croisée, facilitant la circulation des talents et l’émergence d’innovations partagées.
L’architecture du rapport : des piliers fondamentaux
Pour son étude annuelle, l’ESNA a retenu huit dimensions clés. Chaque dimension est associée à plusieurs indicateurs qui, combinés, donnent une vision précise de la dynamique start-up de chaque pays. Réformulons brièvement ces piliers, en les replaçant dans un contexte élargi :
- Création d’entreprise accélérée : facilité et rapidité pour formaliser l’existence d’une structure, y compris la mise en place de démarches administratives 100 % dématérialisées.
- Attraction et rétention des talents : politiques dédiées à attirer les compétences internationales (visas, procédures simplifiées) et offrir des cadres de carrière attractifs.
- Stock-options : distribution d’actions et de plans de BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise), essentiels pour motiver les équipes et fidéliser les talents.
- Innovation et régulation : dispositifs législatifs et réglementaires favorables à la recherche, à l’expérimentation et au lancement de produits ou services novateurs.
- Marchés publics innovants : utilisation de la commande publique comme levier pour soutenir les jeunes entreprises et encourager la R&D.
- Accès aux financements : mise en place de mécanismes publics ou privés, venture capital, subventions, prêts à taux préférentiels, etc.
- Diversité, inclusion, démocratie : respect et prise en compte de l’égalité des chances, de la protection des valeurs démocratiques et d’un environnement social ouvert à tous.
- Approche « digital first » : priorité au numérique dans les processus administratifs, la formation et les interactions entre acteurs.
Ces piliers déterminent la note globale de chaque pays. Plus un État intègre concrètement les lignes directrices recommandées, plus son score est élevé. La France, en conformité à 93 % avec ces standards, domine le classement pour la deuxième fois consécutive.
Bon à savoir : la notion de BSPCE
Les BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise) sont un levier privilégié pour les start-ups. Ils permettent aux collaborateurs-clés de prendre part au capital à un prix fixé à l’avance. Au-delà du simple avantage financier, ils contribuent à créer un véritable esprit d’équipe et de co-propriété au sein de l’aventure entrepreneuriale.
La France, locomotive européenne : focus sur ses points forts
Pourquoi la France obtient-elle un score aussi élevé ? Plusieurs facteurs se démarquent nettement dans ce rapport 2024 :
- Simplification administrative : des réformes successives ont allégé les procédures, rendant la création d’entreprises plus rapide et moins onéreuse. Les start-ups peuvent ainsi se concentrer sur leur développement plutôt que sur la bureaucratie.
- Accès aux financements : des outils comme France 2030, combinés à la mobilisation de fonds publics-privés, ont dopé les capacités d’investissement. Les entrepreneurs soulignent régulièrement l’importance des interventions publiques ciblées en période d’incertitude.
- Dispositifs d’attraction de talents : le French Tech Visa facilite l’arrivée de profils internationaux. Ce visa spécial a simplifié la venue de milliers d’ingénieurs, chercheurs ou dirigeants.
- Stratégie sur la diversité et l’inclusion : la France met l’accent sur la lutte contre les discriminations et la recherche d’un écosystème pluraliste. Cette orientation s’avère particulièrement appréciée, dans un contexte européen soucieux de préserver les valeurs démocratiques.
L’écosystème français s’appuie également sur une approche « digital first ». Nombreuses sont les institutions, y compris dans le secteur public, qui développent désormais leurs services en ligne en s’inspirant d’usages typiques des start-ups : démarches rapides, transparence et volonté de répondre au mieux aux besoins du public.
La French Tech désigne à la fois un mouvement entrepreneurial et une marque portée par le gouvernement. Parmi ses actions les plus visibles figure le French Tech Visa, un titre de séjour simplifié dédié aux talents internationaux, aux investisseurs et aux fondateurs de start-ups qui choisissent la France pour innover.
En substance, la France met les bouchées doubles pour conserver son statut de premier écosystème d’Europe. Avec un score en hausse de six points par rapport à 2023, les politiques publiques parisiennes, régionales et nationales semblent gagner en cohérence et en efficacité.
La DGE : cheville ouvrière des politiques pro-start-ups
La Direction générale des Entreprises (DGE) joue un rôle stratégique dans la mise en place et la coordination des programmes d’aide à l’innovation. Incontournable interlocutrice de nombreux ministères, elle est souvent à l’initiative de dispositifs innovants facilitant le passage d’une idée à un produit commercialisable.
Dans le cadre de l’initiative France 2030, la DGE pilote ou soutient divers programmes phares :
- Plan Deeptech : mis en place dès 2019, il vise à accroître le nombre de start-ups issues de recherches de pointe. Aujourd’hui, plus de 2 500 start-ups high-tech ont émergé en France grâce à ces efforts.
- French Tech 2030 : ce programme accélère la croissance de 130 start-ups à fort potentiel, dont les technologies répondent à des défis stratégiques (énergie, santé, mobilité, etc.).
- Je choisis la French Tech : ce dispositif facilite les interactions des jeunes pousses avec les acteurs publics et privés. L’objectif est d’assurer une plus large visibilité aux start-ups et un accès simplifié aux marchés.
Ces actions, orchestrées par la DGE, se traduisent par une dynamique vertueuse : la France ambitionne désormais de créer 100 sites industriels par an dédiés aux innovations de rupture. En s’alliant avec Bpifrance et d’autres organismes, la DGE veille à ce que les entrepreneurs bénéficient d’un solide écosystème, depuis la phase de R&D jusqu’à la phase d’industrialisation.
Zoom sur le plan Deeptech
Initié en 2019, le plan Deeptech ambitionne d’épauler les projets qui associent recherche fondamentale et développement industriel. Les start-ups issues de laboratoires, d’universités et d’organismes de recherche (CNRS, Inserm, CEA, etc.) bénéficient d’un soutien financier et d’accompagnements sur mesure pour transformer leurs découvertes en innovations commercialisables.
Les clés du succès français : regards croisés
En se penchant sur la situation française, on observe plusieurs leviers de performance :
- Écosystème de financement complet : en plus des aides publiques, la France s’appuie sur un maillage solide de fonds de capital-risque, de business angels, d’incubateurs et d’accélérateurs de renommée internationale.
- Formation et recherche : des écoles d’ingénieurs, d’informatique ou de commerce reconnues à l’échelle mondiale nourrissent l’écosystème de talents hautement qualifiés. Les ponts entre laboratoires académiques et entreprises se sont intensifiés ces dernières années.
- Dynamique « French Tech » : outre le visa, ce label a stimulé la communication à l’international, faisant connaître les atouts français auprès de la scène mondiale des investisseurs.
- Régions et pôles de compétitivité : la vitalité de la Tech ne se concentre pas uniquement en Île-de-France. Des pôles majeurs (Toulouse, Lyon, Grenoble, Nantes, Lille...) ont développé des expertises sectorielles (aéronautique, biotech, nanotechnologies, etc.).
De nombreux dirigeants de start-ups soulignent également la qualité du marché interne français, offrant un bassin de consommateurs large et varié. Cette caractéristique permet de valider des offres rapidement avant d’envisager des expansions européennes ou internationales.
Longtemps jugée frileuse, la culture entrepreneuriale française évolue à grande vitesse. Universités et grandes écoles encouragent désormais l’initiative individuelle, l’incubation de projets et la collaboration avec des partenaires privés. Cette mutation de mentalité s’avère cruciale pour rendre la France encore plus attractive dans la compétition mondiale des talents.
Un cadre réglementaire en mouvement
Bien que la France se distingue à travers ses progrès, l’amélioration du cadre réglementaire demeure un chantier permanent :
- Assouplissements législatifs : pour éviter que les start-ups ne soient freinées par des normes obsolètes, divers projets de loi cherchent à fluidifier l’expérimentation, notamment dans la deeptech, l’IA ou la blockchain.
- Encourager les stock-options : la généralisation des BSPCE et autres outils similaires permet de motiver les équipes et de compenser parfois des salaires moins compétitifs que dans certains pays anglo-saxons.
- Faciliter l’accès aux marchés publics : la loi Pacte et d’autres réformes ont tenté de simplifier la relation entre l’État et les start-ups, en particulier pour favoriser l’innovation par la commande publique.
Ces ajustements tiennent compte du fait que les modèles économiques d’une start-up peuvent évoluer très vite. L’enjeu : que la réglementation ne devienne pas un frein, mais bien un cadre stimulant où expérimenter demeure envisageable sans se heurter à des blocages administratifs ou juridiques.
La performance européenne en hausse : un effet d’entraînement
Le SNS 2024 met en évidence que l’ensemble des pays accélère sur la voie de l’innovation. L’augmentation du taux de mise en œuvre (61 % contre 54 % en 2023) signale un renforcement collectif. Certains pays qui affichaient un retard s’activent désormais pour aligner leur cadre législatif avec les préconisations de l’ESNA.
Derrière la France, plusieurs États — souvent de plus petite taille, mais très dynamiques — grignotent des positions. Les politiques fiscales attrayantes, le soutien aux centres de recherche et la flexibilité administrative sont autant d’arguments pour attirer des start-ups en quête d’opportunités hors de leurs frontières d’origine.
On observe également la volonté d’éliminer certains décalages intra-européens. De nombreuses réformes visent par exemple :
- La numérisation des démarches d’enregistrement et de déclaration fiscale.
- La création de fonds européens de capital-risque transfrontaliers.
- La mise en place de partenariats R&D soutenus par la Commission européenne.
En toile de fond, il existe une ambition commune : faire de l’Europe une puissance technologique souveraine, capable de rivaliser avec les États-Unis et la Chine. Sans être uniforme, le paysage européen affiche des signaux encourageants de convergence.
Développer l'industrialisation et renforcer la deeptech
Grâce aux actions conjuguées de la DGE, de Bpifrance et d’autres institutions, la France a réussi à muscler sa filière deeptech. La science de rupture (quantique, biologie synthétique, nanomatériaux, etc.) génère un nombre croissant de brevets et d’opportunités de commercialisation. Cependant, la phase d’industrialisation demeure le principal défi : il faut bâtir des sites de production adaptés et assurer un financement soutenu sur le long terme.
Le plan Deeptech vise justement à réduire l’écart entre la recherche en laboratoire et la création de produits vendus sur le marché. Les start-ups deeptech requièrent souvent des ressources considérables, car elles doivent valider leurs découvertes et prouver l’industrialisation à grande échelle.
En atteignant l’objectif de 100 sites industriels par an, la France cherche à :
- Valoriser l’innovation scientifique issue de ses universités et centres de recherche.
- Structurer des filières d’avenir, comme la biotech, la medtech ou l’électronique de pointe.
- Renforcer son autonomie vis-à-vis de chaînes d’approvisionnement internationales parfois fragilisées par des crises géopolitiques ou sanitaires.
Approfondir l’inclusion et la diversité dans les start-ups
Outre les aspects économiques, le SNS 2024 met en avant l’exigence de diversité et d’inclusion. Cet élément se révèle capital pour plusieurs raisons :
- La créativité ressort accrue lorsqu’une équipe regroupe des talents d’origines, de genres et de parcours variés.
- L’accès égalitaire aux technologies assure qu’aucun segment de la population ne soit laissé pour compte, favorisant au passage de nouveaux marchés.
- La préservation des valeurs démocratiques et l’engagement social sont devenus un critère de choix, aussi bien pour les investisseurs responsables que pour les partenaires publics.
En France, diverses initiatives promeuvent l’accès à l’entrepreneuriat pour des publics souvent sous-représentés. Par exemple, des incubateurs spécifiques ciblent la mixité de genre ou la reconversion professionnelle. Cette dynamique fait écho à la volonté de l’ESNA de voir des politiques inclusives partout en Europe, assurant à chacun la possibilité de contribuer au progrès.
Outils et perspective de standardisation en Europe
L’ESNA ne se contente pas de publier un rapport. L’alliance propose aussi des solutions concrètes pour encourager une harmonisation rapide dans le Vieux Continent :
Harmonisation par la collaboration
Grâce à des forums, workshops et groupes de travail, l’ESNA met en relation gouvernements, incubateurs et start-ups pour encourager la circulation des bonnes pratiques. Les propositions les plus prometteuses peuvent ensuite être promues au niveau européen et bénéficier de financements dédiés.
- Programmes d’open innovation : ils incitent les grands comptes et les administrations à expérimenter des solutions créées par les jeunes pousses.
- Partages de données : la facilitation de la libre circulation des data entre les écosystèmes sert de terreau à la création de nouveaux services, notamment dans l’IA ou l’analyse prédictive.
- Co-investissement : la perspective de fonds paneuropéens de capital-risque permettrait à des start-ups de bénéficier d’un soutien financier plus conséquent et d’accéder plus vite à des marchés extérieurs.
Les recommandations de l’ESNA rejoignent celles d’autres entités européennes (EIC, EIT, Horizon Europe, etc.), toutes engagées dans une logique de coopération renforcée pour hisser le vieux continent au rang de leader mondial de l’innovation responsable.
Les défis à relever pour préserver la position de leader
Malgré des avancées notables, la France ne doit pas relâcher ses efforts si elle souhaite maintenir sa couronne dans le SNS 2025. Plusieurs défis l’attendent :
- Raccourcir les délais administratifs restants : si la majorité des formalités sont dématérialisées, certaines étapes, notamment pour les autorisations spécifiques, peuvent encore prendre plusieurs mois.
- Booster l’accompagnement à l’international : la phase de scale-up nécessite des ressources parfois complexes à mobiliser. Les entreprises doivent être davantage soutenues pour s’implanter dans le reste de l’Europe, en Asie ou outre-Atlantique.
- Poursuivre la simplification fiscale : si le régime des BSPCE est attractif, d’autres dispositifs méritent d’être clarifiés pour assurer la compétitivité face aux hubs internationaux (Silicon Valley, Israël, Royaume-Uni, etc.).
Les plans gouvernementaux, couplés aux initiatives de la DGE, sont censés répondre à ces défis. L’exigence d’une coordination efficace demeure néanmoins cruciale : le succès français repose sur la synergie entre l’État, les collectivités locales, le secteur privé et le monde académique.
Une dynamique inclusive : l'Ukraine et l’Islande dans la course
Fait remarquable, l’Ukraine fait partie des signataires de la déclaration EU Startups Nations Standard, malgré le contexte géopolitique complexe. L’Islande, souvent citée pour sa flexibilité administrative et son soutien aux projets green tech, participe aussi activement à l’ESNA. Cette ouverture démontre que l’innovation transcende les frontières et constitue un outil de solidarité européenne.
Des partenariats ponctuels se nouent ainsi avec des start-ups ukrainiennes, qui trouvent refuge et soutien dans des pays voisins. L’Islande, de son côté, valorise son expertise en géothermie et encourage des projets en faveur de la transition énergétique. Cette pluralité d’exemples enrichit la mosaïque technologique européenne.
Regard vers l’avenir : un espace startup unifié
En renforçant la cohérence réglementaire et en mettant en place des outils incitatifs, l’Europe ambitionne de devenir un territoire unifié pour les porteurs de projets innovants. On se dirige vers une intégration accrue dans les prochaines années :
- Guichet unique européen : simplifier l’enregistrement, le paiement des taxes et la mise en conformité juridique dans plusieurs pays à la fois.
- Reconnaissance mutuelle des diplômes : fluidifier les parcours des talents, qu’ils soient ingénieurs, développeurs ou scientifiques.
- Fonds de soutien transfrontaliers : encourager la création d’alliances stratégiques entre scale-ups de différentes nationalités.
Dans ce schéma, la France sert de point d’ancrage majeur, en raison de la maturité de son écosystème et de sa position géographique au cœur du continent. La pérennisation de ce leadership dépendra toutefois de la capacité à diffuser ces pratiques au-delà de l’Hexagone.
Les Régions et Métropoles françaises ont développé leurs propres programmes pour attirer les entrepreneurs : subventions d’installation, offres d’hébergement pour les incubateurs, partenariats avec les universités, etc. Chaque territoire cultive sa spécificité et participe ainsi à la richesse de la Tech française.
Une nouvelle ère : au-delà de la simple compétition entre pays
Si la France domine le classement, l’esprit de ce rapport ne se limite pas à désigner un vainqueur. Au contraire, l’ESNA promeut la coopétition : la compétition couplée à la coopération. Les pays doivent échanger leurs best practices, nouer des alliances technologiques et poursuivre leurs réformes structurelles. Le succès de l’un doit stimuler les autres, dans un cycle vertueux.
L’objectif ultime : créer un espace européen plus attractif, plus inclusif et plus performant pour les start-ups de toutes origines. C’est dans cette optique que le SNS 2024 publie des recommandations fines, adaptées aux spécificités nationales, et propose des plans d’action susceptibles d’unifier davantage encore le marché intérieur.
Ouvrir de nouvelles voies pour l’innovation
Alors que les chiffres témoignent de la progression générale, les chantiers en cours sont multiples : intensifier la coopération transnationale, innover dans la greentech ou encore inventer des modèles inédits d’économie circulaire. L’Europe, et la France en particulier, cherchent à donner corps à une technologie responsable et durable.
Les réflexions autour de l’impact environnemental des nouvelles solutions s’accentuent. Les entreprises, encouragées par des réglementations exigeantes, prennent de plus en plus en compte les critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). La French Tech se veut un exemple de transition numérique respectueuse de l’humain et de la planète, un positionnement qui pourrait encore renforcer l’attractivité internationale de l’écosystème.
Cet état d’esprit résonne dans les discours des pouvoirs publics, qui mettent l’accent sur l’éthique de l’innovation et sur le besoin de relier constamment le progrès technologique à l’intérêt général. Cette orientation pourrait bien faire la différence, alors même que la concurrence mondiale se renforce.
Des pistes pour une croissance partagée
Le SNS 2024 souligne aussi l’importance d’articuler l’innovation et le social. Les start-ups, surtout dans les secteurs deeptech, ont vocation à améliorer la vie quotidienne grâce à la robotique, la santé connectée, la cybersécurité, etc. Pour diffuser ces bénéfices à l’ensemble de la société, il est nécessaire de :
- Promouvoir la formation continue : développer des compétences numériques dans toutes les couches de la population, y compris chez les seniors ou les personnes en reconversion.
- Assurer l’accessibilité : lutter contre la fracture numérique en implantant des infrastructures de qualité sur tous les territoires.
- Encourager l’entrepreneuriat social : soutenir les start-ups qui s’attaquent à des défis sociétaux (inclusion, logement, environnement...).
Ce sont autant de pistes qui se reflètent dans la notion de « priorité donnée au numérique » et de « diversité et inclusion » évaluées dans le rapport. L’ESNA encourage une collaboration étroite entre pouvoirs publics, associations et entreprises pour que la transformation technologique beneficie au plus grand nombre.
Un élan qui doit perdurer
Avec 93 % de conformité, la France brille dans le Startup Nations Standard 2024. De la simplification administrative à l’attraction des meilleurs talents, elle coche la quasi-totalité des cases qui définissent un écosystème florissant. Toutefois, comme tout leadership, il exige un maintien par l’effort et l’innovation continue.
Les autres pays européens, qu’ils soient déjà bien classés ou en pleine transformation, remontent au score. On assiste à l’émergence d’une nouvelle Europe entrepreneuriale, où la compétition ne se fait plus uniquement à l’intérieur des frontières du Vieux Continent, mais plutôt au niveau mondial. L’Asie et l’Amérique du Nord restent des pôles incontournables.
D’où l’intérêt pour la France et ses voisins de travailler main dans la main, de partager leurs politiques publiques efficaces et de soutenir la recherche transsectorielle. L’exemple du plan Deeptech, unique en son genre, pourrait inspirer d’autres stratégies dans les domaines de l’énergie verte ou de la santé connectée.
Jusqu'où va s'envoler la Tech française ?
Si le classement SNS 2024 consacre la France, il met aussi en relief la montée en puissance de l’Union européenne dans la course à l’innovation mondiale. Les acteurs institutionnels, à l’instar de l’ESNA, encouragent l’harmonisation législative et les efforts de mutualisation des ressources. Cette cohésion pourrait devenir un atout décisif pour rivaliser avec les géants américains et asiatiques.
L’essor continu des start-ups constitue un levier de croissance et de compétitivité pour le Vieux Continent. De nouveaux secteurs comme la greentech, l’edtech ou la cyberdéfense recèlent d’importantes opportunités. En renforçant son leadership, la France se positionne comme un catalyseur pour le marché européen, et au-delà.
De la capacité à maintenir l’élan actuel dépend la consolidation de l’Europe comme terre d’innovation et de diversité entrepreneuriale.