La start-up Abeye et le réseau d'opticiens Atol se sont associés pour développer des lunettes connectées : le modèle Lexilens. À la différence des autres lunettes connectées du marché, celui-ci a une visée médicale. Les Lexilens sont en effet susceptibles d'aider les enfants dyslexiques à lire.

3 années de recherche pour un produit intelligent

L'idée des Lexilens découle des découvertes de deux chercheurs en physique : Albert le Floch et Guy Ropars. Tout deux ont en effet mis en lumière un lien entre le fonctionnement des yeux avec le cerveau et l'apparition de certaines formes de dyslexie.

Ils expliquent que lorsque nous lisons, notre cerveau génère une image miroir. La lettre B peut ainsi devenir un D, tout comme un P peut être un Q. Cependant, certaines personnes souffrant de dyslexie ne possèdent pas d'œil dominant ; et elles ne parviennent donc pas à identifier l'image miroir.

Atol et Abeye se sont basés sur ces recherches pour développer des lunettes palliatives. La R&D du produit a pris plus de trois années, avant d'arriver au modèle aujourd'hui mis en commercialisation. Michel Kodokian, le fondateur d'Abeye, explique que ce temps a été mis à profit pour construire des filtres actifs qui permettent de supprimer totalement l'image miroir. "Ces filtres sont pilotés par de l'électronique embarquée dans les branches de la lunette". précise-t-il.

Les équipes ont cherché à miniaturiser au maximum les composants, pour rendre les lunettes les plus légères et discrètes possibles. Le but est de tenter de régler le problème de lecture lié à la dyslexie sans développer un produit qui pourrait être stigmatisant.

C'est pour cela que pour le moment, une seule forme de monture existe, destinée aux enfants. Un modèle adulte devrait être mis en vente dans le courant de l'année.

Un taux de réussite entre 75 % et 90 %

Les tests des lunettes ont donné les resultats suivants :

  • plus de 90 % de réussite en laboratoire,
  • 75 % de réussite pour les tests réalisés en magasin.

En effet, depuis le mois de décembre, il est possible de tester les Lexilens dans les magasins du réseau Atol. Il faut pour cela prendre rendez-vous préalablement avec une boutique. Le groupe annonce avoir déjà environ 2500 rendez-vous en attente car tous les opticiens n'ont pas encore été formés pour réaliser les tests et il faut suivre un certain protocole.

Dans le même temps, Atol et Abeye mettent ainsi en parallèle les résultats des essais en boutique et réalisent une nouvelle étude clinique. Le but est de détailler les résultats des tests pour étudier les corrections apportées par les lunettes sur chacune des différentes formes de dyslexie.

Lexilens, une utilisation facile pour tous

Une fois les lunettes essayées en boutique, si le test est probant, il est possible de commander une paire. le prix s'élève aujourd'hui à 399 euros.

Lors de la première utilisation, les Lexilens sont réglées et paramétrées à l'aide d'un smartphone. Cela permet d'agir sur différents points :

  • la transparence des verres,
  • les contrôles des filtres actifs,
  • la vitesse de scintillement...

Les paramètres sont ensuite sauvegardés dans la paire de lunettes et il n'y a normalement plus besoin d'y toucher. Atol espère pouvoir assurer rapidement tous les rendez-vous en attente et étendre la gamme de lunettes non seulement aux adultes mais aussi en proposant plusieurs esthétiques de montures.